LE RETOUR DU PRINTEMPS
PASTORALE
GrF.TSTiLLES bcrgèrcs , Quittez le fuseau ^ Laissez vos grand' mères Garder le hameau.
J'entends l'alouette Redoubler ses chants , Et dire : fillette.
Voici le primeras.
Déjà Flore étale Ses nouveaux bouquets, Le parfum s'exhale De mille bosqviets j La fraî(he verdure S'émaille de fleurs; Tout dans la nature Reprend ses couleurs.
L'abeille bourdonne Au bord des ruisseaux ; La treille bourgeonne Autour des ormeaux.
La rose vermeille Est dans ses atours, Et Cypris éveille L'essaim des amours.
L'tngile hirondelle A passé les mers , Et la tourterelle Gémit dans les airs.
L'aimable fauvette , Modulant sa voix , De sa chansonnette Attendrit les bois.
La brillante aurore Et les doux zéphirs , Au loin font éclore Les brûlans désirs.
La nymphe timide Que Faune poursuit, Vers sa grotte humide A regret s'enfuit.
L'ombre verdoyante Du feuillage épais Dérobe l'amante Aux yeux indiscrets.
La gaze légère Qui couvre son sein , A l'amant sincère Pardonne un larcin.
( 245 ) Folâtre jeunesse, Profitez des jours Faits pour la tendresse , Et qui sont si courts.
En vain l'hiver chasse Les jeux et les ris ; L'hiver est sans glace Pour des coeurs unis.
Ornez-vous , bergère , D'une siuiple fleur ; Il ne faut pour plaire Qu'un élan du cœur.
Sans autre parure On aime à vous voir. 5 Prenez l'onde pure Pour votre miroir.
Gagnez la coudrette Avec vos bergers ; Foulez-y l'herbette De vos pieds légers :
Rasez en cadence Les jolis gazons, Et qu'amour balance Vos deux bras mignons.
(=^46) La saison invile Aux tendres aveux ; Et tout cœur palpite Du soin d'être heureux.
Belle, ouvrez voire ame Au doux senlioiont , Couronnez la flamme D'un fidèle amant.