‹ Or dans la province de Québec, Canada [microforme]Chapitre 6 sur 48 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'or fut signalé en 1835 dans la vallée de la Chaudière, par le Lieutetenant Braddeley, des Ingénieurs Royaux, (Silliman’s Journal) alors que Claudine, fille d’un nommé Gilbert, actuellement Mde. Olivier Morin, trouva, en 1834, un morceau de la grosseur d'un œuf de pigeon pesant 1066 grains, 63 gros, dans la rivière Gilbert, près de la Chaudière, mais sa découverte effective ne date que de l’année 1846. A la suite de cette découverte, qui fut purement accidentelle, la famille de Léry obtint, du Gouvernemènt Canadien, par lettres j'atentes, datées du 18 Septembre 1846, le droit exclnsif d'exploiter l'or sur la seigneurie Rigaud-Vaudreuil, Beauce. M. Charles de Léry et le Dr. James Douglas, de Québec, commencent alors quelques lavages superficiels sur le lot 75 du 1er rang Nord-Est de la Chaudière, constatent la présence de l'or en quantités notables, et obtiennent même quelques gros Inorceatlix.

Les droits d'exploiter l'or sur cette seigneurie furent loués, en 1847, moyennant une redevance de 25 pour cent, à ‘la Chaudière Mining Co.” qui travailla sur la rivière Gilbert et aussi dans le lit de la rivière des Plantes, et obtint de petites quantités d’or.

En 1851-52, la “Canada Mining Co.” travaille régulièrement le gravier sur la Rivière-du-Loup, à St-Georges, et obtient de bons résultats. Ces compagnies abandonnent leurs travaux, et jusqu’en 1863, des partis de mineurs lavent au plat, ou par des moyens tout à fait primitifs, dans les lits des rivières ; plusieurs de ces mineurs obtiennent des résultats extraordinaires. A partir de cette époque, l’industrie des mines d’or prend un nouvel essor: de nombreux mineurs arrivent dans la Beauce, et leur travail se porte principale. ment sur la rivière Gilbert, sur les lots 16 à 21 de la concession de Léry où ils obtiennent de très-beaux résultats au moyen de travaux relativement élémentaires.

Dans cet intervalle, le Dr J. Douglas, un des principaux actionnaires de la Chaudière Mining Co., étant subséquemiment devenu seul propriétaire des droits de mines sur la seigneurie Rigaud-Vaudreuil, les transporta, dans l'été de 1863, à M. M. Hans Haggens et autres, de Québec, qui les cédèrent à M. Truman Coman, de New-York, Ce dernier, après le rer Septembre 1864, date

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de l’expiration du permis, obtint un nouveau bail de 15 ans à dater du 9 Septembre 1864. Il organisa alors une compagnie sous le nom de ‘‘de Léry Gold Mining Co.” qui fut incorporée le rer Juillet 1865, et obtint des seigneurs la prolongation du bail à 30 ans, valable jusqu’au 9 Septembre 1894 et renouvelable pour la même période.

Cette compagnie, se proposant d'exploiter le quartz, construisit, près du Rapide du Diable, sur la Chaudière, un moulin à quartz de 10 pilons, existant encore en partie, qui ne travailla que fort peu de temps, et ne paraît avoir donné aucun bon résultat. Elle divisa aussi une partie de son territoire en petits claims qu’elle sous-loua à des mineurs. Alors, commencent les difficultés légales entre les compagnies, les mineurs et les propriétaires de la surface, ces derniers ne vonlant pas reconnaître la validité de la patente de Léry. Durant cette période, les procès et les obstacles matériels de toutes sortes arrêtent le développement de cette industrie. C’est également vers 1863 que se faisaient des recherches pour l’or aux environs de Sherbrooke et que s'organisait la Golconda Gold Mining Co., dans Ascot.

En 1865, la ‘ Reciprocity Mining Co., ?” loue de la compagnie de Léry, le droit d'exploitation sur une partie de la Gilbert, mais n'obtient personnellement que peu de succès malgré des travaux assez considérables. Cependant, ainsi que la compagnie de Léry, elle loue des claims à des groupes de mineurs qui font des travaux superficiels, allant de quelques pieds à une vingtaine de pieds de profondeurs, et qui, bien que travaillant sans méthode, et séparément, obtiennent des quantités d’or relativement considérables.

C'est vers 1866 que les premiers travaux furent faits dans Ditton, par l'honorable J. H. Pope.

En 1867, M. W. P. Lockwood, acquiert un claim d'environ un demi-acre en superficie, sut la Gilbert, et à partir de cette date, commence à faire des examens systématiques sur la nature des dépôts aurifères, augmentant progressivement ses concessions, par l'obtention de territoires additionnels, de façon qu'en 1873, ses droits s'étendaient sur 18,000 acres, formant les sections 3, 4, 7 de la seigneurie Rigaud-Vaudreuil, et couvrant particulièrement la rivière Gilbert et ses affluents, Ces trois sections comprenaient les concessions St-Creorges, St-Gustave, St-Gaspard, (du lot 1 A à 7 inélusivement) St-Charles (de 1 à 41 B) 1er rang N. E, (de 43 B à 83B).

En 1867-68, M. Lockwood avait formé la compagnie ‘ Canadian ana North-West Land and Mining Co.” (limited), dont il était le principal action-

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naire. Cette compagnie, ayant liquidé volontairement en 1871, il forma, en 1873, la compaguie ‘ Gilbert and Chaudière Gold fields Co., of Canada ” qui devint, l'année suivante, la ‘ Chaudière Gold fields Co., of Canada”, Durant ces cinq ans (de 1867 à 1873), M. Lockwood fait de nombreux et importants travaux, comportant une quarantaine de puits dans la vallée de la Gilbert, particulièrement du lot 15 de la concession de Lérvy, aux lots 74 et 75 du ler rang Nord-Est, et par ses travaux et rapports, cherche à établir la nature exacte des gisements, ainsi que l’origine de l’or qu'ils contiennent. Pendant cette période, peu d’autres mineurs travaillent.

La nouvelle compagnie poursuit ses opérations Jusqu'en 1876. Au commencement de 1877, un incendie ayant détruit les installations, les travaux sont suspendus, Les difficultés surgissent de nouveau entre la compagnie, les propriétaires du sol et le gouvernement, ce dernier accordant des licences pour travailler sur des claims de petite dimension. Grâce à ces licences, de nombreux mineurs et de petites compagnies travaillent, et obtiennent beaucoup d'or, entre autres, la Compagnie St-Onge ”

qui travaillait avec succès sur le lot 11 de la concession St-Charles, tandis que la Compagnie Lockwood travaillait sur le lot 12 de la même concession. La Compagnie St-Onge vendit

ensuite partie de ses droits à M. M. McArthur, de Toronto,

En 1878-79, M. Lockwood forme la Canada Gold Co.” représentée par M. J. N. Gordon, et dont le territoire comprenait tout le lot 12. Pendant ce temps, des procès et des luttes se faisaient pour la possession des terrains riches en or, occupés sans l'autorisation des propriétaires du droit de mines, c'est-à-dire la Compagnie de Lérv, représentée, dans les parties travaillées, par la Canada Gold Co. En 1880, le Gouvernement Provincial, passe l'acte des Mines et en 1881, conteste la validité de la patente de Léry devant les tribunaux, et demande qu'elle soit déclarée illégale et annulée, Le 22 Juin, 1883, la Cour Supérieure, à Québec, renvoie cette action, et reconnait la validité des titres, Ce jugement est confirmé en appel, en 1884.

C'est cette période de l’histoire de la Beauce, s'étendant de 1878 à rSSs, qui est la plus florissante et pendant laquelle les travaux furent conduits de la façon la plus pratique, la quantité d'or sortie étant aussi très-considérable, Nous voyons alors sur la Gilbert jusqu'à 500 hommes employés entre autres par les Compagnies suivantes : Victoria Co., sur 18; Sand & Spaulding, sur 17: Fast branch Co. sur 16; North Star Co., sur 15; Beauce Mining and Milling Co., sur 14: Clarence Mining Co., sur 13 de Léry. Il y avait aussi sur les lots 8 à 12 de St-Charles, les Compagnies : Canada Gold Co. St.

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Onge, plus tard MceAithur Bros., Gilbert Gold Mining Co., &ce. En outre, de nombreuses compagnies, plus où moins importantes, travaillèrent plus haut et plus bas, sur la Gilbert, ainsi que sur d'autres ruisseaux voisins, Bolduc, Cumberland, &c. Quelques petites compagnies travaillaient aussi sur la Rivière des Plantes. M. A. Coupal, dans le même temps, constatait la valeur du Ruisseau des Meules. Sur la Rivière du Loup, la Gold Mining Association of Canada et la Colonial Gold Mining Co. faisaient des travaux considérables.

L'acte des Mines de 1880 réglait les conditions de travail sur les terres de la Couronne et sur celles des particuliers en maintenant la royauté de 2 1: pour cent sur le poids brut de l’or et de l’argent recueillis.

Sur les territoires riches, les anciennes compagnies avaient fait des travaux qui furent poursuivis par les nouvelles, lesquelles travaillaient généralement sans l'autorisation de la compagnie de Léry dont les titres étaient alors contestés.

Enfin, l'arrêt de la Cour d'Appel de Décembre 1883, règle définitivement la question. Comimne on le voit, les travaux les plus importants avaient lieu sur la seigneurie Rigaud-Vaudeuil, et particulièrement sur la Gilbert. Dans d’autres parties de la Beauce, on faisait des prospects et quelques explorations de rivières. Dans Ditton comté de Compton ”, la compagnie Pope travaillait régulièrement, et obtenait de grandes quantités d’or, les titres n'y étant sujets à aucune contestation. Vers 1881-82, une compagnie sous la direction de M. G. Humphrev, cherchait à exploiter de grandes épaisseurs d’alluvions superficielles sur la Rivière du Loup, à Jersey Point, vers le confluent des rivières Chaudière et du Loup: il construisait, en vue d'exploiter les graviers par le procédé dit hydraulique, un canal de 20 milles de long, donnant une pression d'eau de 150 pieds. Cette compagnie, ayant échoué pour plusieurs raisons qu'il serait trop long d'énumérer ict, a dû abandonner ses travaux: n'ayant guère réussi à laver qu'une partie de ces graviers,

Il v a eu quelques travaux faits par MM. St-Onge frères, sur le ruisseau de l'Ardoise, près de St-George, où un puits de 165 pieds a été creusé, Sub: séquemment, M. Humphrey travailla en société avec eux, et vers la même

époque, ils firent quelques travaux sur la rivière Pozer, dans la Seigneurie Aubert Gallion. Des prospects importants ont aussi été faits par de petites compagnies, représentées par M. H. Sewell, sur la rivière des Plantes, par Île capitaine Richard, sur la rivière Cumberland, par MM, St-Onge frères, sur la Famine, ainsi que par MM. Coupal et McArthur, sur le ruisseau des Meules.

Vers 1886, nous voyons les travaux dans la Beauce à peu près arrêtés ; la question légale a été réglée, et il n’y a plus guère de chances pour les petits partis de mineurs dans la seigneurie. Les Compagnies Canada Gold Co. et McArthur Bros, ont obtenu, de la Compagnie de Léry, la plupart des territoires riches, et ne travaillent elles-mêmes que fort peu, sauf sur le ruis. seau des Meules.

En 1891, MM. Chs. Rodrigue et Louis Mathieu commencent à prospecter sur le ruisseau Hall, dans Dudswell, puis, sur le ruisseau Kingsey, où ils forment 1a ‘ Rodrigue Gold Mining Co.”’. Leur exemple fut suivi par d’autres mineurs de la Beauce qui prospectèrent avec plus ou moins de succès sur les ruisseaux Row et Big Hollow, et même en 1894, de l'or fut trouvé dans une petite veine de quartz, sur le lot VI 13 de Westbury, propriété de M. Harrisson.

En 1892, nous voyons quelques travaux recommencer à l’embouchure de la Rivière du Loup, alors que M. E. B. Haycock cherclie à exploiter le lit de cette rivière, et établit un petit moulin pour essayer les veines de quartz de cette région. Ces travaux sont continués par M. M. Blue et Eustis, mais arrêtés en 1896. A l'automne de 1895, M. J. Hardman commençait la construction d’un tunnel dans le village même de St-Georges, pour rejoindre les anciens travaux de la Compagnie St-Onge, sur le ruisseau de l’Ardoise. D'après M. Chalmer, ces travaux furent suspendus à la fin de 1897, le tunnel avait été fait sur une longueur de go0 pieds en partie à travers de la glaise Boulder clay et sable mouvant.

Le bail de la seigneurie Rigaud-Vaudreuil étant expiré à la fin de 1804, M. M. MeArthur Bros. obtinrent.alors la concession des sections 3, 4, 7 et 9, couvrant la Gilbert et le ruisseau des Meules. En 1895, ces MM. avaient organisé la American Co.”, qui ne fit que quelques travaux sur la Gilbert.

En 1897, la “Quebec Central Gold field Co.” creusa plusieurs puits sur la Rivière du Loup, à trois milles environ de son embouchure, maïs n’obtint pas de résultats.

Enfin, actuellement, c'est-à-dire, en 1898, nous voyons la Gilbert Beauce Goid Mining Co. travaillant avec succès sur les anciens travaux de la Gilbert, sur les lots 15, 16, 17 de Léry.

Sur le Ruisseau des Meules, M. Coupal continue à travailler avec quelques hommes, et y trouve de l'or en quantités suffisantes. Dans Shenley,

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