IMITE DU COMMENCEMENT DE L ODE DUORACE
Justum et tenacem etc.
Ceh:i q«e la nature en sagesse féconde , Doua d'une ame forte et d'un cœur généreux , Inébranlable aux coups du sort capricieux, Franchit comme un torrent cette scène du monde.
Que le ciel en courroux tonne, frappe, confonde Les divers élémens ; qu'en un désert affreux Se changent nos cités , nos palais fastueux ; Il vit sur ces débris dans une paix profonde.
Il contemple sans crainte et d'un œil assuré , Les fureurs d'un tyran , ou d'im peuple égaré : Sa vertu lui suffit, il souffre sans murmure.
Planant sur l'avenir , il reste indifférent
Aux cris des factieux, à leur lâche imposture :
Et sans daigner le voir, foule aux pieds le serpent.
LENFANCE.
SONNET
JLa nature se plaît à prodiguer ses charmes A celui que naguère ont façonné ses mains : De l'être qui prend place au milieu des humains, Tous partagent la joie et les moindres alarmes.
Tout intéresse en lui ^ son sourire , ses larmes 5 Et son regard naïf, et ses pas incertains : Il marche sur des fleurs , tous ses jours sont sereins ; Ses glaces , sa candeur , sont d'invincihles armes.
Ses soucis enfantins sont nuages légers ;
Il vit sans rien prévoir, sans crainte des dangers;
Exempt des passions, du soupçon qui dévore.
Le Ciel a de son cœur pris un soin généreux ; Mais comblé de ses biens , hélas ! il les ignore : C'est plus tard qu'il saura combien il fut heureux.