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compagnon d'armes de Jeanne Darc. Personne n'ignore qu'Orléans fut le principal théÀtre des exploits de Jeanne , et le lieu peut-être, ajouterai-je^ où sa mémoire a été de tout temps le plus fidèlement honorée. Paris ne possédait point alors d'école pour le droit civil : celle d'Orléans était voisine et des plus renommées. Q y a lieu de conjecturer, d'après ces circonstances, que Charles du Lis fit dans cette ville ses études de droit. Il y prit sans doute les degrés dont il fut nécessairement revêtu, pour remplir les fonctions de magistrature auxquelles il ne tarda pas d'être appelé. A cette époque, c'est-à-dire vers la fin du xvi* siècle, les notions historiques relatives à la Pucelle s'étaient teUement obscurcies, que du Haillan, historiographe en titre de la monarchie y débitait, au sujet de cette héroïne, les contas les plus calomnieux. Deux camps partageaient alors les beaux -esprits de la littérature. Ceux-ci ternissaient à l'envi cette mémoire si pure; ceux-là, moins nombreux, tentaient ou commençaient sa réhabilitation. Le monument érigé sur le pont d'Orléans en l'honneur de la libératrice, fut mutilé, en 1567, par le canon des guerres civiles. A quelque temps de là eut lieu la restauration et comme une nouvelle inauguration de l'édifice. Lorsqu'il s'agit de graver ou de composer l'in-
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scription du monument^ qui jusqu'alors en avait été dépourvu^ une sorte de concours s'ouvrit entre les poètes et littérateurs de l'époque. Cette conjoncture fournit au jeune du Lis une occasion d'entrer sur la scène du monde ^ et de signaler son zèle pour une cause qui était à la fois celle de sa famille et de sa patrie. Ce concours^ dont il fut le centre ainsi que l'organe^ et dont il parait avoir pris l'initiative, le mit en rapport avec tout ce que la France comptait d'écrivains distingués. Il fut de la sorte le correspondant de Peiresc^ de Pasquier, de Malherbe, des frères Sainte-Marthe, et de quelques autres* moins illustres. Il s'unit avec plusieurs d'entre eux par les liens d'une solide et honorable amitié.
Homme de sentiment et de raison tout ensemble, Charles du Lis communiqua donc et soutint l^impulsion de cette œuvre poétique et collective. Dans ce pays enthousiaste qui est le nôtre, il commença ainsi par déterminer, au sein de l'opinion, mi retour passionné en faveur de l'héroïne à qui la France devait et doit un perpétuel honneur. Charles du Lis a recueilli, en
^ Edmond Richer, auteur de la chronique manuscrite de la Pncelle (n* 4907^ suppl. fr.). Chartes de la Saussaye^ Ànnalei eeeUtiœ aurelianen»itj 1615, in-4*, p. 596, etc.^ mentionnent avantageusement Charles da Lis dans leurs ouvrages.
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plusîears pabUcatiims successives, les monuments, plus curieux , il faut Tavouer, que valables, au point de vue littéraire, de cette espèce de joute poétique, célébrée, pour la plus grande (^oire de la Pucelie, par les condisciples de Malherbe et les élèves de Du Bartas. Lui-même s'associa conune émule à cette lutte, en se rés^vaut toutefois une position quelque peu séparée de Tarène commune. Au lieu de traiter le sujet direct du concours, il adressa au roi l^nri IV une pièce de vers, dans laquelle il sut mêler adroitement, au panégyrique de son aïeule, r^oge du prince régnant et les hommages de sa propre gratitude. Les vers de du Lis , sous le rapport du talent , prouvent qtf il n'était pas indigne de présider, comme tenant, à ce tournoi littéraire. Puis, à la suite et à la faveur de cet élan sympathique, il appuya par des moyens plus durables le mouvement intellectuel qu'il avait heureusement déterminé. De concert avec un certain nombre d'érudits et de jurisconsultes , ccMnme lui, tels que Pierre Grégoire * , Jean Hordal • et Estienne Pasquier ', il prit en main
1 De republica, liv. vin, chapitre xi, section 63^ édiiioo posthume de 1609, in-f^^ page 208.
* Heroinœ nobiiUtimœ Joannœ Dore Mttoria, 1613, ii|.4».
3 Bechêrekes de la Framee, 169B, 1611, ete.