‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 30 sur 116 · LE JUGEMENT DERNIER · texte numérisé non relu

LE JUGEMENT DERNIER

IMITATION

De la Prose latine : Dies irœ j dies ilLa etc.

O JOUR affreux d'alarme et de vengeances! Jour que doit suivre un silence éternel : Terme effrayant des humaines puissances : Astres sanglans, derniers regards du ciel I

Du jugement l'heure est déjà prescrite \ Dieu paraîtra, les sens seront glacés, L'œil stupéfait, la parole interdite; Les os tremblans , les cheveux hérissés.

Le son aigu des fatales trompettes, Pénétrera jusqu'au séjour des morts :

La cendre émue eu ses sombres retraites , En sortira pour ranimer les corps.

( "3) Tous sont égaux, potentats et manœuvres-, Dans le néant le monde est ronfondu ^ Dieu reste seul, avec l'homme et ses œuvres^ El la mort même a déjà disparu.

Le livre s'ouvre, actions et pensées, Tout est connu ; le voile est déchiré ^ Chacun y lit ses offenses passées, Sa vertu feinte, et son crime ignoré.

Oh! quel moment, pour moi faible et coupable'. De mes forfaits qui pourra me laver?

Lorsqu'à l'aspect du livre redoutable.

Le juste à peine aura pu se sauver !

O Dieu de gloire et de miséricorde !

Garantis-moi du supplice éternel î Au sang d'un fils , que ta clémence accorde Ce que ta loi refuse au criminel.

Oui , devant toi , je suis cendrfe et poussière : Prends en pitié mon cœur humble et brisé ^ Prête l'oreille à ma faible prière.

Sois par mes pleurs , par ton sang apaisé.

Toi , qui voulus sauver la pécberesse , Toi, qui pour nous expiras sur la croix,- Christ Rédempteur! daigne en notre détresse Intercéder auprès du Roi des rois.

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