‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 66 sur 116 · LA MAISON RUSTIQUE · texte numérisé non relu

LA MAISON RUSTIQUE

PASTORALE

Amis ! de la ville Fuyons l'embarras :

Un champêtre asile A bien plus d'appas.

Que Cérès couronne Nos heureux labeurs :

De Flore et Pomone Goûtons les faveurs.

( 247 ) Tout sommeille encore, Mais voici le jour ; Chacun de l'aurore Veut voir le retour.

Bientôt tout s'anime ^ L'oiseau par son chant , Tendrement exprime Son ravissement.

Chacun avec joie Reprend ses travaux -, Celui-ci s'emploie Auprès des troupeaux.

On se distribue 5 L'un s'en va piocher, L'autre à la charrue, Celui-Jà faucher.

La fille gentille, rÏ 9up

Mise en court jupon,

Avec sa faucille '

Part pour la moisson.

L'enfant au bocage

Va chercher des nids ,

Et met dans sa cage

Les pauvres petits.

( 248 ) Le soin du mén.ige Reste aux grand' mamans j Volaille et laitage Font leur passe-tems :

Le vieillard travaille Dans le potager ; Echenille, taille, Et bêche au verger.

Marlhon s'achemine Au prochain moulin , Pétrit la farine, Fait cuire le pain ; Soigne les abeilles.

Va puiser de l'eau, Range les bouteilles.

Tourne le berceau.

Tandis que la troupe

Hâte ses travaux ,

On mange la soupe mr.i i.a l;

Au bord des ruisseaux ; * • '■> >

L'enfant de Cythère

Gagne chaque jour > ivdji^ii j

Son petit salaire ,

En rôdant autour.

( '^49 ) Auprès des faneuses Il va folâtrant , Près des moissonneuses On le voit glanant :

Il suit la bergère Aux lieux ombragés , Et sait du mystère Les bois protégés.

Il cueille , il façonne De jolis bouquets :

Tresse une couronne Avec des bluets.

Partout de l'ouvrage Il fait un plaisir , Ranime , encourage , Comme un doux zéphir^

Enfin le jour baisse , On revient gaîment j L'aimable jeunesse Arrive en chantant.

Autour de la table On se réunit 5 Chacun fait sa fable , Mange, boit et rit.'

■ ihilllUii.

LES YEISDAjNGES.

PASTORALE

V oici les vendanges , Amis, en clmrus , Chantons les louanges Du joyeux Bacchus.

Célébrons la fête Du dieu des raisins , Avec la musette Et les tambourins.

Ca , faisons bombance , Et surtout trinquons ^ Sont en permanence Pâtés et jambons.

D'un vin délectable Sans cesse arrosons ; Egayons la table Avec nos chansons.

Les coteaux , les treilles Ont comblé nos vœux; Eeurs grappes vermeilles Enchantent les yeux :

Au loin la campagne Offre en ce moment, Pays de Cocagne Et séjour charmant.

La ville est déserte, Les hameaux sont pleins j La jeunesse alerte Couvre les chemins.

Adieu l'étiquette!

Franche liberté , Très-peu de toilette, Beaucoup de gaité.

Si le bruit redouble , L'amour en sourit y Car toujours du trouble Il fait son profit.

Quand Bacclius suscite De galans propos , Cupidon médite Quelques tours nouveaux.

L'espiègle fertile En projets divers Partout se faufile A tort à travers :

La belle est moins fière .

L'amant plus pressant , De maman sévère L'œil plus indulgent.

Déjà l'on prépare Pressoirs et caveaux j Partout on répare Cuves et tonneaux.

Aux bandes joyeuses De nos vendangeurs, Fraîches vendangeuses Joignent leurs labeurs.

Gentilles fillettes Vont par les sentiers, Tenant des serpettes, Remplir leurs paniers.

Quand besogne est faite , On rentre au manoir, On va sur l'herbette Jaser et s'asseoir.

Mais la cornemuse Remet tout en train 5 La troupe diffuse S'arrange soudain :

Le branle commence, Et chaque garçon , Haut, fait en cadence Sauter sa dondon.

( 253 ) Chacun à chacune Donne le bonsoir -, Chacun de sa brune Keçoit doux espoir :

Tous, dispos, agiles, Exempts de chagrin, Vont ronfler tranquilles Jusqu'au lendemain.

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