‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 18 sur 116 · LE BON SENS · texte numérisé non relu

LE BON SENS

SONNET

JuA meilleure morale est celle du bon sens ; Pour obtenir l'estime il est le plus sûr guide : Moins saillant que l'esprit, il est bien plus solide Et ne s'égare point en sophisraes brillans.

S'appuyant sur les faits il avance à pas lents : Toute subtilité se brise à son égide : De tout système faux il démontre le vide : Par lui tout est soumis à l'épreuve du temps.

Ce qui doit le choquer ne peut être durable -,

L'exagération le trouve inexorable :

Il réduit chaque chose à sa juste valeur.

Des folles passions il blâme le délire : L'orgueil philosophique éprouve sa rigueur, Et la vérité seule a sur lui de l'empire.

LAMBITIEUX.

SONNET

Tel est l'ambitieux ; le souci le dévore ; Il sèche , il dépérit , il ne voit rien qu'en noir. Qu'importe ses grands biens ? Il aspire au pouvoir j Et lorsqu'il est au faîte, il veut monter encore.

Le sommeil fuit ses yeux 5 il devance l'aurore. Pour gagner l'antichambre ou ramper au boudoir : Rien n'est sacré pour lui , ni sermens , ni devoir : Il encense humblement l'idole qu'il abhorre.

Débilité par l'âge, au bord de son tombeau. Il conserve la soif de quelque rang nouveau. Enfin l'heure a sonné, la mort saisit sa proie.

Sa dépouille mortelle obtient de vains honneurs j Sous un deuil apparent chacun cache sa joie : La disaprde est bientôt parmi ses successeurs.

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