LE TOMBEAU DE JULIE
Urne où repose la cendre De celle qui fit mon bonheur :
Caveaux où j'aime à descendre ; Monument si cher à mon cœur !
Je puis donc loin du vulgaire
Ici recueillir mes sens ;
Et livrer mon ame entière A ses souvenirs affligeans.
Ce n'est que dans ces lieux sombres Que je puis retrouver la paix-,
Ce n'est que parmi les ombres De ces verls et tristes cyprès.
Avec quelle impatience
Je fuis un monde imposteur ,
Pour jouir de ce silence Qui charme et nourrit ma douleur !
Oh ! que la vie est trompeuse 1 Que l'instant du bonheur est prompt I
La trame la plus heureuse Est toujours celle qui se rompt.
Hélas! au printemps de l'âge, Julie est morte en mes bras 5 Ni mes pleurs , ni son courage , N'ont pu la sauver du trépas.
( 286 ) Toi, dont la palme immortellf»
Couronne à présent les travaux -, Ah ! si ton ombre fidèle
Aime à visiter ces tombeaux 5 Qu'elle soit sensible aux larmes Dont ton époux, chaque jour, Arrose , avec tant de charmes ,
Les restes du plus tendre amour.