XX NOTICE
Lis^ qui perpétuait, ainsi que leur blason , le souvenir éclatant des services rendus par cette héroïne à la couronne de France. Charles du Lis sentait avec une grande vivacité la situation morale que lui faisait sa naissance. Au sein d'une société telle que celle du xvi^ siècle, où la condition héréditaire servait de règle générale au classement des personnes, cette situation était en effet digne de remarque. Dans les opinions reçues alors, Tidéal de la noblesse consistait en une longue suite d'aïeux puissants et forts, surtout par l'épée. La race à laquelle appartenait Charles du Lis tirait tout son lustre d'une fille des champs, qui, sortie de la condition la plus humble, et par un genre de mérite presque sans exemple, s'était fait un rang unique dans l'histoire. Le descendant du sang de la Pucelle fit servir à la cause générale de la science historique ce sentiment privé. Né au plus tard vers 1559 S il époust, vers 1580*, une demoiselle d'Orléans, nommée Catherine de Cailly. Celle-ci remontait de son côté à un gentilhomme. Gui de Cailly, qui avait été le
1 Michel du Lis eut trois enfants : Charles du Lis l'afné, Luc du Lis et Jacques du Lis, nés tous trois avant 156S.
* Charles du Lis, Tun des enfants de l'avocat-géuéral, était né en 1585. Voyez le tableau généalogique.