‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 58 sur 116 · RONDEAU · texte numérisé non relu

RONDEAU

Du mal d'amour ne puis guérir.

Depuis qu'en ce lieu solitaire.

Mon cœur fut près de se trahir Pour celui qui m'avait su plaire , Toujours m'est cher son souvenir.

Faut-il que ce cœur soit martyr ?

Dis-moi , raison , que dois-je faire , Car je sens que je vais mourir Du mal d'amour.

Ma douleur ne fait que s'aigrir Dans cette lutte téméraire :

D'un Dieu qu'on ne saurait fléchir, Il faut bien être tributaire ^ Car on ne peut toujours languir Du mal d'amour.

LES DEUX LAPmS.

FABLE

»Serré de près par deux grands chiens , Certain lapin s'enfuyait hors d'haleine.

En traversant la plaine , Il rencontre un des siens , Qui lui dit : Frère , où vas-tu donc si vite? Causons un peu, suspends tes pas.

Quoi ! dit l'autre ; ne vois-tu pas Ces lévriers qui sont à ma poursuite ?

— Où donc ? — Là-Las , sur ces guérets.

— Ah ! je les vois -, mais tu t'abuses 5 / Tes lévriers sont des barbets.

— Tu te trompes toi-même , et je les vis de près , Lorsque dernièrement je déjouai leurs ruses.

— Ce sont barbets , te dis-je. — As-tu perdu le sens ? — Ce sont barbets. — Parions. — J'y consens

Ils disputaient eucor, quand les chiens arrivèrent : Lévriers ou barbets , tous deux ils les croquèrent.

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