‹ Oraison funèbre du comte de Frontenac [microforme]Chapitre 3 sur 9 · TD · texte numérisé non relu

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corctée qu'au mérite ! Tels furent les caractères de cette bonté d'âme qui lui concilia la confiance (30) de ses amis, l'estime de ses ennemis et tout ensemble le respect et la confiance des nations sauvages amies ou ennemies qui ne di paie jamais autrement que leur père. Je dirois, Mrs, qu'un si excellent homme devroit avoir gagné tous les cœurs (31) si un homme qui doit répondre à tout le monde pouvoit piuire à tout le monde. Qui l'aurait cru ? certains mécontents (32) conspirèrent en secret (33) n'osant éclater eu public; ils forment de sourdes intrigues qu’il est plus fac'le d’entrevoir qu’exte de révéler, ils préviennent (34) le plus éclairé et e plus juste roy du monde et l’obligent de rappeler à la cour un sujet qui lui était si utile ailleurs. C’est ici, Mrs, (35) où je demande votre réflection pour entrer dans les sentiments d’ur homme d'honneur qui sent sa conduite irréprochable et ne peut la justifier. La bienséance et l'habitude et plus encore les devoirs de sa naiïssance et de sa condition le retiennent à la cour: mais il la regarde comme le lieu de son exil, quand il pense qu’il est où il ne devroit pas être. La prévention avait mis une espèce de. barrière entre le roi et le sujet qu’il fut longtemps impossible de franchir. En vain Mardochée se présente-il souvent à la porte d’Assuérus, le jour de la gloire et de la joie que la providence a marqué n'est pas encore arrivé. Sept ans se passent après lesquels Mr de Frontenac qui avait toujours compté sur la bonté de sa cause et l’équité de son juge, trouva enfin un de ces précieux moments que le prince dérobe aux affaires de son état pour donner à celles des particuliers. Jamais moment ne fut plus attendu et jamais moment ne fut plus heureux. Le comte de Frontenac parle effcacement pour sa justification et le roi dont les paroles sont autant d'oracles, lui répond : “Je vous renvoie en Canada, où je compte que vous me servirez aussi bien que vous avez fait cy-devant, je ne vous en demande pas davantage.” Quelle joie quand on aperçut ce navire, ou, pour

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