ALINE
J'avais paré le sein de mon Aline Des plus belles fleurs du bosquet :
J'avais uni la jonquille au muguet.
Le chevre-feuilIe à l'églantine.
Deux jours après , ces fleurs étaient fanées ;
Je trouve Aline s'affligeant :
O mon ami ! dit-elle en soupirant ,
Tel est le cours de nos années.
Tu vis Théone embellir nos campagnes ;
L'aubépine a moins de fraîcheur :
Ses yeux naïfs annonçaient le bonheur ;
Théone éclipsait ses compagnes.
Hier, tout-à-coup, l'airain funèbre sonne. On court en deuil de toutes parts ^
Un marbre noir attire mes regards :
J'y lis ces mots : Ci-gît Théone.
Qui sait le sort que le ciel nous destine ?
Nous passons ainsi que ces fleurs :
Hélas ! demain , tu peux verser des pleurs
Sur la tombe de ton AUne.