‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 112 sur 116 · HISTOIRE DE BAMBIN · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE BAMBIN

De Bambin je me souviendrai ;

Je saurai son histoire , Aussi long-temps que je Taurai

Présente à la mémoire.

Bambin naquit un certain jour,

L'avant-veille d'un autre, Dans un village ou dans un bourg,

Qui n'est pas loin du nôtre.

Il était d'abord tout petit ,

Mais il grandit bien vite -, En le voyant chacun prédit

Qu'il aurait son mérite.

Il marchait tout seul à quinze ans ,

Prenait sa nourriture 5 A vingt , lisait depuis long-temps

Sa propre signature.

Il cultiva l'art de jouer

Des airs de serinette ; Il sifflait jusqu'à s'enrouer,

Imitait la chouette.

Il mangeait ce qu'il trouvait bon ,

Digérant à merveille ; Aimait le pâté , le jambon ,

Et surtout la bouteille.

( 339) Sa femme et lui furent puceaux,

Durant leur tendre enfance :

Tous deux en paix dans leurs berceaux

Gardant leur innocence.

Ils s'épousèrent une fois ,

Dans la même journée ^ Madame , grosse au bout d'un mois ,

Accoucha dans l'année.

Trop tôt au gré de ses désirs

Bambin fut invalide 5 Car il aimait les doux plaisirs,

Et la chère splendide.

Un dimanche , après son repos ,

Au lever de l'aurore.

Il mourut comme les héros ,

Désirant vivre encore.

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