LES PROGRES DE L'AMOUR
Un jeune cœur vient-il à se connaître?
Sent-il un feu jusqu'alors ignoré ?
De sa tendresse il palpite enivré ^ Et de ce jour croit commencer à naître.
Mais en tyran bientôt l'amour s'érige ; Maître du cœur il captive les sens :
Plus de repos , plus de jeux innocens : Adieu , bonheur , adieu , charmant prestige I
Las de ses fers , veut-on être à soi-même ? 11 n'est plus temps , inutiles regrets : Il faut opter, ou de n'aimer jamais , Ou de brûler sans fin pour ce qu'on aime.