‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 29 sur 116 · UN NOUVEAU NE · texte numérisé non relu

UN NOUVEAU NE

1e voici parmi les vivans, Nouvel être de qui les charmes, Les sons, les premiers mouvemens.

Font notre joie et nos alarmes.

O toi! fruit du plus tendre amour, Puisses-tu, comblant la tendresse De celle dont tu tiens le jour , Etre l'appui de sa vieillesse !

Que les grâces dans ton berceau De ses traits nous offrent l'image ; Que ses conseils soient ton flambeau, Et ses vertus ton héritage.

Selon son cœur, selon nos vœux, Toujours guidé par la nature, Puisses-tu, constamment heureux, Remplir ta carrière future!

(97 ) Puisse le prix de la santé T'être connu sans maladie !

Parviens exempt d'inlîrmifé Au plus long terme de la vie.

Que dans tes mœurs toujours égal , Ton esprit soit toujours lucide :

Que la raison soit ton fanal , L'éducation ton égide.

Puisse un regard plein de candeur, La gaîlé, l'aimable franchise.

Donner à ton extérieur Un attrait que rien ne déguise !

Puisses-tu trouver des amis Inaltérables dans leur zèle 5 Par l'estime à toi réunis, Auxquels tu sois toujours fidèle I

Puisses-tu par de légers soins.

Par ton travail, par tes études,

Sur l'objet des premiers besoins

Etre af]ranchi d'inquiétudes I

Puisse la médiocrité,

Gage du bonheur de la vie,

Dérober ta sérénité

A la pitié comme à l'envie!

( 9B ) Puisse du brillant des honneurs Ton ame n'être point émue, Et la passion des grandeurs T'ètre pour jamais inconnue .

Puissent tes modestes désirs , Toujours réglés par la sagesse , jN'amener aucuns repentirs , N'exiger aucune bassesse î

Tout peuple a respecté les dieux 5 Il poursuit de sa juste haine , Quiconque ose afficher contre eux Une incrédulité hautaine.

Que la publique opinion Par tes égards soit consacrée -, Que par toi la religion En tous climats soit révérée.

Puissent les dieux te garantir De ces mortels pleins d'égoïsme , Toujours esclaves d'un désir, Et s'honorant d'un vil cynisme !

Pour qui le lien social West qu'un préjugé ridicule; La décence un être idéal , Et le remords un vain scrupule !

(99) Puissent-ils détourner de toi L'intolérance atrabilaire-, Des inquisiteurs de la foi Le fanatisme sanguinaire; L'aveugle superstition, Le monstre de Thypocrisie , Les fauteurs de délation , Les artisans de calomnie !

Qu'ils daignent de tes jeunes aus Long-temps protéger l'innocence , Et d'un nouveau besoin des sens Prolonger l'heureuse ignorance t Que tes premiers vœux soient constans , Pour celle qui les fera naître !

Qu'un doux rapport de senlimens T'ait seul appris à la connaître !

Puisses-tu trouver le bonheur Dans les liens de l'hyménée ; Content de posséder le cœur De celle qui t'est destinée :

Voir prospérer les heureux fruits De ton union conjugale , Et de les soins trouver le prix Dans leur piété filiale !

Veuille le ciel te procurer La faveur d'aider les semblables !

Que tes mains puissent se livrer Aux douceurs d'être secourables :

Puisse un noble instinct te porter Au vif amour de la patrie !

Que tes bras puissent ajouter A sa gloire , à son industrie !

Puisse au jour de l'adversité , Ton ame de peine assaillie, Conserver sa sécurité Dans ces tempêtes de la vie !

Inaccessible aux coups du sort, Puisses-tu contre l'imposture, Trouver un doux ref ^e au port Qu'offre une conscience pure !

Puisqu'un jour nous devons rentrer Au sein de la nuit éternelle ; Puissent les humains honorer De pleurs ta dépouille mortelle î Que tes amis, que tes parens, Conservent toujours ta mémoire ; Et que parmi tes descendans Elle soit un titre de gloire !

Tel qu'un géant il monte au haut des airs, Son œil voit tout , et tout lui rend hommage De sa splendeur il remplit l'univers, Et chaque objet nous offre son image.

O dieu puissant ! que j'entende ta voix : Inspire-moi ta salutaire crainte :

Touche mon ame et dicte-lui des lois ; Ta voie est droite et ta volonté sainte.

Heureux celui qui la garde en son cœur ! Heureux celui qui cherche la sagesse !

Aucun bonheur n'égale son bonheur ; Aucun trésor n'égale sa richesse.

La douce paix qu'elle verse en mes sens , Est préférable au nectar des abeilles.

Dieu , soutiens-moi : plein de désirs fcrvens : Je marcherai contemplant tes merveilles.

Mon rédempteur, mon unique secours:

Daigne m'aider à sortir de l'abîme :

A toi , seul grand , je veux avoir recours ; Efface en moi jusqu'à l'ombre du crime.

Page 1