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mais l'essence qui revêtit le corps y resta jusqu'à la fin. |
De Saint Denys, disciple de l'apôtre Paul, dans son tra ê des noms divins (1) (17) : La divinité fut aussi appelée aimant les hommes (philanthrope), effectivement et éminemment, parce qu'elle s’unit à nous en toute vérité, dans l’une de ses personnes pour tout ce qui était de nous. Elle appela à elle, attira et éleva l'humilité de notre humanité. Ainsi fut constitué le simple Jésus, et ce qui était une essence (éternelle) prit un intervalle du temps et vint dans notre nature, lui qui était audessus de tous les ordres dans toutes les natures. Il possédait néanmoins dans leur perfection les propriétés de son essence sans changement et sans confusion. L'enseignement occulte de . nos pères et de nos divins docteurs nous fit connaitre tout cela avec toutes les autres lumières qui procèdent de Dieu et conséquemment avec les paroles divines. Nous professons aussi toutes ces choses.
Du décret du concile d'Antioche contre Paul de Samosate : Nous confessons Notre-Seigneur Jésus-Christ, né du Père par l'Esprit avant tous les siècles et né de la Vierge dans la chair à la fin des jours. Il est une personne, composée de la divinité céleste et du corps humain.
vait à Édesse, sous l’évêque Paul, et devint nestorien sous Asclépias. — Il est encore question du premier chez Land, Anecd. Syriaca, t. II, p. 84.
(1) NV. Migne, P. G., t. IL, col., 592. Pravbpwnov dE Gtapespovrwe, ôtt rois za? AURS mpôs WANetay Élus Ev pu TOY adrAs Unoctéoewv Éxoivwvnoey, dvaxahouuéivn TpÔs ÉaU— TV, 4Xi Gvarteïiox Tv avÜpwmivnv écyarièv, &6 ns &ppñtws Ô émhoûc ’Inoods cuvertän, xoù maparaotv sllnpe ypovturv 6 &idros, at low this xaû’ Auâs Évyeyver gÜoews, 6 téone TAÇ LaTa mATAV pÜoiy ThEew; drepouciw; Exbeénubs meta Ts aetaééhou Hoi acvy7ÜTou roy olxelowv (DpÜasuws. Ka Üoa &XAx Geoupyexà pra vois hoyiots &xokoUBwc À Toy ÉvÜées AUGv LA ÜNyEM OV xpupla mapidoots Éxpavronxds QuIv Édwphsare, radra koi ALES Le LUE.
De Saint Flavien, dans la lettre qu'il envoya à l’empereur Théodose (1): Flavien, évêque de Constantinople, au fidèle empereur Théodose qui aime le Messie, salut. — Pour le prêtre
de Dieu et pour celui qui prêche le divin enseignement, il n'y
a rien de beau comme de renseigner celui qui nous interroge sur notre espérance et sur notre grâce (2). Nous n'avons pas honte de l'évangile du Messie, car il est la force de Dieu qui aide au salut de tous les croyants (3); et comme, par la miséricorde du Messie tout-puissant, nous avons été placés serviteurs de l’évangile, nous avons la vraie foi sans reproches, car nous suivons toujours les Livres divins, le symbole des Saints Pères qui se réunirent à Nicée (4) et à Éphèse et (l'enseignement) de Cyrille (5), évêque mémorable d'Alexandrie.
Nous prêchons Notre-Seigneur Jésus, qui naquit dans sa divinité de Dieu le Père sans commencement, avant les siècles, et dans son humanité de la Vierge Marie à cause de nous et pour notre salut, à la fin des temps; Dieu complet et homme complet, car il prit une âme intelligente et un corps; consubstantiel au Père dans sa divinité et à sa mère dans son humanité (18).
Nous attribuons ainsi deux natures à Notre-Seigneur, mais
après qu'il eut pris un corps de la Vierge et après son incarpation en une personne et une substance; nous confessons un Messie, un Fils, un Seigneur, et nous ne refusons pas de dire : une nature de Dieu le Verbe qui prit un corps et s’incarna, parce que, avec les deux, il n’y a qu'un seul Seigneur Jésus-Christ. De Grégoire le Théologien, évéque de Nazianze, dans son discours à Syntacticus : Nous avons tout dit quand nous le reconnaissons un par essence et, sans division d’adoration, en trois personnes, ou substances, comme le préfèrent quelquesuns. Et si l'on appelle les natures, c’est-à-dire les essences, des choses subsistantes, ce qu'elles ne sont pas, comme nous l'avons montré d’abord, nous dirons : ces deux natures que nous confessons dans cette personne unique de Dieu le Verbe après
(1) Voir Migne, P. G.,t. LXV, col., 890, sous le titre : ‘Avriypapoy Tac lûtoyeipou Hiorewc dhafiavod émioxdnou Kavorayrivourédews, Emdobeions rap’ adrob aiticavrt T@ Baorhet.
RACHAL Pierre, nr, 19:
(8) Cf-Rom; 1, 16.
(4) Le texte grec ajoute ici : et à Constantinople.
{5) Le texte grec porte : à Éphèse sous (la direction de) Cyrille...
l'unité, c'est-à-dire la divinité et l'humanité, seront donc nr connues, d’après leurs noms, comme ses choses subsistantes; or, si tu donnes aussi le nom de choses subsistantes aux personnes, c'est-à-dire aux substances, comme on l'a dit auparavant, nous ne pourrons plus dire que notre essence se trouve chez le Messie, ni quant au nom, ni quant à la chose, comme si elle avait en lui une personnalité caractéristique; et pour montrer qu'il en est ainsi, écoute les paroles analogues à celles-là que disait saint Althanase dans son discours Contre Apollinaire; il disait que le Messie ne s'entend pas d'une seule manière, mais que, dans ce nom qui est un, on trouve l'indication de deux choses : de la divinité et de l'humanité; et le divin Basile enseigne des choses analogues dans son ouvrage écrit pour réfuter Eunomius (1). Il lui dit au chapitre quatre-vingt : Si tu penses que l’homme a été vaincu par la puissance de la mort, remarque que le même est revenu vainqueur de la mort; il faut donc considérer, avec humilité et crainte, que dans un et dans le même on voit la vérité des deux natures, je veux dire de la divinité et de l'humanité (2). Cyrille, véritable rempart (de l'Église), adhérait au même enseignement quand il écrivait à Eulogius et lui disait : « Quand on entend parler d'unité, il ne s’agit pas du rassemblement d'une seule chose, mais de deux ou de plusieurs qui ont des natures différentes les unes des. autres (3). » Il disait encore : « Que répondent à cela ceux qui imposent le mot d'unité au Messie”? Ils nient le nom des choses, sous le prétexte de l'unité vraie, et lorsqu'ils se croient sages, ils sont insensés. »
De Saint Flavien l'Ancien, évéque d'Antioche (19), dans
(1) Cetraité se trouve chez Migne, P. G., t. XXIX, p. 498, etc. On trouve même (P. G., t. XXX, p. 839) l'ouvrage d'Eunomius que réfuta Basile. Dans un ouvrage du v° siècle, on trouve mentionné, parmi les œuvres de: Basile, comasoaic| Lab IS laSsanom) day, Vie de Sévère, 64. Spanuth. Gættingue, 1893, p. 14,1. 6. —Le texte cité ici, l’a déjà été p. 6. Une partie de cetexte a été conservée chez Léonce de Jérusalem : ’Ex toûtou der cuvwpäv, Ütuws èv t@ Évi xai T® at Éxatépas oUcEwe 80: deuy0n À anbetox.
(2) Cette citation figure déjà plus haut, p. 6. Ainsi Grégoire, comme Léonce de Jérusalem, fait en partie les mêmes citations que Jean Maron. Quand on aura publié tous les traités contre les monophysites, on pourra sans doute établir entre eux une filiation, et montrer que leurs citations ne sont pas toujours de première main, mais de seconde ou de troisième.
(3) Cité plus haut. V. p. 40.
En : ŒUVRES DE JEAN MARON. 37
son explication de l'évangile de Luc l'évangéliste + Notre- Seigneur nous écrit en toute manière comment nous devons honorer Dieu et il montre souvent sa nature, dont les signes (1) et les manifestations sont nombreuses et évidentes sur son arrivée dans le corps et sur sa divinité qui est réalisée dans le Corps, Car il tàche que nous le rencontrions sous ses deux natures. Et saint Basile dans le livre des chapitres dit : « Par ces paroles, nous ne disons pas qu'il y a deux fils, car il n'y en a qu'un, mais nous voulons faire connaître chacune des deux natures. » Pierre, chef des Apôtres, dit : « Le Messie a souffert pour nous dans la chair. » Cyrille écrivit aussi à Xiste, évêque de Rome : « Je connais la nature de Dieu le Verbe, impassible et immuable, et la nature passible de l'homme, et le Messie est un, formé des deux et avec les deux (2). »
Saint Proclus, évéque de Constantinople, donne les mêmes enseignements dans son discours sur le dogme du samedi avant le carême : Le même est véritablement Dieu et homme, de l'essence du Père et de la même race que moi, à l'exception du péché, et cela ne fait qu’un seul fils, car les deux natures ne furent pas divisées en deux personnes, mais une Providence vénérable unit les deux natures en une personne (3).
Extrait de l'enseignement de saint Sévère (4) de sa troisième lettre à Sergius, surnommé le Grammairien (5) : Tu me disais au sujet de saint Cyrille : « Ce Père semble dire que les natures sont unies aux propriétés et que le Verbe de Dieu incarné est complètement un, quant à la nature et quant aux propriétés, » et tu ajoutais que je t'en avais annoncé autant lorsque tu me questionnais. — S'il a prononcé un tel jugement, et moi aussi (je l’ai fait), mais comment cela (pourrait-il être) lorsque
j'ai confirmé par beaucoup de témoignages et ai montré qu'il ne convient pas de dire d'Emmanuel qu'il a une essence et une signification ou une propriété (6) ? Ensuite tu combats à nou-
(1) Je lis us au lieu de He.
(2) Cité plus haut, pp. 9-10.
(3) Ce texte existe avec quelques mots en plus et sous un autre titre à la page 16.
(4) Mort à Alexandrie en 854 des Grecs (543). B. H. C.E., L., p. 212.
(5) La correspondance de Sergius avec Sévère existe au British Museum dans le ms. add. 17.154. Cf. catal. Wright, p. 557.
(6) Cette phrase est chez Léonce de Jérusalem ;"Ioôt oùv pi oÙtus Éyetv To Gnbèc,
veau contre ces paroles et tu fais une apologie à leur sujet; tu apprendras de moi que nous n'avons jamais enseigné autre chose (1): que le mot de consubstantialité (2) n'est pas l'indice d’une seule signification, mais, quand on l’applique à la Sainte Trinité, il a rapport à la nature des trois personnes, et quand on l'applique à l'Incarnation divine, il indique la réunion naturelle des choses qui ont (chacune) une essence, et non des parties d'une seule espèce (20). Je sais parfaitement que personne de ceux qui prônent la raison, la connaissance et l'immortalité, propriétés de l'âme humaine, n'osera dire que ceci est la signification d'une seule essence avec le corps mortel et passible, ou pour l’homme qui est formé des deux; à plus forte raison et de la même manière dirons-nous courageusement d'Emmanuel, qu'aucun homme intelligent ne dira que la nature du Verbe et (celle) de la chair animée et intelligente qu'il s’est unie personnellement ne forment qu'une essence et n'ont qu'une signification (3). Je n'ai pu voir non plus comme tu distingues la signification des natures lorsque tu dis que la signification du Verbe s’est unie à la signification du corps. Lequel des Pères à la parole divine as-tu trouvé qui ait jamais introduit dans l'Église cette doctrine et cette parole si sotte? Car tous ne prônaient l'unité de nature qu'afin de montrer par là que les significations qui vont naturellement ensemble apparaissent clairement unies. Et moi qui ai prêché durant six ans (4) dans l'Église d'Antioche et qui ai écrit de nombreuses lettres, montre-moi si j'ai dit une seule fois, n'importe où, qu'Emmanuel est d'une seule essence ou d’une seule signification ou d'une propriété.
Du méme, au chapitre neuf de son second discours : Que personne ne blâme le concile de Chalcédoine d’avoir reconnu deux natures dans le Messie, Dieu nous en g'arde, mais de ce qu'il
xa nposamophaavtés pou nai Qi mAetbvwov uaptupiüv ämoûeläavros, dc où yo Aéyeuv Tv EupavouñÀ puâs odoias té nai motérnros ai évos idtwmatos. Maï, t. VII, p. 158.
(1) Je lis Nyiel.
(2) Je lis : IRabas comme Jlaas,
(3) Cette dernière phrase est encore citée chez Léonce de Jérusalem : Maï, t. VII, p. 138,
a refusé de reconnaitre l'unité des personnes, celle de deux (per- Sonnes).
Du méme, au chapitre trente-deux du second discours : Comment ne serait-ce pas une erreur et un écart en dehors de tout l’enseignement (de l'Église) que Dieu le Verbe, qui est appelé Messie après son union avec la chair animée d’une âme intelligente, ait été connu avant l'union par ce qui devait constituer le Messie? Et Grégoire le Théologien dans son panégyrique a dit : « Il est un de deux et deux par un. »
Du méme, au chapitre trente du troisième discours à Sergius appelé le Grammairien : Ainsi donc par le seul Emmanuel, deux étaient visibles, Dieu et l'homme. Et si quelqu'un interroge sur les deux qui apparaissent par le seul Emmanuel, que celui qui demande cela écoute : Grégoire reconnaissait aussi deux natures à Dieu et à l'homme: il disait, en effet, dans la lettre à Cledonius (214) : « Il y a deux natures, Dieu et l’homme (1). » Si donc Grégoire a reconnu deux natures, Dieu et l’homme, il a dit par là même que Dieu et l’homme apparaissaient dans le seul Emmanuel et par suite nécessairement que deux natures apparaissaient par le seul Emmanuel. Et comme Emmanuel est certainement un après l'union, on voit après l'union deux natures dans le seul Emmanuel.
Et encore au chapitre cent deux du Duakfüns (2) où ol parle de Cyrille dans le scholium : Quand Dieu le Verbe s’unit à la chair, les natures demeurèrent sans confusion, avec l’unité et le rapprochement de deux choses qui sont et demeurent dans une seule personne et dans un seule subsistance du Verbe incarné. C’est ce qu'on appelle l'unité personnelle.
Du méme, dans ce qu'il écrivit à Nephalius (3). Nous savons, nous aussi, que les natures qui constituent le Messie demeurèrent sans confusion et sans changement, ainsi la chair
(1) Cité plus haut, p. 6.
(2) Cet ouvrage de Sévère est mentionné par Bar Hebreus et existe au British Museum. Cf. Chron. ecclés., I, 190, et Catal. des mss. syr. du British Museum 957b, 926a, 935a, 943b. Zacharie, dans la vie de Sévère, p. 28 (Spanuth, Gœttingue, 1893, 32 pages in-4°), nous donne la cause de la composition de cet ouvrage : Sévère voulut réfuter les Nestoriens qui tronquaient des passages de Cyrille pour faire eroire qu'il enseignait leurs erreurs.
(3) Léonce de Jérusalem cite aussi le symbole de la foi no; Nngéduov. Maï, VIT; .p. 1306.
40 OPUSCULES MARONITES. ê
demeura chair et la divinité divinité, aucune d’ sites ne tr à la nature de l’autre. | Fin, avec l’aide de Dieu, des témoignages des Saints Pères.
Profession de la foi orthodoxe du saint concile réuni à Antioche (1) au temps de Gallien, empereur de Constaniinople (2). Les chefs de ce concile étaient Denys, évêque de Rome, Denys, évêque d'Alexandrie, et Grégoire le Thaumaturge, |: © de Néocésarée dans le Pont.
Nous croyons que Notre-Seigneur Jésus-Christ qui naquit de Dieu le Père avant le temps par le Saint-Esprit et naquit à la fin des jours de la Vierge, est une personne composée de la divinité céleste et de la chair humaine.
Même avec ce qu'il tient de l'homme il est Dieu complet, et même avec la Divinité il est homme complet; mais il n'est pas homme en tant que Dieu; de même il est adorable tout entier même avec le corps, mais il n’est pas adorable en tant que corps; il prie même avec la divinité, mais il ne prie pas en tant que Dieu; il est tout entier incréé même avec le corps, mais il n’est pas incréé en tant que corps. Il a été fait tout entier même avec la Divinité, mais il n'a pas été fait en tant que Dieu, car il estde l'essence de Dieu, même avec le corps, mais il n’est pas de l'essence de Dieu en tant que corps. De même, il n’a pas l'essence humaine en tant que Dieu, mais plutôt il a notre essence par la chair avec la divinité. De même, quand nous le disons de la nature divine par l'esprit, nous ne le disons pas de la nature de l’homme par l'esprit, et quand nous le proclamons de la nature de l’homme par la chair, nous ne le proclamons pas de la nature de Dieu par la chair. De même (22), il n'est pas de notre nature par l'Esprit, mais il est par là de la nature divine; et il n’est pas de la nature divine par la chair, mais bien de la nature humaine. Nous avertissons de ces choses et nous le décrétons, non pour séparer chaque personne qui est inséparable, mais pour marquer la distinction des propriétés de la divinité et de la chair.
(1) L'an 264, (2) 253-268.
| si
L'an six cent trente-six d'Alexandre (1), la vingtième année de l’empereur victorieux Constantin, se réunit le saint concile de Nicée; Sylvestre était patriarche de Rome, Alexandre d'Alexandrie, Eustathius d'Antioche, Macaire de Jérusalem et Alexandre de Constantinople.
Il anathématisa l'impie Arius, et Æusèbe de Nicomédie et Théognis de Nicée avec tous leurs adhérents et ceux qui se trompèrent à leur suite. Voici la cause pour laquelle ces impies furent anathématisés : ils disaient dans leurs blasphèmes que le fils vivant de Dieu n'était qu'une créature, qu'il était l'esclave et le serviteur de Dieu tout en étant la première des créatures. A cause de ces blasphèmes et d’autres semblables, le saint concile les anathématisa ainsi que tous leurs adhérents; il décréta vingt canons et le symbole suivant :
Nous croyons en un Dieu, père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre et de toutes les choses visibles et invisibles, et en un Seigneur Jésus-Christ, fils unique de Dieu; c’est celui-ci qui fut engendré du Père, de l'essence du Père, avant tous les siècles, lumière de lumière, Dieu vrai de Dieu vrai, engendré et non créé, de même essence que son Père, de lanature du Père par laquelle tout fut (fait). Pour nous autres hommes et pour notre salut, il descendit du ciel, il prit un corps du Saint-Esprit et de la Vierge Marie et fut homme. Il fut crucifié pour nous au temps de Ponce Pilate, souffrit, mourut, fut enterré, ressuscita le troisième jour comme il était écrit, monta au ciel, s’assit à la droite de son père d’où il viendra avec grande gloire pour juger les vivants et les morts, et son royaume n'aura pas de fin. (Nous croyons) au Saint-Esprit, le maitre qui vivifie tout, qui procède du Père et est adoré et loué avec le Père et le Fils, qui a parlé par les prophètes et les apôtres. (Nous croyons) en une Église sainte, catholique et apostolique. Nous confessons un baptême pour la rémission des péchés; nous attendons la résurrection des morts et la vie nouvelle du monde futur. Amen. Et ceux qui disent du Saint-Esprit (23) qu'il y eut un temps où il n'existait pas, qu'il vint de rien, ou d’une autre personne, ou qu'il est d'une autre nature, ceux-là sont anathématisés par l'Église. Et ceux qui disent du Fils du Dieu vivant qu'il est une
(1) 325 de notre ère.
= créature ou qu'il est sujet a tions, ceux-là sont maudits pa la Sainte Apostolique. MY ITrAUS, M, “Mine
vi EEE | Définition que firent les saints me le méme conc: au sujet de la Trinité consubstantelle. 4
rer De même nous croyons, nous confessons et nous ado! Trinité sainte dans une unité sans confusion, et de la manière l'unité sainte dans la Trinité sans séparation, sans commencement et sans division. De même que la Trinité sainte existe sans confusion, elle existe aussi sans division : sans Co S fusion à cause de la propriété (1) des personnes; sans division, car elle est toute-puissante et le Fils est tout-puissant, et le Saint-Esprit est tout-puissant. Les trois personnes sont sans commencement et éternelles, elles existent dans l'unité qui est dans la Trinité, incréées, indivisibles, sans confusion, inséparables, sans commencement, éternelles, consubstantielles, inaccessibles, comme il est écrit. Nous avons un Dieu dont tout (procède), à lui la gloire avec son Fils chéri et le Saint-Esprit consubstantiel. Amen. , Fin du concile de Nicée. Que sa prière soit avec nous.
On réunit encore le concile des cent cinquante Saints Pères en la ville impériale de Constantinople, l'an six cent soixante d'Alexandre (2), et la seconde année de Théodose, empereur puissant el chrétien sincère, lorsque Damase était patriarche de Rome; et Timothée, frère de saint Pierre, patriarche d'Alexandrie; et Mélèce, patriarche d'Antioche, mais il mourut durant le concile et Flavien le remplaça; et Cyrille, évêque de Jérusalem; et Nectaire, de Constantinople.
Il anathématisa Macédonius qui enseignait que le Saint- Esprit était une créature faite par le Fils. Aussi cet impie fut anathématisé dans ce concile ainsi que tous ses adhérents et on décréta quatre canons et une définition de la foi orthodoxe,
(1) Le scribe avertit iei que son ms. porte Jlaspew, l'unité. Il a remplacé ce mot. dans le texte par H&#, la propriété.
(2) En 381. La date précédente est inexacte. Il faut lire : en 692 de l'ère d’Alexandre.
celle qui avaitété promulguée par les Saints Pères au concile de Nicée, et on y ajouta : ef en un Seigneur le Saint-Esprit, ete., et ils l'appelèrent Seigneur et Dieu et vivifiant tout, et (ils confessèrent) un baptême et la résurrection des morts et la vie nouvelle du monde futur, amen.
Concile d'Éphèse, l'an (24) sept cent quarante-trois d’Alexandre le Macédonien, la vingt-deuxième année du règne de Théodose le jeune (1), lorsque Célestin était patriarche de Rome, Cyrille d'Alexandrie, Juvénal de Jérusalem, Jean d’'Antioche et Nestorius de Constantinople.
Nestorius fut déposé et remplacé par Maxime ; il fut anathématisé parce qu'il ne voulut pas appeler la Sainte Vierge Marie mère de Dieu mais mère du Messie, et il n’appelait pas le fils de Dieu fils de la Vierge mais fils de l’homme, comme l'un des prophètes; il appelait celui qui naquit de la Vierge Marie un simple homme, et le Verbe vint et demeura en lui. Il fut anathématisé et chassé de ce saint synode avec tous ceux qui adoptèrent son abominable enseignement, à cause de ces blasphèmes qu'il avait prononcés. (Ce concile) confirma le concile de Nicée à l’occasion du symbole impie que présentèrent les prêtres Pélad et Pléia et ce saint concile enseigna que Marie est vraiment et sans aucun doute mère de Dieu; il anathématisa tous ceux qui ne la reconnaîtraient pas pour mère de Dieu, au contraire des enseignements impurs et trompeurs de l’impie Nestorius.
Anathème qui fut envoyé à Nestorius en personne, un jour après qu'il eut été décrété par le concile :
Nous, le saint concile, qui, par la bonté de Dieu, selon l'ordre des illustres empereurs fidèles et aimant Dieu, nous sommes rassemblés à Éphèse : O Nestorius, nouveau juif, sache qu'à cause de ta prédication impie et de ta rébellion contre les canons orthodoxes, selon les lois de l'Église, le 22 du mois courant de Khaziran (juin), tu es rejeté du concile et tu deviens étranger à toute l'étendue de l'Église.
Nous commencons le concile de Chalcédoine qui fut réuni
(1) En 431.
l'an 762 d'Alexandre (1), la première année de l’illustre empereur Marcien; lorsque Léon était patriarche de Rome, Dioscore d'Alexandrie (celui-ci fut déposé et saint Protérius le remplaça), Maxime d’'Antioche, Juvénal de Jérusalem et Anatole de Constantinople.
Il anathématisa le rebelle Nestorius qui renia la mère de Dieu, la Sainte Vierge Marie, quand il dit qu'elle était la mère d’un simple homme; il anathématisa Eutychès et Dioscore, son partisan, parce qu'ils imaginèrent que la divinité et l'humanité de Notre-Seigneur ne formaient qu'une nature composée, impiété qui surpasse toutes les impiétés et tous les blasphèmes. Il confirma la foi de Nicée, fit trente-six canons, et à la fin (25) de chaque canon il prononça un anathème contre celui qui s'écarte de la foi des trois cent dix-huit Pères de Nicée et y change si peu que ce soit en mal. Et ceux qui furent anathématisés, chassés et rejetés de la Sainte Église, se mirent à aiguiser leur langue injuste et dirent que le concile n'avait pas été réuni selon les règles. Le saint concile des six cent trente-six Pères fit aussi la profession de la vraie foi suivante : « Nous adhérons aux Saints Pères de Nicée, nous confessons, et enseignons tous à confesser, un seul fils Notre-Seigneur Jésus-Christ, complet dans la divinité, consubstantiel avec le Père et l'Esprit, et complet dans son humanité comme nous à l'exception du péché, unité sainte de deux natures, car le Verbe est Dieu en vérité, et le même est homme complet avec une âme rationnelle et un corps, de la nature du Père par sa divinité et de notre nature par son humanité, semblable à nous en tout à l'exception du péché, né du Père avant les siècles, sans commencement par sa divinité et né de Marie sans changement à la fin des temps, pour notre salut, par son humanité. Le même est un seul Fils et un Seigneur unique, grâce à la sainte unité en deux natures, sans confusion, sans changement et sans division. Cette unité n'enlève aucunement la diversité des deux natures, mais conserve plutôt chacune des natures dans sa propriété, c'est-à-dire chaque être demeure ce qu'il est, et concourt en une seule personne. Il n'est pas divisé en deux personnes ou séparé ou mélangé en rien, mais il est un seul et Fils unique, Dieu le
(1) En 451:
Verbe, notre Seigneur Jésus-Christ, comme les prophètes l'avaient prévu d'avance à son sujet, comme Notre-Seigneur Jésus-Christ nous l'a enseigné et selon le symbole que nous léguèrent nos pères de Nicée. »
Telle est la profession de foi des Saints Pères rassemblés au concile de la ville de Chalcédoine, dans laquelle ils professent que la Sainte Vierge est mère de Dieu et que Dieu le Verbe Notre-Seigneur Jésus-Christ n'a qu'une seule personne. Ils confessèrent aussi qu'il y à union sans division, ni séparation, ni mélange, ni confusion. En plus, ils anathématisèrent Vestorius, Eutychès, et Dioscore partisan d'Eutychès, qui le recut dans sa communion au second concile d'Éphèse. Léon et toute l'assemblée adhérèrent à cela.
Ainsi, mes frères, fidèles croyants, fils de la sainte Église catholique, soyez de vrais chercheurs et instruisez-vous les uns les autres; voyez ce qui a été professé par le saint concile et par saint Léon et ce qui a été enseigné par nos (26) Saints Pères que nous avons cités ci-dessus; voyez comme leurs témoignages concordent bien avec les nôtres du concile de Chalcédoine où la vérité a témoigné par le pape de Rome saint Léon et les six cent trente-six saints.
Que leur prière soit avec nous et avec vous. Amen.
Quelques questions contre ceux qui ne reconnaissent qu'une nature dans le Messie, c’est-à-dire contre ceux qui confondent et mélangent la simplicité de la nature de Dieu le Verbe avec la chair, et disent qu'il n’a qu'une nature (1).
Dites-nous, Ô saints frères, cette nature unique que vous confessez dans Notre-Seigneur après l'unité est-elle consubstantielle au père, oui ou non?
S'ils disent oui, il s'ensuit que la chair est de même nature que Dieu; s’ils disent non, il s'ensuit qu'à cause de la
(1) Léonce de Jérusalem emploie contre ces monophysites le même mode de raisonnement que Jean Maron, Maï, t. VII, p. 119-122; au lieu de quelques questions, on pourrait traduire résumé. Ce résumé pourrait être fait par Jean Maron d’après un autre ouvrage ou bien par un anonyme d’après un travail plus long de Jean Maron.
| chan sé Fils ne Pa pas coisub stantic
l'avoir embarrassé ainsi, demande-lui encor quelle nature il est égal au Père et par quelle n égal à l'homme; s’il dit : Il est égal au Père par la divine et à nous par la nature humaine, il confesse di natures après l'union. — Et s'il ne le veut pas (on dira) nature que vous confessez, est-ce celle qui existait avant oui ou non? S'ils disent oui, il s'ensuit que ce n'est pas € nature formée de deux, et s’il te dit non, dis-lui alors : formes une nouvelle nature après l'union, laquelle n’est ni divine ni humaine. — Dis-lui : O père, est-ce que le Père et le Verbe n'ont qu'une nature, oui ou non? S'il dit oui, tu seras en droit de lui demander : Le Père, Dieu le Verbe et la chair forment-ils une nature, oui ou non? S'il dit oui, tu répondras : Alors le Père, le Verbe et la chair du Verbe ne forment qu'une nature; comment un tel manque d'intelligence peut-il avoir lieu, le Père et la chair de Dieu le Verbe ne former qu'une nature! — Dis-moi, cette nature unique et composée que tu attribues à Notre-Seigneur Jésus-Christ est-elle dans la Trinité ou en dehors de la Trinité, oui ou non? S'il dit oui, réponds : c'est impossible, mais le Verbe en particulier a uni sa nature divine à la nature humaine en dehors du péché. — Cette nature unique que tu prônes en Notre-Seigneur Jésus-Christ, est-elle consubstantielle à son père ou à Marie ? Si tu dis : Au Père, tu nies l'humanité; si tu dis : A Marie, tu le fais un simple homme. — Dis-moi, Ô père, la nature que le Verbe avait avant l'union, l'a-t-il conservée après l'union, oui ou non? S'il dit oui, réponds : Tu as raison; s’il dit non, réponds (27)}-lui : Il a donc changé, et s’il est vrai que cette nature est éternelle, qu'elle n’augmente ni ne diminue et ne reçoit pas d'accroissement, comment cela peut-il être? et alors, dis-moi, cet homme complet qu'il s'est uni, à l'exception du péché, comment pouvait-il être de la nature humaine que tu renies? — Dis-nous, à père : ces deux natures qui s'unissent sont-elles caractéristiques, oui ou non? S'il répond qu'elles sont caractéristiques, il va contre la vérité, car
il donne au Messie deux personnes ou figures; dis-lui alors : Grégoire a dit que des natures caractérisées ne peuvent s'unir ensemble, comment dis-tu qu'il n’y a pas de nature sans personne. — Dis-moi, à saint père, la divinité et l'humanité ne
Cyrille d'Alexandrie le blâäme dans le discours qu'il écrivit à l’empereur 7'héodose; il dit, en effet : La divinité et l'humanité ne forment pas une seule nature; Grégoire de Nysse et … Grégoire de Nazianze disent aussi que, même dans l'union inef- fable et inexplicable, deux ne font qu'un, mais pas dans (une) . nature. — Dis-nous, à père, cette nature qui résulte de deux, est- * elle la nature unique du Père et du Fils ou bien une autre Ÿ? S'il dit que c'est la nature du Père et du Fils, il se trompe, car celle du Père ne résulte pas de deux; s’il dit que c'en est une autre, qu'il nous indique laquelle; Cyrille lui dit alors : « Les natures sont demeurées distinctes dans l'union »; et Paul dit: « Il créa les deux en personne et il ajusta les deux en un corps avec Dieu, et il fit les deux un »; cela montre qu'il y a une personne formée de deux natures. — Dis-moi, Ô père, le Messie, après l'union, peut-il être connu et dans la divinité et dans l’humanité, oui ou non? S'il dit non, il se trompe, car il rend vaines l'humanité et la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ; s’il dit oui, on voit dès lors avec évidence que (le Messie) se manifesta en deux natures. S'il t'interpelle avec mauvaise volonté et dit qu'il n'y a pas de nature sans personne (1), réponds-lui : Si la chair ne subsiste pas par elle-même, elle . n'est pas une personne ; mais si tu confesses qu'elle subsiste par elle-même, alors il l’a revêtue et voilà que nous avons une personne dans une autre personne, comme l'a dit Vestorius, et l'on aura vu l'homme qui revêt Dieu, comme un prophète, et non Dieu qui revêt l’homme, ainsi que le dirent Paul de Samosate et Artémon. Mais si le Verbe de Dieu n’a qu'une personne, et si le vêtement des membres a été composé dans la personne du Verbe et n’a pas été constitué en dehors d'elle, on voit très bien qu'il n'y a qu'une personne avant l'union, pendant l'union et après l'union de l'incarnation, et la chair forme une nature, sans être un mot vain et trompeur, comme l’a dit Wanès, et elle n’est pas confondue avec la nature du Verbe, comme l'a dit Apollinaire, et elle ne possède pas une âme sans intelligence, comme l'a dit Eutfychès (28) l'insensé ; mais elle a une àme intelligente. Et je ne place pas cette chair en dehors du
(1) Telle était au fond la conviction des Jacobites. Aussi pour eux les catholiques étaient des Nestoriens.
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Ve bé 7 trouvée la chair de Dieu qui voulut s'incarner. Si la chair & formée par le Saint-Esprit dans la personne « DE osera dire follement que la chair est en dehors d'e Je? 1 cherchent à n'avoir qu’une personne, en disant que qui est en dehors de la personne n'est pas subsistante;« si c’est une personne en dehors d'une personne subsist ii ils doivent reconnaître deux personnes. Il ne leur su t pas de l'exemple de l'âme qui ne précède pas le corps de n8) le sein, et si personne ne sait où l'âme et le corps S'Unis= sent, à plus forte raison ni les hommes, ni les anges, ni les |
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% chérubins, ni les séraphins ne sauront où a lieu cette union du 4
Fils, si ce n’est le Fils lui-même. Mais vous, à contempteurs, pour qui la nature et la personne ne font qu'un, il faut donc, partout où les Saints Pères parlent de trois personnes" dans la Trinité sainte d’une seule essence et nature, que vous y reconnaissiez trois natures, comme les Ariens et les Æumo= méens, et partout où ils parlent d’une nature, vous devez comprendre une personne comme Sabellius; et quand vous dites que deux natures forment une personne pour le Messie, vous entendez donc qu'elles forment une nature (composée) de la chair et de la divinité comme Apollinaire.
Nous écrivons encore quelques mots contre les Nestoriens:
L'apôtre saint Paul a dit : « Dieu s’est réconcilié avec nous par la mort de son Fils »; et encore : « Il n’a pas épargné son Rils, mais l’a livré pour nous tous »; et encore : « Il a- parlé avec nous par son Fils ». Si donc tu reconnais deux personnes, quelle sera cette personne (dont parle l’apôtre)? sera-t-elle divine où humaine”? Et si tu places dans le Messie deux natures où personnes, crois-tu, oui ou non, que l’enseignement de la Sainte Église reconnait trois personnes? Si tu reconnais trois personnes, places-tu en dehors de l'adoration l’une de ces trois personnes que tu reconnais dans le Messie, ou le Père, ou le Fils, ou le Saint-Esprit? Et si tu enlèves à l'adoration l'une de ces personnes que tu places dans le Messie, comment es-tu chré-
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tien, toi qui ne révères pas celui qui est né, a souffert (29), a été crucifié, et (enfin) est mort pour nous. Et si tu ne confesses pas trois personnes, comment peux-tu ne pas te faire païen, lorsque tu adores une quadruplicité, c'est-à-dire une créature.
… Celui qui adore quatre personnes, est-il chrétien, oui ou non ? —S'il répond non, demande-lui : Dis-moi, frère, le Messie est-il Dieu ou homme ? et s’il te répond qu'il est homme, il confesse ainsi quatre personnes, car l'homme ne peut pas exister sans personne. — Demande-lui encore : Qu'est donc ce Messie? estil Dieu où homme ? S'il répond qu'il est Dieu, dis : Alors le Père est aussi Messie. — Demande-lui encore : Ce Messie lui-même, qu'est-il ? Si tu dis : c’est Dieu incarné et fait homme, tu indiques une chair animée d’une âme rationnelle et capable de connaissance, car Paul a dit : « Par là est apparu le Messie dans la chair, il est le Dieu de l'univers. » Ce qu'on cherchait est démontré, Jean l'Évangéliste a dit : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. » Ce. Verbe qui au commencement était en Dieu, est-il celui qui à apparu aux Juifs dans la chair, et le Dieu de l'univers, ou bien ce Messie incarné est-il un autre Dieu ? Or le prophète Isaïe a dit : « Un fils nous est né, et un enfant nous est donné, et son nom est appelé Admirable, Conseiller, Dieu puissant des siècles »; or ce fils qui nous a été donné et qui est appelé Admirable, Conseiller, Dieu puissant des siècles, est-il Dieu le Verbe qui était au commencement auprès de Dieu, comme il est écrit, ou bien est-il un autre Dieu ? S'il est le même, nous voyons évidemment que Dieu le Verbe, qui naquit dans la chair, est le même que le Messie qui apparut aux Juifs dans la chair, lequel est le Dieu de l'univers pour ceux qui le connaissent et le confessent, et il fut appelé Admirable et Dieu vrai. Si, au contraire, Dieu le Verbe qui était au commencement auprès de Dieu, est différent du fils qui naquit pour nous et fut nommé Dieu puissant des siècles, voilà que tu introduis un nouveau Dieu et tu deviens répréhensible, parce que tu en fais deux, et Jean l'Évangéliste a dit : « Le Dieu unique, qui est dans le sein de son Père, celui-là nous l’a raconté. » — Dis-nous, ô saint frère, au sujet de ce fils unique de Dieu, est-ille Fils de Dieu qui naquit de la race de David, ou bien un autre ? S'il est celui-là, voici
que le Fils de Dieu est né dans la chair; si tu dis que le Fils
ples (1) : oh en Dieu et croyez en moi. » Ce Jésus qui 44 L & ses disciples de croire en lui, est-il Dieu le Verbe ou bien ul homme ®? S'il est un homme, ses disciples, en croyant en lui ii, crurent en un homme, et s'ils ne crurent pas en lui, ils méprisèrent le Verbe qui leur dit de croire. Celui qui croit comme : les Apôtres confessera que le Messie est vrai Dieu; cela paraît sortir de la bouche sainte des apôtres en la personne de Thomas S qui s’écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu »; et dans un autre | endroit : « Car le Père a désigné celui-ci comme Dieu ». Paul a dit (2) : « Il fit dans sa personne une place pour nos péchés et il sacrifia les péchés de beaucoup » ; et encore (3) : « S'ils l’ avaient connu, ils n'auraient pas sacrifié le Seigneur de gloire ». Et David a dit (4) : « Ton siège, à Dieu, est dans les siècles des. siècles. » Et le prophète Jérémie a dit (5) : « C'est notre Dieu, et n’en imaginons pas un autre avec lui; il a trouvé la voie” de la sagesse et de la justice et l'a donnée à Israël son serviteur et à Jacob son ami. » Et plus loin il dit (6) : « On l’a vu sur la terre et il a demeuré avec les hommes. » Et David dit en=« core : « Le maitre des dieux paraitra à Sion ». Ce Dieu dont parle Jérémie, qui est notre Dieu, et nous ne devons pas en imaginer un autre avec lui, est-il Dieu le Verbe ou bien en est-il" un autre comme tu le penses ? S'il en est un autre, comme tu L l'enseignes, voilà que tu introduis inintelligemment un nouveau Dieu. Et si c'est le même en vérité, et qu'il n'y ait pas de Dieu en dehors de lui, comme parlent les prophètes, et nous croyons tous en lui, si le Dieu unique est celui qui apparut sur la terre“ par une chair animée et douée d'intelligence, puis demeura et conversa avec nous, c'est alors ce qu'il fallait démontrer. Où et comment as-tu vu, Ô frère sage et docteur illustre, qu'une :
Jean, xiv, 1. 2 Hébr,, 1.9.
1) 2) )IACOR UT. 8, ) ) )
4) PS XLIVs 1.
9) Baruch, 11, 36-37.
( ( ( ( ( (6) Zbid., 38.
ŒUVRES DE JEAN MARON. bo]
; Eine en enfantant, ait donné deux personnes à un seul fils? Médite les paroles des témoignages véritables de l'Évangile et . de Paul dans le discours que fit le saint évêque Wartyrius con- . tre Nestorius votre père. Écoute donc, toi qui aimes à séparer . les fils et les personnes et médite ces paroles divines qui nous . enseignent nommément les notions d’une personne et d'une (81) substance dans le Messie (1). Et d'abord le prophète, en la personne du père, dit de lui (2): « Voici que j'envoie mon ange . devant ta face pour préparer la voie devant toi. » Il dit {a face - pour un seul et non pour plusieurs. Et le prophète Zacharie, . père de Jean, prophétise et dit à son fils (3) : « Et toi, enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu iras devant la face du Seigneur pour préparer sa voie. » Il dit aussi sa face et non ses faces, comme tu l'enseignes. Et Notre-Seigneur dit de luimême (4) : « Comme le Père a la vie en lui-même, il a aussi donné au Fils d'avoir la vie en lui-même. » Il dit en lui-même et non en eux-mêmes comme tu l’enseignes. Et l’évangéliste Luc a dit (5) : « Quand les jours de son ascension furent accomplis, il prépara sa face à aller à Jérusalem et il envoya des messagers devant sa face; ils allèrent, entrèrent chez les Samaritains et ne le trouvèrent pas, parce que sa face était tournée pour aller à Jérusalem. » — Il dit encore (6) : « Son visage brilla comme le soleil. » — Et l’apôtre Paul dit (7) : « Pour éclairer la science de la gloire de Dieu, à la face de Notre-Seigneur Jésus-Christ. » — Et encore (8) : « Moi, ce que j'ai donné, (je parle) de ce que j'ai donné à cause de vous, je l'ai donné à la personne de Jésus-Christ. » — Le même apôtre dit encore dans
(L) Cette argumentation, plus forte dans le texte que dans la traduction, repose sur ce que les mots Hoaio et so ,+s, « personne » et « substance », se trouvent dans tous les textes cités, appliqués au singulier au Messie. Donc, conclut l’auteur, le Messie n’avait qu’une personne et une substance. Jean Maron semble prendre ses
… citations chez Martyrius, patriarche de Jérusalem, qui mourut en 485. (2) Luc, var, 27.
(3) Luc, 1, 76.
(4) Jean, v, 26.
(5) Luc, 1, 51-53. Textuel dans la Peschito, hors IL pour RS et Nes pour
Sy.
(6) Mat., xvix, 2.
(7) II Cor., 1v, 6. Textuel, mais x et 5e manquent.
(8) U Cor., m1, 10, Ross Soi manque.
(9) I Thessal., 1, 9. Textuel, mais en place de x la Peschito a pe - PACIFIC SCH
me sa puissance. » »— A péDEOrS (1): « Avec les sonne il créera un homme nouveau. » — Il € endroit (2) : « En abandonnant sa chair, il dépouil À pautés et les puissances et les fit rougir ouvertement € sonne, » — Et il dit dans (la lettre) aux Hébreux (3) dans sa personne une place pour nos péchés, et dans me El immola les péchés (4) de DERUANRS »
dir Eph. ., 1, 15. Textuel.
(2) Col. n, 15. Textuel, mais au lieu de HS? ON à Os.
- (8) 1, 3, au lieu de eo on a Jade et la seconde partie de la phrase d'art ‘ici, En somme, ces citations montrent que Jean Maron (ou plutôt Martyrius) s4 de mémoire (ce quiest peu probable, car il ne pouvait savoir par cœur tous RE 7 __ passages qui renferment le mot personne), ou traduit sur un texte grec (c'e r plus probable), ou cite un texte syriaque différent de la Peschito. .. (4) Il faut lire Je = comme ci-dessus.
; Ces 3 ; FIN DES OEUVRES DE JEAN MARON.
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