‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 55 sur 116 · ODE ANACRÉONTIQUE · texte numérisé non relu

ODE ANACRÉONTIQUE

La jeune Eglé guettait un jour

Un papillon dans la prairie ;

Il caressait l'herbe fleurie ^

Ce papillon , c'était l'Amour.

Cent et cent fois ce dieu s'échappe ,

S'éloigne et revient tour à tour :

Si bien qu'enfin Eglé l'attrape.

Après un compliment flatteur, Sur sa tête riche et dorée , Et sur sa robe diaprée , Sur son air vif et sa candeur -, La belle , ô sort digne d'envie !

Du volage fixe le cœur , Avec une aiguille choisie.

Mais bientôt, tout en admirant Et ses détails et son ensemble , Eglé dit : Il perd , ce me semble , Je ne sais quoi d'intéressant.

Ce je ne sais quoi , c'est la vie , Lui dit Amour, qu'en me fixant, Belle Eglé , vous m'avez ravie.

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