RÉPONSE DE M'^^^ HÉLÈNE
Puisque je tiens votre cœur en ma chaîne, Je ne veux pas le laisser échapper j J'ai le projet de le tirer de peine , Et dès demain je dois m'en occuper.
Mais vos huit jours me donnent la migraine : Je ne saurais tant aimer tout d'un 'trait : Accordez-moi pour le moins la quinzaine ; Ce n'est pas trop pour filer le parfait.
Ah ! permettez que Je reprenne haleine ; Je ne pourrais , tant j'ai le cœur ému , Me consoler de toute la semaine , Si, par hasard, vous mouriez im-promptu.
Je veux, errant dans les bois, dans les plaines, A leur école apprendre à soupirer :
Je veux parler aux rochers, aux fontaines, Pour savoir d'eux comment il faut pleurer.
Comme on n'a pas toujours si bonne aubaine, Oui , dès demain je dois m'en occuper : Puisque je tiens votre cœur en ma chaîne , Je ne veux pas le laisser échapper.
autajnt en emporte le vent.
PSous sommes nés pour la sottise :
Un beau matlu que je rêvais, Je fis l'admirable entreprise De vivre en sage désormais.
Depuis cette belle prouesse , J'ai perdu bon sens et liesse ; Adieu, projets, adieu, serment.
Autant en emporte le vent.
Plein de mes sentimens stoïques , Loin du tumulte séducteur, J'embrassai les travaux rustiques , Sûr d'y trouver paix et bonheur.
Mais l'hiver vient , l'ennui me gagne , Je quitte charrue et campagne : Adieu , projets , adieu , serment :
Autant en emporte le vent.
Pour comble , il me prit fantaisie D'abjurer ce sexe charmant.
Qui nous inspire la folie , Qui nous cause tant de tourment.
Tout-à-coup je vois Isabelle , Qui sur moi braque sa prunelle :
Adieu, projets, adieu, serment:
Autant en emporte le vent.
Je jurai bien d'être fidèle Au tendron qui m'avait charmé :
Mais contre une attaque nouvelle Mon cœur ne s'était point armé.
Malgré moi je devins volage j Aux pieds d'Iris voilà mon sage :
Adieu , projets , adieu , serment ; Autant en emporte le vent.
Je renonce aux jeux , à la table , Aux passe-temps des désœuvrés -, J'entretiens commerce agréable Avec artistes et lettrés.
Un ami m'entraîne, je dîne, Je bois , je me bats , me ruine :
Adieu, projets, adieu, serment.
Autant en emporte le vent.
Lors je fus trouver un bon père , Et je lui dis ; Mon révérend.
Tel est mon cas, sans nul mystère.
Mon ami , j'en ai fait autant , Me dit le père avec franchise :
Nous sommes nés pour la sottise :
Ne faisons projets , ni serment ; Autant en emporte le vent.