CHARLES BC US
pour marque et tesmoignage de laquelle nohlette^
ce mot et titre de sire estoit pour lors attribué
ausdits eschevins, et non à autres. Ce qui se peut |
remarquer eu quelques autres villes, où la noblesse '
fut octroyée aux maires et escbevins du mesme 1
temps, comme Poictiers^ où le maire est appelé
sire^ à cause de son ennoblissement, privative-
ment aux autres qui ne sont ennoblis^ et en
plusieurs autres villes ce mot de sire ayant esté
anciennement attribué pour les nobles et escuyers, '
comme Messire^ pour lés chevaliers ; d'où vient
qu'on appelle les Sires de Paris, en conséquence
de quelques anciens pri viléges par lesquels les Roys '
les avoient autrefois tous ennoblis.
Et de fait que ledit Jean du Lis^ se voyant cadet du frère cadet de ladite Pucelle, espérant faire *
nouvelle fortune de son chef, conune il eust fait^ sans la mort qui survint peu après, eu Tan 1484, dudit sieur roy Louys XI, son maistre, qui Taymoit, retint les armoiries anciennes de la £unille Darc, que portoit son ayeul Jacques Darc, père de la Pucelle, qui estoient d'un arc bandé de trois flèches^ ausquelles il adjousta le timbre comme escuyer, et le chef d'un lyon passant, à «
cause de la province à laquelle son Roy Tavoit habitué : lesquelles armes se trouvent peintes, grav^ et conservées de père en fils, en plusieurs églises et autres lieux jusques aujourd'huy.
CRARLB8 DU US. 73
Tlhacttii sçait comme en Tan 1491, la ville d'Arras fut soustraite de Tobéyssance des Roys de France^ par les entreprises^ trahisons et menées de Maximilien d'Austriche et des siens; qui fut cause que les vrays François en furent chasses^ après avoir esté pillez ; entre lesquels le susdit Jean du Lis ne fut oublié^ y ayant esté mis et nommé par le roy Louys XI, comme il a esté dit. Il se réfugia donc en Picardie^ à Lihoms en Sang» terre, fort dénué de moyens, où il mourut valétudinaire et maladif quelque temps après , sans relever sa fortune, laissant un fils aussi nommé Jean du Lis, lequel ayant esté quelque temps entretenu au barreau du Parlement de Paris, en sa première jeunesse, voyant son père mort sans beaucoup de commoditez, se débaucha en la profession des armes aux guerres de Milan, Naples et d'Italie; pendant laquelle absence, Jean du Lis, sieur de Villers, son oncle et frère aisné de son père, estant décédé à Orléans sans enfans, la succession qui luy devoit appartenir, comme nepveu, fut recueillie par damoiselle Marguerite du Lis, comme cousine germaine, à cause de Jean du Lis, prévost de Yaucouleur, son père, oncle dudit Jean du Lis, sieur de Villers, pource qu'elle estoit mariée et habituée près d'Orléans, laquelle s'en dit héritière et se fit déclarer habile à lui succéder, par sentence du prévost d'Orléans du troisiesme
octobre IMI^ cy-derant mentiofiffiée ; et fol à la vérité la plus hiû)ile, bien qu'elle ne fùst la j^us proche, ponr rabtence et grand ékignement dudit Jean du Lis, surnommé le Picard^ plus proche et plus capable de succéder^ estant nepreu d'un degré plus proche qu'elle.
Enfin ledit iean du Lis^ après ses débauches, faisant retraitte desdites guerres d'Italie, se maria à Parisy assez aagé^ après la mort du roy Louis douziesme, et eut plusieurs enfans tous décèdes sans hoirs et sans beaucoup de biens, sinon Michel du Lis, le plus jeune de tous, lequel avoit commencé de relever sa fortune à la suite du roy Henry second, qui lui lut aussitosl raccourcie par la mort encore dudit sieur Roy son maistre, ayant esté quelque temps entre ses officiers domestiques et commensaux, en qualité de Talet de chambre. Il se maria pareillement à Paris, où il mourut asses jeune en l'an i562, laissant trois enfants en fort bas aage, Charles du Lis, à présent conseiller du Roy et son adTOcat général en la Cour des Aydes, à Paris; Luc du Lis, son frère, escuyer, sieur de Regnemoulin, conseiller notaire dt secrétaire du Roy et audiencier en la Chancellerie de Paris ; et damoiselle Jacqueline du Lis, vefVe de feu Jean Chanterel, escuyer, sieur de Besons, de Cordoil et de Chaitipigny, conseiller du Roy, et auditeur en sa Chambre des
Compte^ à Paris. Entte le^ ftiains de l'aisné desquels sont la pluspart des patentes^ contracts, enquestes; informations et autres tiltres desquels est extrait le présent discours. Et se peut dire^ sans en rien exprimer plus au long pour raccourcir cet escrit^ que lesdits Charks^ Luc et Jacqueline du Lis^ par le moyen de leur mère^ ayeules et bisayeules, smut entres en la parenté de plusieurs hoimesles et bonnes familles des Mariettes, Malingres^ Debreban^ du Vivier et des Pinguets^i tant'à Paris qu'en Picardie.