‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 79 sur 116 · ALINE · texte numérisé non relu

ALINE

J'avais paré le sein de mon Aline Des plus belles fleurs du bosquet :

J'avais uni la jonquille au muguet.

Le chevre-feuilIe à l'églantine.

Deux jours après , ces fleurs étaient fanées ;

Je trouve Aline s'affligeant :

O mon ami ! dit-elle en soupirant ,

Tel est le cours de nos années.

Tu vis Théone embellir nos campagnes ;

L'aubépine a moins de fraîcheur :

Ses yeux naïfs annonçaient le bonheur ;

Théone éclipsait ses compagnes.

Hier, tout-à-coup, l'airain funèbre sonne. On court en deuil de toutes parts ^

Un marbre noir attire mes regards :

J'y lis ces mots : Ci-gît Théone.

Qui sait le sort que le ciel nous destine ?

Nous passons ainsi que ces fleurs :

Hélas ! demain , tu peux verser des pleurs

Sur la tombe de ton AUne.

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