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INTRODUCTION

Le mot organisation du travail, considéré - il y a encore peu de temps , comme l’expression vague d'une chose irréalisable, par beaucoup d'hommes d'incontestable talent, se trouve aujourd'hui dans toutes les bouches, dans tous les journaux, dans les odes mêmes du gouvernement provisoire. Elle forme l’énoncé du problème capital de l'époque, la promesse générale pour le peuple, la garantie de l’ordre sur la liberté conquise.

Dans ces circonstances, il nous a paru convenable d’écrire, avec des extraits d'un travail qui nous occupe depuis quelque temps , un mémoire plus spécial sur le problème social à l’ordre du jour.

Considérant la clarté et la précision du langage comme des qualités essentielles pour faire accepter la vérité, nous avons commencé par examiner ics termes du problème, afin de découvrir si tout le monde les

comprenait de la même manière ; car toute discussion sur son importance et son opportunité devient impossible, si auparavant les esprits ne sont pas d’accord sur la signification du problème : et comme l’énonce d’un problème est formé de mots, il faut se mettre d’accord sur la signification des mots.

Cette règle de la logique générale trouve son application immédiate dans le sujet qui nous occupe, par la diversité et même l’opposition des jugements portés sur l’utilité du problème de Y Organisation du Travail et sur la possibilité de le résoudre : cette seconde considération rentre dans la première ; car si le problème de l’organisation du travail est une utopie , sa traduction en pratique devient impossible : une utopie n’étant autre chose qu’une théorie irréalisable.

Tels sont les motifs qui nous décident à établir comme première question préliminaire, la suivante.

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