‹ Opuscules philosophiques, pub. avec une vie de PascalChapitre 45 sur 47 · A la comparaison du diao^^w · texte numérisé non relu

A la comparaison du diao^^w

Pascal ajoute celle des h^^v utiles, puis celle d'un nœud ^ ^^ sieurs bouts, puis celle de -4^^^' breux chemins différents, soVv ^"^''

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DE LART DE PERSUADER

même chose et davantage, sans prendre garde que ce présent perdait son prix par son abondance et qu'il ôtait en ajoutant.

Rien n'est plus commun que les bonnes choses : il n'est question que de les discerner; et il est certain qu'elles sont toutes naturelles et à notre portée et même connues de tout le monde. Mais on ne sait pas les distinguer. Ceci est universel. Ce n'est pas dans les choses extraordinaires et bizarres que se trouve l'excellence de quelque genre que ce soit. On s'élève pour y arriver, et on s'en éloigne : il faut le plus souvent s'abaisser. Les meilleurs livres sont ceux que ceux qui les lisent croient qu'ils auraient pu faire. La nature, qui seule est bonne, est toute familière et commune*.

Je ne fais donc pas de doute que ces règles, étant les véritables, ne doivent être simples, naïves, naturelles, comme elles le sont. Ce n'est pas barbara et baralipton qui forment le raisonnement*. 11 ne faut pas guinder l'esprit; les manières tendues et [pénibles le remplissent d'une

1. Pascal a dit ailleurs : « Il faut de V agréable et du réel; mais il faut que cet agréable soit luimême pris du vrai. » (Pensées ^ art. VII, 27.) Et encore : « Les hommes ont pris plaisir à se fornher une idée de V agréable si élevée^ que personne n'y peut atteindre. Jugeons-en mieua;, et di' sons que ce n'est que le naturel^ avec une facilité et une vivacité d'esprit qui surprennent. » (Disc, sur les passions de Vamour.) Enfin « V agréable et le beau n'est que la même chose ». (Ib.)

2. Les logiciens de Port-Royal donnent cependant une place dans

' Art de penser k ces mots bi-

zarres : « On n''a pas cru^ disentils, devoir s'arrêter au dégoUt de quelques personnes qui ont en horreur certains termes artificiels qu'on a formas pour retenir plus facilement les diverses manières de raisonner, comme si c'étaient des mots de magie^ et qui font souvent des railleries assez froides sur baroco et 6aralipton^ com,me tenant du caraO'^ tère du pédant.... Il n'y a rien de ridicule dans ces termes, pourvu qu'on n'en fasse pas un trop grand m,ystère; el que, comme ils n'ont été faits que pour soula^ ger la m>émoire, on ne veuille pas les faire passer dans l'usage or-

DE L ART DE PERSUADER

sotte présomption par une élévation étrangère et par une enflure vaine et ridicule, au lieu d'une nourriture solide et vigoureuse *. Et Tune des raisons principales qui éloignent autant ceux qui entrent dans ces connaissances, du véritable chemin qu'ils doivent suivre, est l'imagination qu'on prend d'abord que les bonnes choses sont inaccessibles, en leur donnant le nom de grandes, hautes, élevées, sublimes. Gela perd tout. Je voudrais les nommer basses, communes, familières : ces noms-là leur conviennent mieux; je hais ces mots d'enflure...*.

dinairef et dire, par exemple, qu'ion va faire un argument en bocardo ou en felapton, ce qui serait en effet très ridicule. »

(Premier discours.) — Ici Pascal se souvient de Montaigne, Essais, liv. I, c. XXV, et liv. III, c. v.

1, a Guinder Tesprit,... manières tendues et pénibles,.., élévation étrangère. » Première métaphore continuée. Puis une seconde : « enflwe, au lieu d'une nourriture....-»

2. Ce sont les règles empruntées à la géométrie que Pascal regarde comme si natureUes, si communes même et si fcrniilières. Elles Tétaient à son esprit sans doute, mais non pas à tous les autres, ni surtout lorsqu'il s'agit de certains objets. Domat donne ainsi son

avis sur l'usage de la méthode géométrique : «c Et quoiqu'il soit vrai que toutes sortes de matières dont on peut raisonner ou discourir, ne consistent pas en vérités susceptibles de ^évidence ou de la certitude de ceUes de la géo^ métrie, sa méthode ne laisse pas d'y cmoir son usage ; car il est naturel à toute sorte de raison^ nemsnts, de preuves et de discours de toute nature, de commencer par ce qu'il y a de plus clair, de plus facile et de plus certain, et d'observer l'ordre nor iurel de la suite et des liai* sons qu'ont entre elles les choses dont on doit parler. » {Le Droit public, Ht. I, tit. xvii, édit.

1697, des Lois civiles, t. IV, p. 477-478.)

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