‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 80 sur 116 · LE TOMBEAU DE JULIE · texte numérisé non relu

LE TOMBEAU DE JULIE

Urne où repose la cendre De celle qui fit mon bonheur :

Caveaux où j'aime à descendre ; Monument si cher à mon cœur !

Je puis donc loin du vulgaire

Ici recueillir mes sens ;

Et livrer mon ame entière A ses souvenirs affligeans.

Ce n'est que dans ces lieux sombres Que je puis retrouver la paix-,

Ce n'est que parmi les ombres De ces verls et tristes cyprès.

Avec quelle impatience

Je fuis un monde imposteur ,

Pour jouir de ce silence Qui charme et nourrit ma douleur !

Oh ! que la vie est trompeuse 1 Que l'instant du bonheur est prompt I

La trame la plus heureuse Est toujours celle qui se rompt.

Hélas! au printemps de l'âge, Julie est morte en mes bras 5 Ni mes pleurs , ni son courage , N'ont pu la sauver du trépas.

( 286 ) Toi, dont la palme immortellf»

Couronne à présent les travaux -, Ah ! si ton ombre fidèle

Aime à visiter ces tombeaux 5 Qu'elle soit sensible aux larmes Dont ton époux, chaque jour, Arrose , avec tant de charmes ,

Les restes du plus tendre amour.

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