CHAPITRE X
C^énéàlogie des nommez de CaiUy, auiourd' huy aUiez auec vn des descendans de ladite Pucelle.
SB peut adjouster toutefois une belle alliance à la parenté de ladite Pucelle qui ne tourne qu'à sa gloira et plus grande recommandation. Quand par rinspiration de Dieu elle vint pour faire lever le siège d'Orléans^ elle arriva premièrement au village de Ghécy-sur-Loire, distant de deux lieues de ladite ville^ où elle fut logée au fort^ qui estoit lors en la terre de Rouilly^ qui est le premier et le plus ancien fief de la parroisse dudit Gbécy^ le seigneur duquel lieu^ nommé GuydeCailly^ fut tellementesprisdesvertuscélestesdeladitePucelle^qu'il s'adonna du tout à la suivre et servir en toutes les saillies, assauts et combats qu'elle fit, jusques au dernier^ qui fut d'une forteresse qui seule restoit aux Anglois, sur le bout du pont de ladite ville^ qu'ils appelloient les Toumelles^ où ladite Pucelle
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ayant esté blessée d'une flèche au col, s'estanf retirée un peu à Fescart, se mit en prières. £t Toyant ledit de Cailly qui Fassistoit toujours, le pria de prendre garde quand la queue de son guidon ou estandart serait dressée et tendue vers lesdits Anglois, et Fen adyertir : ce qu'il fit^ et trouva ladite Pucelle comme en extase^ qui avoit une apparition de chérubins, lesquels sembloient combattre pour elle contre lesdits Anglois ; comme de fait et à l'instant de son retour ils abandon* nèrent la place, et se noyèrent la pluspart en s'enfuyant. Ce qui fut assez tard vers la nuict, et dès le matin levèrent le siège de devant la ville, et se retirèrent à la grande joye et admiration des habitans.
Ce qui fut cause que ladite Pucelle ^ peu de temps, après^ en juin 1429, fit donner des lettres de confirmation de l'ancien ennoblissement audit Guy de Cailly, avec permission particulière de changer ses armes, et porter en. faveur de ladite apparition, à laquelle il avoit participé, trois testes de chérubins aislées et barbelées de gueuUes en champ d'argent , comme elles se trouvent dès le mesme temps peintes^ gravées et conservées jusques aujourd'huy* : car ledit Guy ou Guidon
i Les faits que ra|i|»ort« Charles dn Lis, e'est-à'dlre le débarquement de la Pueelle à Ghéer, et l'épisode fort eomiii
M CHARUS nu US.
de Cailly eust un fils Jean de Gailly, qui ( damoiselle Gillette de Laubespine, desquels est descendu autre Guy de Cailly^ sieur dudit Rouîlly, de Marville, d'Ëmonville^ de Centimaisons^ de Yilliero^lar^Hart et de plusieurs autres seigneuries^ qui ifut si riche , qu'on appellnit sa maison la Tuille d'or. Il fut lieutenant du grand prévost de France, et espousa damoiselle Charlotte Boilièm, de laquelle il eut plusieurs enfans, Remy de Gailly^ son aisné, et entre lès autres^ Aignan de Cailly, vicomte d* Arques et de Carentam, qui espousa damoiselle Kypolite Yiolle, desquels la
de rétendard^ sont aUMlés par les meilleores aalorités. Seulement ces autorités ne désignent pas nominativemeiit Guy de Cailly. La chronique^ dite de laPucelle (rédigée oflSciellement sous les auspices du duc d^Orléans], se borne & cette désignation : un gentilhomme (Voy. édition de Gode- Troy, page 513). Charles du Lis a laissé dans le manuscrit Peiresc X, de la bibliothèque de Garpentras, le texte écrit de sa main des lettres d'anoblissement des Cailly, auxquelles 11 fait allasion dans ce passage. M. Quicherat a reprodstloe docament panni ceux dont il a enriébi sa précieuse publication des procès (tome V^ pages 342 à 346 ; voyez aussi^ même ouvrage , tome IV, page 151, note 1). Il a exposé en même temps les motifs de suspicion qui lui faisaient accueillir ce texte avec répugnance. J'adhère pleinement, pour mon compte, au sentiment de mon savant ami et confrère, et tout ^n Admettant la bonne foi de CbarM du Us, il me paratt éiidont.quo Taete «at ou Canx ou|>lut6t interpolé. — ^V.
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sépulture se yoid en la ca?e du couvent des Bilr lettesy à Paris. Ledit Remy de Gailly aisné eust un fils unique^ Jacques de Cailly^ la Tefve duquel est vivante encore aujourd'huy en Taage de quatre-vingts ans^ toute remplie de vertus et de bénédictions, ayant ce contentement de voir près d'elle tous les jours son fils unique^ autre Jacques de Cailly, seigneur de la mesme terre de Rouilly^ cil logea premièrement ladite Pucelle pour entrer à Orléans 3 et d'avoir encore sa fille aisnée damoiselle Catherine de Cailly, mariée avec le susdit maistre Charles du Lis^ conseiller du Roy^ et son advocat général en la Cour des Aydes^ à Paris^ cousin au cinquiesme degré de ladite Pucelle, pour joindre ensemble en un mesme cœur et alliance, comme leurs armes sont aussi procédées de la mesme faveur de la Pucelle; et se trouvent descendus pareillement au cinquiesme degré ledit Jacques de Cailly dudit Guidon, comme ledit du Lis dudit messire Pierre du Lis, frère de ladite Pucelle. Ce qui se peut dire estre advenu, et sa renoantrer mystérieusement, et par grâce de Dieu.