LES ŒUVRES INÉDITES DE JEAN MARON, PATRIARCHE D'ANTIOCR (VI1° SIÈCLE
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit qui ne sont qu'un seul Dieu. Ainsi soit-il. Nous écrivons le livre de l'exposition de la sainte foi dû au célèbre parmi les saints, à Mar Jean Maron, patriarche d'Antioche.
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Ils Pr rent + ( Enr dans les saints Conciles, contre ceux dont nous venons .de parler (1). Ces conciles sont : le concile de Nicée et ses trois cent dix-huit (Pères) contre l'impie Arius; et celui de Constantinople avec ses cent cinquante (Pères) contre l'impie Macédonius qui blasphéma contre le Saint- Esprit et dit qu'il était une créature; et celui d'Éphèse avec les deux cents (Pères) qui se rassemblèrent dans sa première session contre le rebelle Nestorius, et le (Concile) célèbre des six cent trente-six (Pères) qui fut réuni à Chalcédoine au sujet d'Eutychès.
Pour nous, nous confessons la vraie foi qui fut confirmée . par les Saints Pères dans les conciles que nous venons de rappeler, et d’après leur enseignement nous disons : Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Trinité sublime d’égale essence, une Divinité, une nature, mais trois personnes réunies qui ne sont ni séparées ni divisées de l'essence unique. Nous confessons encore que l'un de cette sublime Trinité d'égale essence, et adorable en tout, quiest Dieu le Verbe, par la volonté du Père, du Fils et du Saint-Esprit, dans les derniers temps, pour le salut du genre humain, sans changement et sans modification, s'incarna du Saint (Esprit) et de la Sainte, adorable et pure mère de Dieu Marie toujours vierge. Il prit une chair
(1) Il est question, plus haut, de Nestorius et d'Eutychès.
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de même essence et de même nature que la nôtre, à l'exception du péché, passible comme la nôtre, animée par une âme douée d'intelligence et de connaissance et formée de deux natures : la divinité et l'humanité, chacune d'elles ayant toutes les propriétés (1) qu'emporte son nom (2). D'où l'on reconnait en vérité un fils, un seigneur, un messie, une substance et nous ne refusons pas de dire une nature du Verbe incarné, comme l'ont dit les Saints Pères (2), de même essence que le Père pour la divinité, et de même essence que nous pour l'humanité, passible dans la chair et non dans la Divinité, limité par le corps et illimité par l'esprit, le même étant à la fois terrestre et céleste, visible et connaissable.
Attachés à ces enseignements que nous professons, nous ne disons pas qu'il y a deux fils, ou deux Messies, ou deux substances, ou deux personnes, mais nous disons qu'il y a un seul seigneur Notre-Seigneur Jésus-Christ fils de Dieu, Dieu le Verbe qui s’incarna; nous confessons que le Dieu éternel s’incarna luimême dans le temps pour sauver le genre humain. Il s’incarna, non par un changement de la divinité, mais par son union avec l'humanité, car le Verbe possède cette nature (divine) sans changement ni modification, aussi bien que le Père qui l’engendra avant les siècles, et tout ce que l’on imagine de la divinité du Père, on peut aussi l’attribuer à son fils unique, car il
(1) La copie du ms. de Rome qui me fut envoyée, au lieu de IRC? «wo, porte los,ässo fiis, Go. « Et elles ont les volontés et opérations qu’emportent leurs noms (Île 1+s) ». Cette phrase est dirigée explicitement contre les monothélites. Du reste, la lecon du manuscrit de Paris offre, au fond, le même sens.
(2) J. M. vient de dire que N.-$. a deux natures : la divinité et l'humanité. Ici il emploie la locution « une nature » parce que des Saints Pères l’ont employée au sens large pour montrer l'unilé de Notre-Seigneur. La phrase suivante de Jean Maron montre bien qu’il se borne à citer une locution des Saints Pères, sans la prendre au sens propre. Il expliquera du reste cette locution plus loin, page 40, etc. (les renvois ont trait aux chiffres gras). — Il ne faut pas oublier que la philosophie scolastique n'existait pas et que les mots personne et nature étaient mal définis, peut-être même n’étaient-ils pas définis. Car dans cet ouvrage polémique, comme dans plusieurs autres de cette époque, catholiques ou jacobites, que j'ai pu lire, on ne trouve pas une seule définition. — On ne s’étonnera plus après cela qu’il y ait quelquefois un peu de vague dans les argumentations, surtout si l’on songe que les catholiques, qui anathématisent les Nestoriens, furent toujours appelés Nestoriens par les monophysites, et que les monophysites, qui anathématisent les Eutychiens, furent toujours appelés Eutychiens par les catholiques.
© fut sn de " même essence, et Notr à Philippe quandil disait : « Celui qui: me vo et ne un autre endroit : « Tout ce qui ap
d'essence. Fi divinité ne commença pas, mais elle existe au commencement était le Verbe; l'humanité n existait
bienheureux Paul : « Comme il était ‘semblable à Dieu, il ave ë le droit des "ester l'égal de Dieu, mais il s’amoindrit et
aussitôt au sujet des enfants qui participent à la même chair 4 Ù au même sang, que (le Verbe) y participa de même. Ainsi il ya un fils, à la fois passible et au-dessus de la souffrance, mortel et au-dessus de la mort, il est passible et mortel en tant qu'homme, mais ne peut souffrir ni mourir en tant que Dieu; il ressuscita sa chair qui était morte, car il avait dit : « Détruisez ce temple et en trois jours je le rebâtirai (5). » En tant qu'homme, jusqu’à la résurrection, il était passible et mortel (3); mais après la résurrection il ne pouvait plus souffrir ni mourir, il était incorruptible et conservé par les rayons propres à la divinité. La chair ne se changea pas en la nature divine, mais il conserva les propriétés de l'humanité, car ilne possédait pas un corps sans limites, cette unité ne convient qu'à la nature divine, quand il demeurait dans son premier état; il disait à ses disciples : « Voyez mes mains et mes pieds, c'est bien moi, touchez-moi, voyez et reconnaissez qu'un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai (6). » Il ne dit pas : comme vous voyez que je Suis, mais comme vous voyez que j'en ai, afin de nous faire connaître ce qui avait été et ce qui était, et de même il promit de revenir tel qu'on le vit monter au ciel; c'est ainsi que le verront ceux qui croient en lui et ceux qui le crucifièrent « regarderont aussi celui qu'ils transpercèrent (7) ». Nous adorons
) Jean, xiv, 9. Cf. xnr, 45.
2) Jean, xv1, 15. CF. xvur, 10.
3) Jean, x, 30.
4) RD ar, 6,7.
o) Jean, nu, 19.
)) Luc xx1v, 89,
7) Jean, xix, 87.
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done un seul fils chez lequel nous voyons deux natures complèles ; aussi le même est appelé fils de Dieu vivant, et fils de David, les divines Écritures l’appellent Dieu, et le bienheureux apôtre Paul proclame qu'il y a un Dieu et un médiateur entre Dieu et les hommes qui est Jésus, le Messie incarné, qui se donna lui-même pour la rédemption de tous (1). Mais celui qu'il dit être incarné, en un autre endroit il l'appelle Dieu : « Nous attendons l'espérance des biens et la révélation de la gloire de Dieu grand et du Sauveur Jésus-Christ (2). » Dans un autre endroit, il dit que Dieu a subi la mort à cause de son amour pour les hommes. Et ailleurs : « Pour gouverner l'Église que Dieu a cimentée de son sang (3). » Aïlleurs il énonce les deux (natures), « le Messie, qui est le Dieu de l'univers, leur est apparu dans la chair, à lui gloire et bénédiction dans les siècles des siècles. Ainsi soit-1l ». Il appelle le même « un juif qui apparut dans la chair (4) et qui est le Dieu de l'univers ». Le prophète Isaïe dit aussi : « C’est un homme de douleur qui connaît la souffrance, il souffrit ainsi à cause de nos péchés et s’humilia à cause de nos iniquités (5). » Et un peu plus loin il ajoute : « Qui fera connaître sa génération (6)? » Celle-ci n'est pas humaine. Dieu dit aussi par le prophète Michée (4) : « Et toi, Bethléem de Juda, tu n'es pas la moindre du royaume de Juda, car de toi sortira le chef, et sa sortie eut lieu dès le commencement des jours du monde (7). » Quand il dit : De toi sortira un chef, il parle du gouvernement temporel, et quand il ajoute : sa sortie eut lieu dès le commencement des jours du monde, il montre la divinité qui fut engendrée du Père avant la création du monde, le Verbe de Dieu qui s’incarna.
Et au sujet de la Sainte Vierge nous confessons qu'elle est la mère de Dieu, car elle engendra Emmanuel, c'est-à-dire Dieu avec nous, et le prophète qui le nomma par avance Emmanuel ajoute un peu plus loin : « Un enfant nous est né et un fils nous a été donné, le pouvoir est sur son épaule, on l’appela Admi-
(1) I Tim., 11, 5-6.
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(3) Actes, xx, 28.
(4) Le ms. de Rome porte : +22 Erë «07 opaa,
(5) Isaïe, Lim, 3 et 5.
(6) /hid., ÿ 8.
(7) Michée, v, ?; Matthieu, n, 6.
18 OPUSCULES MARONITES. | k
rable, Royal, l'Ange du grand conseil, Dieu maître des siècles, le Prince de paix et le Père du monde à venir (1). » Si donc l'enfant né dela Vierge a été appelé Dieu maître (des siècles), celle qui l’a engendré peut avec justice être appelée mère de Dieu, car elle est honorée d'avoir engendré un tel fils et elle est à la fois vierge, mère et servante : elle est mère parce qu’elleengendra l'homme, le Messie Notre-Seigneur ; elle est servante parce qu’elle engendra son maître et son créateur. On rend ainsi compte des paroles : sans père, car il fut ainsi appelé par le divin apôtre Paul, sans mère, sans famille, ses jours n’ont pas de commencement et sa vie n’a pas de fin. Il est sans père comme homme, car il ne fut engendré en tant qu'homme que par sa mère. Il est sans mère comme Dieu, car il fut engendré de toute éternité par un père éternel avant le monde, sans commencement et sans fin; il est sans famille comme Dieu, mais en eut dès qu'il devint homme, bien que sans changement. Matthieu écrivit la généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d'Abraham; l'évangéliste Lucécrivitaussisa famille. Comme Dieu, iln’eutpas de commencement, car il naquitavant le monde, et il n'y aura pas de fin pour sa vie, et le même est au-dessus de la mort et de la souffrance par sa nature divine; mais en tant qu'homme, ses jours eurent un commencement (5), car il naquit au temps de César Auguste, et sa vie corporelle eut une fin, car il fut crucifié sous Tibère, il mourut, fut enseveli et ressuscita le troisième Jour. Après la résurrection, il possède la nature humaine immortelle et il viendra tel qu'il est monté, selon la parole des anges : « Ce Jésus qui vient de vous quitter pour monter au ciel reviendra tel que vous venez de le voir monter au ciel (2).
Cet enseignement nous fut présenté par les divins prophètes, nous fut prêché par la cohorte des saints apôtres, nous fut transmis par les saints orthodoxes qui apparurent aux diverses époques et éclairèrent la sainte Eglise catholique et apostolique. Et pour montrer à chacun que nous ne parlons pas d’après nousmême, voici des témoignages tirés des écrits et des lettres des Saints Pères; personne n'aura de doute à leur sujet, car Dieu qui voit tout sait que nous ne diminuons, ne changeons ni
(1) Isaïe, 1x, 5.
(2) Actes, "r 11°
augmentons; voici leurs noms avec leurs écrits et leurs lettres.
Voici d'abord saint Sylvestre, évèque de Rome (1), qui présida le concile de Nicée. Il dit dans sa lettre contre les Juifs : Aussi je suis incapable de connaitre et d'enseigner comment des deux natures unies ensemble l’une tombe sous le mépris, l’autre y échappe.
Saint Athanase, évêque d'Alexandrie (2), écrit dans son hymne sur l'âme : Le verbe de Dieu a complètement revêtu l’homme et l’a fait participer en tout à l'honneur de sa nature, et des deux natures il forma une moyenne.
De même, de son discours contre Apollinaire : Le mot Messie ne désigne pas une manière unique, mais dans ce nom, qui est un, l'événement montre un témoignage de deux natures, de la divinité et de l'humanité (3).
De saint Flavien l’ancien, évéque d’Antioche (4), dans le commentaire sur Jean l'Évangéliste : Il se montra avec un nuage corporel, lui qui prit notre nature pour nous instruire de ses deux natures, de l'humanité visible (6) et de la divinité réalisée par un corps. .
De saint Basile, évéque de Césarée en Cappadoce (5), dans le chapitre quatre-vingt de son ouvrage de réfutation contre Amomius (6): Si tu penses que c'est l'homme qui fut vaincu par la puissance de la mort, remarque encore que le même revint de la mortavec du butin. Il faut donc considérer avec grande réserve comment dans un seul apparaît la vérité de deux natures.
De saint Grégoire, évéque de Nysse (7), dans sa lettre au
(1) Pape de 314 à 335. Ado xarà Taurov hVOUEVOY pÜoEwv, HÈV [LiQ TEPUTITTEL T Véper, à DË étépa xpelrrwv réouc mavrèc ämedeiyün. Léonce de Jérusalem, chez Maï, t. VII, p. 134. — Maï ajoute que cette lettre de saint Sylvestre est perdue.
(2) Mort en 373.
(3) Livre I, 13; Migne, Patrol. Grecque, t. XX VI, col. 1116. Xprotôs povorpômuws où Xéyerat XV év adT® To dvopLatt ÉVI OVTL ÉXATÉPWY TV TOAYUATWV dElxvUTAL cnmacia, ÜeoTntoc TE AA AVÜPHTOTNATOS.
(4) Mort en 404. "Iva auvotépos adroù dayopev Tac qÜoets, xai TÔv 6pouevov EvBpwmov, 4où Thv da Toù cœuaroc évepyoüowv Geornræ, Maï, VI, p. 139.
(5) Mort en 379.
(6) Assémani (B. O., I, p. 516) a lu Eunomius sur le ms. du Vatican. Voir cidessous p. 48 du texte syriaque où l’on trouve « Eunomius » à propos dela citation actuelle qui est répétée.
(7) Mort de 396 à 400.
moine Philippe (1) : LdMette, a deux na ainsi très clairement qu'il a la substance uni mais que la différence du Verbe et de la chair anin servée, sans confusion ni hésitation, et que les )
Verbe ne souffrent aucune atteinte.
De saint Grégoire le Théologien (2), dans sa second Cledonius : Celui qui introduit deux fils, l'un de Dieu le l'autre de la mère, et qui les distingue l'un de l’autre, va € l'enseignement orthodoxe selon lequel il y a deux natures : Dier et l'homme, comme il y a aussi l'âme et le corps, mais il n'ya ni deux fils, ni deux Dieux (3). (Es.
Du même, dans son discours sur le fils contre les Ariens : Dieu est appelé père, non du Verbe (seul), mais aussi de la créature; il est donc certain que Dieu est le Père non seulement de la créature, mais aussi du Verbe, car (le Messie) est double, et les deux choses sont vraies. se
De saint Ambroise, évéque de Milan (4), dans son discours contre les Apollinaristes : Et quand nous blämons ceux qui apparurent en dernier lieu et dirent que la chair et la divinité de Notre-Seigneur ne forment qu'une nature, quel enfer a pu vomir un tel blasphème (5) ! Que ne dirons-nous pas des Ariens qui augmentèrent la mesure de leur impiété pour commettre d'une autre manière cette plus grande erreur que le Père, le Fils et le Saint-Esprit n'ont pas une même essence? Les autres s'efforcent de dire que la chair et la divinité de Notre-Seigneur ne forment qu’une essence.
Du même, dans son discours contre l'empereur Grade que saint Cyrille, évêque d'Alexandrie, cita au premier concile d’Éphèse contre l'impie Nestorius (7) : Cessons toute vaine dispute de mots, car il est écrit que le royaume du ciel n'est pas dans la persuasion des paroles. Le changement du corps et
(1) Assémani (B. O., I, p. 516) indique Olympius comme le destinataire de cette lettre. Cf. infra p.44.
(2) Mort vers 389.
(3) Le sens de ce passage se trouve dans la seconde lettre à Cledonius. Migne, Patrol. Grecque, t. XXXVIT, p. 195.
(4) Mort en 397. :
(5) Cette phrase existe chez Léonce de Jérusalem : 'AVEPÜNOV TIVES TAV Gapxx To xvpiou aa vhv Debtnta uids elvat gÜseuws Aéyovtes: motoy &ôns Thv Tosaürny Bhacgnia bn
uecev. Maï, VIX, p. 131.
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celui de la divinité est destiné à montrer la puissance de Dieu; c'est un seul fils de Dieu qui parla dans les deux états, car il a deux natures; mais bien que ce soit toujours le même qui parle, on voit en lui tantôt la gloire de Dieu et tantôt les souffrances de l'homme; en tant que Dieu, il parlait des choses divines, car il était le Verbe, et en tant qu'homme, il parlait des choses humaines, car il parlait dans cette nature.
De saint Amphiloque, évêque d'Iconium (1), dans son exposition de la foi pour Séleucus (Cf. p. 14), fils de Trajan : Je crois au Messie, fils de Dieu, fils unique en deux natures, passible et impassible, mortel et immortel, visible et invisible, palpable etimpalpable, sans commencement et ayant un commencement, sans limites et limité. Il fut engendré sans commencement et de toute éternité par Dieu le Père dans la divinité, et le même fut engendré à la fin des temps dans la chair par la Vierge Marie et le Saint-Esprit.
De saint Jean Bouche d’or, qui en grec est appelé C'hrysostome (2), dans la lettre qu'il envoya au moine Césaire (3): Quel enfer a fait dire que le Messie n’a qu’une nature? si l'on n'admet que la nature divine, ne répudie-t-on pas nécessairement tout ce qui est humain, c’est-à-dire notre rédemption ? Si l'on n'admet que la nature humaine, ne répudie-t-on pas la nature divine”? Qu'ils nous disent donc laquelle des deux natures a perdu ses propriétés. Car si l’on proclame l'unité, il faut nécessairement que le caractère de l'unité soit conservé, sinon on n'aurait plus l’unitémais la confusion et la destruction.
Et un peu plus loin (4) : Fuyons ceux qui divisent, quand bien même ils reconnaîtraient deux natures, car elles existent
(1) Au 1v° siècle. — Quelques mots de ce passage sont conservés chez Léonce de Jérusalem : "Eva vièv, 000 otoswv tafnrñc te «ai amabodc. Maï, VII p. 155.
(2) Mort en 407.
(3) Chez Migne, Patrol. Grecque, t. LI, col. 759.
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Une partie de ce texte est chez Léonce de Jérusalem. Maï, t. VIX, p. 130.
(4) Jbid., col. 760. Péywuey robe Gtupobvrus. Et yap xai dir à qUots, &AV oÙv àduaipetos aa &diéonactos h Évwots, fiv év Évè T@ Ts ViOTNTOs OLo}OYOUUEV TPOGORY LA LUI droctéoe. Ce texte est aussi chez Léonce de Jérusalem. Maï, t. VIT, p. 129.
sans division ni scission, et nous proclamons l'unité dans une personne créatrice et dans une substance. Li |
Du méme, un peu plus loin (1): Fuyons ceux qui ont la folie de proclamer une nature après l'unité, car par la pensée de l'unité ils sont portés à imposer des souffrances à Dieu qui ne souffre pas.
Du méme, dans son discours sur le baptéme de Notre-Seigneur et sa tentation par Satan : Aussi les anges quittent le cielet lui apportent des louanges, la terre l’exalte (8) et le Saint- Esprit sous la forme d'une colombe plane au-dessus de la tête du Fils et sanctifie la nature humaine qui est mise dans la personne du Fils; et la voix du Père se fait entendre et dit : « Voici mon Fils chéri dans lequel je me suis complu. » Dieu le Père s’est complu en vérité dans la nature humaine qui est mise dans la personne du Verbe, et j'ai compris ici exactement le mystère, car ici la Sainte Trinité est en évidence : le Fils qui est baptisé, le Saint-Esprit qui plane, et la voix du Père qui insiste et dit : « Celui-ci est mon Fils chéri dans lequel je me suis complu. » On remarquera que la parole du Père a deux parties, car le Fils ayant deux natures, l’une divine et l’autre humaine, la phrase qui le concerne a aussi deux parties; les mots : Voici mon Fils chéri indiquent son éternité, et dans lequel je me suis complu ont trait à la nature humaine qui est unie dans la personne. Et que les adversaires de Dieu ne grincent pas ici des dents, car nous ne reconnaissons pas deux Fils, ou deux Messies, ou deux Dieux, mais un seul Seigneur Jésus-Christ.
Du méme, dans son discours sur l’Ascension de Notre- Seigneur (2): De quelles paroles me servirai-je et quels mots proférerai-je, je n'en sais rien ? Cette nature très vile, cette nature méprisable qui était en dessous de tout, a tout vaincu et est montée au-dessus de tout; aujourd'hui elle a été placée au-dessus de tout, aujourd’hui les anges ont reçu ce que depuis longtemps
(1) Zbid. PÜyeopev robe piav quarv perd Tv Évwaiv reparevouévouc. 1% Yan Tic us énivoix T@ dralet 0sG ndlos rpocdnretv metyovrou.
(2) Chez Migne, P. G., t. L, col. 448. Is tro; rè laow; nôs Elevéyxe To Éñua Toto; À EÜots À EÙTE MC, À TAVTHV ÊGUVETWOTÉPE, TÉVTWV GVHTÉPA YÉYOVE cpLEpOV. Zuepov amÉlaGov &YyEhot, 6 rdha Éxbfouv: sÂpepo eldov &pydyyedot, 6 rédar ÉreUpLouy, Tv CAN Tv Apetépav &md Toù Üpovou, &orpérrovoav Toù fBaotxo, Don xai xédder otl)Éoucay alavatu.
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ils attendaient et désiraient voir, aujourd'hui les archanges purent être spectateurs de ce qu'ils attendaient depuis long:temps, ils virent notre nature resplendir sur le siège du roi dans une gloire immortelle.
De saint Severianus, évéque de Gabala (1), dans son discours sur la Nativité de Notre-Seigneur selon la chair : L'humanité de Notre-Seigneur n'est pas venue accroître sa divinité, car cette nature n’admet pas d'augmentation, elle n'augmente ni ne diminue en rien, mais demeure absolument telle qu'elle est, elle n’a pas pris un corps parce qu'elle en avait besoin, mais parce que cela lui a plu. Donc celle qui a pris et celle qui a été prise ne forment qu’une personne. Ainsi quand nous disons Père, Fils et Saint-Esprit, nous proclamons trois personnes, mais nous annonçons et confessons une seule nature, de même lorsque nous disons divinité et humanité (9) nous proclamons deux natures et confessons une personne. (I n'y à dans la Trinité qu’) un Fils, une volonté, un pouvoir, un gouvernement et une adoration (2); quand nous prions le Père, le Fils est prié avec lui, et quand nous louons le Fils, le Saint-Esprit est aussi loué. De même dans l'opération, le Père veut, le Saint-Esprit exécute, le Fils termine, mais ils ne sont qu'un en tout, car leur nature est une, la Trinité est conservée par la distinction des personnes. La foi que nous prêchons est une; que Dieu daigne l’admettre près de lui, et que ses miséricordes soient sur nous tous. Ainsi soit-il.
De saint Proclus, évêque de Constantinople (3), dans son discours sur la Nativité de Notre-Seigneur selon la chair (4) :
(1) Contemporain et rival de S. Jean Chrysostome. Un de ses discours est imprimé chez Migne : Patrol. grecque, t. LXII, pp. 531 et536; t. LVI, col. 429, etc. Ces discours furent attribués à S. Jean Chrysostome. Voir sur Sévérianus, Migne, P. G., t. LXV, col. 10, et l'introduction ci-dessus.
(2) Comme nous l'avons déjà dit dans l'introduction, en rapportant cette dernière phrase à ce qui précède, c’est-à-dire au Fils, nous rendrions Severianus monothélite. Or cet ami, puis ce rival de saint Jean Chrysostome vivait bien avant ces questions de monothélisme (et même de monophysisme) et personne né l’a jamais accusé d’avoir professé cette erreur. Assémani supposait donc ce passage interpolé. Jusqu'à ce qu’on ait la preuve de cette interpolation, il suffira de rattacher cette phrase à ce qui suit, c’est-à-dire à la Trinité, comme nous avons fait, pour qu’elle n’offre qu’un sens orthodoxe.
(3) Patriarche de 434 à 446.
(4) Le texte grec de ce discours est perdu. Il en reste une traduction syriaque et on en trouvera la traduction latine chez Migne, P. G., t. G5, col. 846.
Messie, l'humanité et la divinité qui ne forment q Jésus-Christ, fils unique. 50
De saint Cyrille, évêque d'Alexandrie (1), dans le tro: tome contre Nestorius : Ce n’est pas parce qu’il nous
nature divine et une forme incorruptible, il ne s'ensuit pas que nous devions en exiger autant de l'homme. Il faut remarquer qu'il est Dieu en même temps qu'homme et qu'avec le nature et la perfection divine, il n'en est pas moins homme, car il possède les deux natures, il est Dieu et l'homme Emmanuel. |
Du même, dans son commentaire de Jean l'Évangéliste, 4 livre IT, chapitre VI (2) : Comme il avait pris la livrée du serviteur et qu'il était homme puisqu'il était né à la chair, le Verbe n'usait pas toujours dans sa parole de la liberté et de l'autorité qui conviennent à Dieu. Bien plus, il lui arrivait de se servir de cette dispensation dans les choses communes à Dieu et à l’homme. Car il était l'un et l’autre.
Du même, dans (ses lettres) à Xiste, évêque de Rome, successeur de Célestin (3) : Je reconnais et la nature du Verbe Dieu qui est impassible et immuable (10) et la nature humaine qui est passible, et le Messie qui est un dans les deux (natures) et avec les deux.
Du même, dans sa lettre à Eulogius (4) : Quand on parle de ;
(1) Mort en 4H.
(2) Migne, P. G., t. LXXII, col. 358. "Qc yäp Hôn thv tod Sobhou mopphvrenteciwevos Là ro évwÜrvar cœpxi, oÙx Ekeubépav, odOÈ àveruévnv mavrekds els Beomperñ ragünaia Étoteito TV duxksEiv éxpñro GÈ pLä&Xkov Touadtn O0 oixovouiav Éc0' dre, fnep àv rpérot 0eG re OWoù koi avbpomw. Kai yap y dVTES xATX TAUTOV AUPOTEPA. | 4
(3) Ce fragment est chez Migne, P.G.,t. LXX VII, col. 285 : otôa Gè nai arf tv toù Oeod gÜatv ua GTpentov xai aval olwTov, rai Tÿ Thc avbpwméTnTos pÜoet, xai Eva Èv uTotv, xai 6 aupoïv, Tôv Xprotôv. Ce texte édité par Maï, d'après une citation de Léonce de Jérusalem, s'éloigne plus de Poriginal que celui de Jean Maron. Cf. Maï, VIE, p. 1 Chez Maï on trouve loÿotov au lieu de Xiste.
(4) Migne, P. G.,t. LXX VII, col. 225. "Oro oùp Évwats dvoudtetas, oÙx Évèc TEGYULATOS Gnuaiverar aÜvoas, Crvu À db, à TAclovewy, za duapépwv Mot xATY TAY oUotv, cité chez Léonce de Jérusalem, Maï, t. VII, p. 126.
l'unité, ce n'est pas une seule chose qui est unifiée, mais deux ou plusieurs de nature différente.
Du même, contre ceux qui ne placent qu'une nature composée dans le Messie, dans l'ouvrage qu'il fit contre les monophysites : Je n'admets pas le mélange, qui est contraire à la foi apostolique et à la tradition orthodoxe, car le mélange établit une confusion dans les natures, mais l'unité ineffable de ces deux natures, quand elle est bien confessée, les conserve sans confusion, et forme avec les deux une seule nature incarnée (1), qui est le Messie visible, Dieu et homme simultanément.
Du même, dans son discours à Secundus sur l’âme et le corps : Si nous cherchons une démonstration dans le composé qui nous constitue, nous autres hommes, nous sommes Composés de l'âme et du corps et nous voyons en nous deux natures, l’une de l'âme et l’autre du corps; et parce que nous sommes composés de deux natures, nous sommes Join d’être deux hommes, mais un seul composé, comme je l’ai dit, formé de l’âme et du corps, et non une destruction des deux.
Chapitre pour montrer que par wne nature du Verbe incarné, les Saints Pères entendent deux natures, car par incarné ils annoncent et reconnaissent une nature.
De saint Cyrille d'Alexandrie, dans son commentaire sur l’épitre aux Hébreux (2) : Notre-Seigneur Jésus-Christ est un, et qu’on ne croie pas le Verbe distinct de lui, après la génération corporelle de la Sainte Vierge : la chair ne répugne pas non plus à l'unité avec le Verbe de Dieu, car bien que nous conservions deux natures différentes et inégales qui tendent simultanément à l'unité, je veux dire la chair et Dieu le Verbe, il n'y a néanmoins qu'un Fils formé avec les deux. L'une, animée par une âme rationnelle, est vraiment le temple qui unifie Dieu le Verbe. Et quand nous disons que la chair est unifiée dans la personne du Verbe unique de Dieu le Père, nous ne voulons pas dire qu'il s’est opéré une confusion des deux na-
(1) Les mots une nature incarnée indiquent deux natures. Voir le chapitre cidessous.
(2) Ce passage manque parmi les fragments conservés du commentaire de Cyrille sur l’Épitre aux Hébreux.
tures l'une dans datée Ps she “était, mais nous entendons que le Ver chair (14).
. Du même, dans la lettre dl Eulogius déjà
beaucoup de choses que nous professons nous nt les Ariens disent que Dieu est le Père de l'univers et né pas pour cela qu'il faut fuir leur confession [mais ils ne diront pas : le père qui possède tout]. De même, Nestorius varil > de deux natures quand il marque la différence de la chair et 4 de Dieu le Verbe. Devons-nous le nier? la nature de Dieu
le Verbe est bien différente de celle de la chair, mais ils ne confessent pas l'unité avec nous; et nous, par contre, nous confessons un Messie, un Fils, un Seigneur, C ’est-à-dire l'unité de Dieu le Verbe qui s’est incarné.
Du méme, dans le commentaire déjà cité de l'Évangile 4 Jean au livre quatre (2) : Il y a lieu de s'étonner de ce que l’évangéliste saint Jean proclame clairement que le Verbe s'est fait chair, il ne dit pas qu'il fut dans la chair, mais qu'il fut chair, et cela pour montrer l'unité. Nous ne dirons pas non plus que le Verbe qui vient de Dieu le Père a été changéen la nature de la chair ni que la chair fut changée en la nature du Verbe, car chacun demeure ce qu'il était naturellement.
Du méme : Il est écrit : « Où le fils des libres est-il parmi les morts? » Comme il ne mourut pas lui-même, nous dirons qu'il mourut selon la chair et nous dirons qu'il supporta cela non pas en dehors de la chair, mais en elle surtout; et il re-
(1) Migne, P. G., t. LXX VII, col. 225. Xon Oë vote weupomévotc Exetvo Aéyetv* Gte où mévra, Ga Aëyououv où œipetuxot, pebyev al mapauteiobar yph mod yap épohoyobouwv dy xai ÂUEts Ouoloyoïpev. Olov, of ’Aperavot Gray Aéywat rèv matépa, ôtL Onuuoupyés ÉaTL Ty Glwv xai Küptos, ph Ôtù Tobro pedyery fuäs &xéloulov Taûtas Tac épodoyias; oÙtw Ha mi Nectopiou: yàv Àiyn àdo pÜaete, Thv diapopàv onuaivwy Ts capxos xai Toù Oeoù X6you® Étépa ykp h ToÙ Ayou pÜots, «où Étépa à The après, oÙxétt Tv Évwoty épLohoyet po” Apov. ‘Hueïs yàp Évoouvtes tadra, Eva Xprotdy, Éva vidy, Tov adtoy Évx KÜproy 6po)o- YOÜUEV: al Aoërdv Hiav Toù Oeod got TecapxwmEvnv.
(2) Migne, P. G., t. LXXIIT, col. 580. K&v roûte, dÀ uote Bauuaoar rpoofxet Tùy éyoy edayyshothv « Kai 6 A6Yos Gap Éyévero » Giapphônv dvaxexpayéta® où Yap ÊTL YÉYOVEV Év capui, AN ÜTL YÉYOVE oùpË, où xatevépxnosv eiretv (va deién Tv Évowatv. Kai où Ôñ moÿ Qauev, à Tv x Iarpèç Oedv Aôyov els rhv This après ueraremotcar of, HyoUv Ty cépaa LeTaywpiont mpôs Abyoy: péver yap ÉxdTEpOV, OÜmep Éori th pce.
ŒUVRES DE JEAN MARON. a
vêtit avec elle la gloire divine, car il mourut et ressuscita selon la loi de la chair et dans notre nature.
De S. Mar Jacques de Batnan de Saroug (1), dans le discours qu'il prononça sur Lazare des quatre jours (2) : Marie dit : « Je crois, Seigneur, que tu es le Messie qui vient et viendra en grande gloire avec ton père. Je crois, Seigneur, que tu n'as pas de père parmi les mortels ni de mère dans le ciel. (Comment un seul fils peut-il avoir deux pères? Elle savait que Joseph était son père putatif!) Je crois, Seigneur, que tu as formé le premier Adam, et le vieillard Siméon te louait dans le saint Temple. Je crois, Seigneur, que tu as deux natures, l’une venant d'en haut et l’autre (12) du genre humain. Tu as la nature spirituelle du père et la nature corporelle de la fille de David, l’une venant du Père et l’autre de Marie sans division, l’une de l’esprit et l’autre du corps sans fraude. Je crois, Seigneur, que le Père n'est pas plus ancien que toi et tu peux direavec confiance que tu es plus ancien que celle qui t'a engendré. »
Du méme, sur l'Église et les détracteurs (3) : La jeune fille, principe de l'Église, vint en jugement avec les détracteurs (4), et peu après il dit : Je proclame deux interprétations en Emmanuel : il est en vérité à la fois Dieu et homme, car nous lui voyons notre nature et Dieu annonce sa divinité sans division. Emmanuel est homme et Dieu avec nous, non comme un mélange des deux, mais comme parfait des deux côtés.
Du même, dans son discours sur le jeûne de Notre-Seigneur et sur la tentation du malin (5) : I avait faim providentiellement et naturellement, et les deux choses avaient une cause
(1) Mort en 521. |
(2) Allusion à quatriduanus est enim. S.Jean Chrysostome a fait deux homélies sur le même sujet: èn quatriduanum Lazarum; Migne, P. G.,t. XLVIIL, col.779, et L, col. 641. s |
(3) Assémani, B. O., I, p. 516, écrit : Discours sur l’Église et les chercheurs (scrutatores).
(4) Dans le ms. 117 du Vatican, fol.9, il y à une homélie analogue dont le titre (le premier vers) est : DS FLY Fsoïr pas JURY Je.
La citation que fait Maron ne s’y trouve pas. L’a-t-on supprimée? Voir ci-dessous les altérations du texte de S. Ephrem.
(5) Cediscoursexisteau Vatican, ms. n° 118, fol.91-96. Mer Graffin, qui prépare une édition complète des œuvres de Jacques de Saroug, m'en montra une transcription et
une photographie. por Lis Se ræslls est remplacé, dans le manuscrit du Vatican,
par pl Ras 0 paakilr
fille de David. 17100
De Mar Ephrem le Syrien 15 das son nel rs Le soleil est l'image de ta grandeur, la lune est le : ton humanité. Les deux natures qui étaient cachée Seigneur, (se sépareront enfin sur ta croix).
De Mar Ephrem, dans son discours sur Notre-Seigneur La grâce a atteint les bouches blasphématrices et les a chan 4 en instruments de louange.
El un peu plus loin : Considère l humilité de Notre-Seigneur depuis la crèche jusqu'au tombeau et vois qu'elle ne le quitta plus et que sa grandeur fut changée en petitesse, et son élévation en humilité; tandis que son humanité était visible en diverses actions, sa divinité apparaissait dans de remarquables prodiges, afin que l’on connût qu'il n'y avait pas une nature, mais deux. Il n’y avait pas seulement la nature humble ou la nature sublime, mais bien les deux; l’humble et la sublime étaient réunies l’une à l’autre. Ces deux natures montrèrent
(1) Mort en 379.
(2) Édité par M# Lamy (Sancti Ephraem Syri Hymni et Sermones, t. L. Cf. pp. 174 et 223) d’après un ms. du Brit. Mus., add. 14.570, écrit au v° ou au ve siècle, Il y à un certain nombre de variantes entre les deux textes. Voici celui qu'eis Me Lamy : pauñaso Jy15 (ouf Lao Fis, Do Hoëad Ass Jlasuy.
Hasi Nylo où ua Lab ujeo : Jisoù fox Fsiso Go (07 Glanuadad ER oral olo\ : Log Lslso Ji ausso és > Oasis FAR Hal .os3ae Esoiscoio Gloiasps Joo +» Joo [I : Joo xfo (oohias Fe 0% 0% Jon Sp r Lo ESS Jhuïss (sic) JLolks Aa gil Ïl -corrauXs phoisoiso fius 501 flo] coran flasso Joo Htas ja Joo D &5l pl CHNSARE Ko Lis (oobil Ho No aus foi .000 Re pus per (SIC) sais : JA 00 pe? ka λ AO00MIMS Jlass Lo NUL : 1 oo Jake) > l 000 Rav D0
Jo No Joo Fe? 00 ias No Joo R5ly Sp? ÿl -KJ8es Joos &ilr oo J'ajoute que le texte de J. M. alasls est préférable à Las, car il faut un mot qui fasse pendant à Loan. De même le texte 19 lo re as que donne Jean Maron est préférable à celui de Me Lamy, car ce dernier change le sujet. Chez Jean Maron, le sujet est partout la nature. Chez M£' Lamy, c'est Notre-Seigneur au commencement et la nature à la fin. Voici, en effet, le mot à mot: « afin que l’on connût que cet Un (Notre-Seigneur) qui se tenait entre eux (?) n’était pas un, mais deux, car il n’y avait pas seulement la nature humble ni la nature élevée seule, mais les natures étaient deux, mélangées, etc. ».— J'ai développé cette remarqué, parce qu’elle nous montre comment, grâce à d’intelligentes retouches, $. Ephrem put fournir des armes aux jacobites comme aux catholiques. C’est là une difficulté sérieuse pour qui veut donner une édition deses œuvres.
leurs particularités, afin que personne, d’après les particularités des deux, ne pensât que celui-ci qui était double à cause de l'union était simplement un, mais bien que celui qui est un par essence est double à cause de l'union. :
Du méme Mar Ephrem, dans l'hymne sur la naissance de Notre-Seigneur, où il montre les natures divine et humaine : Elle le glorifia sur la montagne où elle apparut au dehors. Elle l’obscurcit sur le bois où elle se cacha (13). Il fut glorifié sur la montagne, elle montra sa nature, il prit l'apparence des morts et montra encore sa nature, celle que les animaux ne virent pas et que les anges ne peuvent regarder.
Du même Mar Ephrem, dans le symbole de la foi : Quin'’admirera pas la diversité de tes changements? le corps cachait l'éclat naturel de la puissance, les vêtements cachaïent la nature humble, le pain cachait le feu qui y était.
Du discours du docteur Isaac, sur le symbole de la foi : Il n'était pas seulement un corps simple ; mais une âme, un corps et une essence formaient une seule personne; non pas une nature simple, mais une personne simple. Si l'on recherche les natures, on trouve qu'il y en a deux, l’une élevée venant du ciel, et l’autre inférieure venant de la terre; celle qui vient de laterre est connue, celle qui vient d'en haut est cachée; les deux ne forment qu'une personne, celle qui est cachée est unie à celle qui est visible. |
Discours de Mar Isaac le second, sur le char d’Ezéchiel : Pour établir la vérité, le char nous donne une image remarquable. Dans ce symbole mytérieux, il y a une personne et deux figures, l’une humble et l’autre forte. Le prophète vit une substance en deux modes qui étonne les yeux du spectateur : une moitié est le feu qui dévore, l’autre moitié une clarté moyenne. De son dos et au-dessus c'était un feu dévorant, de son dos et au-dessous il ressemblait à l'arc des nuages. C’est le Messie qui apparut mystérieusement dans ce char, sa divinité et son humanité sont visibles : les deux figures que l’on voit ne forment qu'une substance, deux natures ne forment qu'un Sauveur. Dans le char on trouve son image mystérieuse, dans son évangile on trouve sa vérité et sa justice, on trouve son ombre dans le char et son corps dans l'Évangile.
Du méme, dans son discours sur l’Incarnation de Notre-
Seigneur : Que l'on ferme la bouche hér corps de notre Sauveur. S'il n'avait pas rev quoi aurait-il été à la circoncision? qui pe feu? qui peut revêtir un esprit? s’il n'a pas pris une nature vile et faible, s'il n’a pas deux natures compter le huitième jour? Ce calcul du huitième jour f bouche de l'hérétique.
Du méme, un peu plus loin : Celui qui est seul et qui est € dans une substance; Celui qui descend avec une nature etr monte avec deux natures unies; Celui qui descend en espri et monte en corps et en esprit ne peut être connu (14%) du sophiste ni compris de l’insensé (qui prône) une nature simp e. Il revêtit une nature créée, œuvre de ses mains. Gloire à lui et que ses bénédictions soient sur nous en tout temps.
De saint Isidore, prétre de Péluse (1), dans sa lettre au diacre Théodore : Il est impossible d'employer une démonstration naturelle quand nous recherchons ce qui surpasse la nature, bien que le Verbe de Dieu ait été chair en vérité; cependant le Messie qui s’incarna n'était pas un simple homme, il était surtout Dieu, et, en deux natures, il est le Fils unique de Dieu. |
Du même, dans sa lettre au lecteur Timothée (2) : Garde ton cœur avec grand soin et n'accepte jamais une seule nature dans le Messie après l'Incarnation. Car la profession d’une seule nature entraîne l’une de ces deux conséquences : ou bien Dieu a été changé ou bien l'homme s’est évanoui, ce qui est la mauvaise opinion de Manès qui veut jeter tout homme au feu (éternel).
Du même, dans sa lettre à Théophile (3) : En vérité c'était un homme et en toute justice c'était un Dieu, il doit être adoré dans les deux natures.
De Saint Justin, philosophe et martyr, qui était de Néapo-
(1) Mort vers 440, Une partie de cette citation est donnée par Léonce de Jérusalem, Maï, t. VII, p.135. Ipès Oeodéotov diéxovov : « OÙ Wu: avbpwnos 6 Xototdc évay- Opwrhouc, LAAOV GÀ Oeds Ev Éxatépars Tate pÜoeoiv els Ümépyer IG. »
(2) Livre I, lettre cu, chez Migne, P. G., t. LXXVIIL, col. 252. Le texte de Jean Maron confirme la version donnée en note par Migne : pitws uéay Xpiotod DÜauv per thv.… qui est celle de Léonce de Jérusalem, Maï, t. NI p 4194
(3) Livre [, lettre xxm chez Migne, P. G., t. LXXVIIL, col. 196. Il faut encore prendre la version donnée en note : èv dupotépars taïc o0ceouv.
lis, dans le chapitre dix-huit de son discours sur la foi (1) : De même que l’homme est un, et a cependant deux natures différentes, dont l'une pense et l’autre accomplit ce que la première a pensé, ainsi l'âme intelligente songe à la construction d'un navire, puis elle amène peu à peu (2) à terme ce qu'elle a pensé; de même il y à un Fils et deux natures : (par l’une il fait des prodiges), par l'autre il souffre des humiliations. En tant qu'il vient du Père et qu'il est Dieu, il fait des prodiges; en tant qu'il vient de la Vierge et qu'il est homme, il supporte volontairement, d'après sa nature, le crucifiement, les souffrances, et autres choses analogues. Si l'on pousse l'exemple jusqu'ici, il nous donne une image fidèle; mais si l’on compare, du tout au tout, les différences...
De Grégoire, frère de Mar Basile, dans la lettre qu'il envoya au moine Philippe sur l’objection que nous font les Ariens (3) : Puisque Dieu nous y pousse, nous ajouterons brièvement ce qui suit : Le Fils est passible d’après sa nature; si on dit qu'il l'est d’après sa nature (15) divine, ce qui est impossible, on peut leur appliquer les paroles du vénérable Séleucus (cfp.7);s'ilest passible d'après sa nature humaine, ilsera impassible d'après sa nature divine, comme les fidèles le proclament. Ainsi la nature de même essence ne reçoit aucune atteinte, car nous ne disons pas que la divinité et la chair ne forment qu'une nature comme l'affirment follement ceux qui (confondent) les essences, mais que celui qui reçoit la souffrance et ne souffre pas est double sous divers points de vue. Nous résoudrons
® (1) Expositio rectæ confessionis, chez Migne, P. G.,t. VI, p. 1226. Le véritable titre serait, on le voit : Expositio fidei (Exec: mictewc) comme le portent certains mss. qui tous attribuent cet ouvrage à $S. Justin. Robert Étienne l'édita donc parmi les œuvres de ce saint. Mais depuis, Michel Lequien trouva que l’ouvrage favorisait les Nestoriens, surtout par certaine comparaison où il s’agit du soleil (v. Migne, Loco cüitato, p. 1203). Il l’attribua donc à Nestorius, et M. Migne, sans partager son avis cependant, mit ce traité parmi les opera spuria de saint Justin. La présente publication montre qu’au vu* siècle, on ne doutait pas de son authenticité. La division de l'ouvrage qui servit à Jean Maron ressemble à celle du ms. de Clermont qui multiplia les chapitres (v. Migne, loco citato, p. 1206). Ce passage est aussi chez Léonce de Jérusalem (Maï, VI, p. 130), à l'exception de la phrase où il est question du navire et de la fin du texte.
(2) IL faut lire : à l’aide des mains.
(3) Sur l’objection des Ariens contre les catholiques. C’est la même que la lettre a Olympius, dit Assémani, B. O., t. I, p. 516. Cependant elle porte chez Léonce de Jérusalem le même titre que chez Jean Maron.
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aussi cette seconde OP re reconn:
rence de personnes, c'est-à-dire de substances; sans in de confusion de personnes comme Séleucas Men : que la Trinité sainte a une seule essence qui ne re mentation ni diminution : le Père ne précède pas le | lui est égal en tout, excepté comme cause. Dès maintenant q l'on ne se préoccupe pas si le Père a cessé d'être Père Fils a cessé d'être Fils, car si le Père a toujours existé pe. dx Fils a toujours existé, il est évident que le Père, le Fils et le Saint-Esprit n’ont qu'un être et une essence, bien que le Fils ; ait pris, à cause de nous, une nature créée. Celui-ci seul, à cause de.son incarnation, participe aux natures créée et incréée, mortelle et immortelle, finie et infinie. Et ce n’est pas parce qu'il se fit homme dans les derniers temps qu'il cessa d'être Dieu et perdit l'égalité d'essence avec son vrai père; voici, en effet, la parole de Notre-Seigneur : « Moi et mon Père, nous sommes un; je suis en mon Père, et mon Père est en moi, etc. » Si l’on reproche au Fils sa création, son humilité, sa mission et autres choses semblables, il faut savoir que tout cela est dit de la chair et n'empêche pas le Fils d’avoir toujours même essence que le Père, bien que certains l’aient nié. En tant que Fils uni à la chair, il a même essence que le Père et lui est identique : il en diffère cependant, mais à un autre point de vue. Qui, parmi ceux qui pensent bien, ne sait pas que tout ce qui se ressemble a sa source dans une essence unique et que toutes les choses différentes qui se trouvent dans le même être ont leur source dans des essences opposées ? Bien que tous deux ne fassent qu'un dans une unité ineffable et inexprimable, il n'y a pas unité de nature, je parle de la confusion; la divinité est toute différente du corps. Le Messie a deux natures, on le connait ainsi en toute vérité, et il a une personne unique comme fils (1); ainsi il garde sans confusion et sans division le changement du Verbe et de la chair animée et ainsi le Verbe conserve
(1) Les dernières phrases sont citées par Léonce de Jérusalem sous le titre : l'onyopiou Nücons rpùç Pilirrov povdkovra mepl rod Tov éperavov àvribéoeuws, fc À ay, h kauia YÉVMUX Éott Luy. |
Voici la citation : Käv yap &pfñte xai dopéorw Evcer Tà cuvauvpérepa Ev, &aN où Th qÜaer, dx To oÛy{UTOv pui Étepov yap Tù Oelov Tapà Td coua, Émelcaxtov yép. à voivuv Xprords Ôbo brapywy œÜcetc, xai êv adtaïs &An0Sc YYwWOtSOUEVOS, povaÎrxdv Tpôcwrov, &oÿyyutrov Opws. Maï, t. VII, p. 131.
ses propriétés sans aucune atteinte (16). Nous avons écrit ces quelques mots pour reprendre ceux de Seleucus qui manquent (de foi), et pour votre instruction et celle des amis de la vérité. Je
vous demande de garder constamment votre esprit de l'erreur.
De Saint Proclus, évéque de Constantinople, dans son discours sur la mère de Dieu incarné : Le même est vrai Dieu et vrai homme, de même essence que le Père en ce qu'il est, et de
. même race que moi en ce qu'elle est, excepté le péché; il a la nature divine et incréée, il m'a emprunté (ma nature) sans ses désavantages; il est un seul fils; les natures ne sont pas séparées en deux personnes, comme le dit Nestorius, mais une mystérieuse Providence unit les deux natures sans confusion en une personne (1).
De Saint Ambroise, évéque de Milan, dans son discours sur l'explication de la foi (2) : Ceux qui font du Messie un
. homme simple, ou de Dieu le Verbe un être passible, (et disent) qu'ilse changea en chair, ou qu’il a même essence que le corps, ou qu'il apporta ce corps du ciel; ou que Dieu le Verbe était mortel et avait besoin que le Père le ressuscitàt, ou qu'il prît un corps sans âme ou une àme sans intelligence, ou que les deux essences du Messie forment comme un mélange ou ne forment qu'une essence unique; enfin ceux qui ne confessent pas avec nous que Notre-Seigneur Jésus-Christ a deux natures sans confusion et une seule personne, parce qu'il n'y a qu'un Messie et qu'un Fils, tous ceux-là sont maudits par la Sainte Église Catholique Apostolique.
De Mar Isaac le Syrien, disciple de Mar Ephrem le Syrien (3), dans son discours sur la foi orthodoxe : Ce qui
(1) La fin est citée par Léonce de Jérusalem : Kai Éoriv efs vos, où t@iv pÜsewv ic OVa brootéoetc GimonuÉvEv, dAÂG TE ppuxts oixovouias tas ÔUo Uoets els iav drootactry évwcéonc. Maï, t. VII, p. 134.
(2) 11 y a quelques divergences entrele texte de Jean Maron et le texte parallèle suivant : Toù &yiou Au6pociou érisxérou Meûtohdvwv x tic Épunvelas Toÿ dyiou cup66)ov : « Mode dË Ayovras (uerà Ta iv pécuw tivà) Tac qÜoers tob XptoTob xatà Gvdrpaoty cUYyvfetouc pay eivar oÜouv, xat A OLoOhOYOÜVTES Tèv AVetov qu@v ’Incodv Xprorèv dbo Éyerv oboeis aouy/Vrouc, Ev dë tpécwmov, 2407 à nai els xÜpuos, ToËTous dvabenartitet à xxboxn 4aù aroctohxà éxxnota. » Maï, t. VII, p. 131.
(3) Jacques d’Édesse (addit. ms. 12.172, fol. 123) nous aprend qu’il y eut trois docteurs Isaac, dont deux orthodoxes et un Chalcédonien. Le premier, prêtre d'Amid, disciple d’'Ephrem, alla à Rome sous Arcadius. C'est de celui-là qu’il est question ici. — Le second, prêtre d'Édesse vivait sous Zénon. — Le troisième vi-
mourut, ; ce ressuscita ce qui était mort, car la divinit laissa pas le corps dans la souffrance. L'intelli le corps, dans le tombeau et dans l'univers, mais 1 comme l'âme qui vivait en lui, car l'âme y était e et quitta le corps après le cri (à la fin de la passion); mais qui enferma l'âme était dans le corps quand il mourut; | qui sortit du corps, n'y existait plus dans le tombeau,
l'essence qui était à l’intérieur du corps ne le quitta pas.