‹ Oraison funèbre du comte de Frontenac [microforme]Chapitre 9 sur 9 · RAR : DE · texte numérisé non relu

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quelle opiniâtreté et quelle ardeur le défunt a soutenu jusqu’à la fin contre toute l'Eglise du Canada la traite des boissons aux sauvages, et de quels stratagèmes il s'est servi pour s'opposer,en ce point à tous les serviteurs de Dieu, et comme d’ailleurs on ne peut qu'outrer ce blâme, les plus intéressés étant forcés par le témoignage de leur propre conscience d'avouer l’incompatibiité que la licence de ce commerce a avec l'établissement et le progrès de la religion parmi ces nations barbares, il a bien fallu pour honneur du défunt le faire parler d’une manière qui put le dédommager dans les esprits du blâme qu'il y avoit encouru. Mais après tout ce n’est pas de son propre mouvement qu'il a dit cela, c’est sur les réflections qu'on lui a fait faire à la mort, et il n’en a dit qu'une partie comme on à dit au no 14 Le reste qui est énoncé ici s’est dit comme par force de conséquence qu'on a eu pour son honneur de l’aveu qu'il a fait qu’il avoit commis son autorité en cela à des gens qui en ont abusé, Mais ce témoignage et cette réparation est bien foible après tous les maux qu'il a fait dans le pays et à-cette église depuis une si longue suite d’années en soutenant la traite des boissons aux sauvages.

(41) Ce qu’on a remarqué aux nombres 13 et 17 et 39 peut faire remarquer s’il y a de la vérité dans ce qui s'avance ici touchant ses dévotions et ses sentiments à la fin de sa vie, et de quel esprit et par quels motifs tout cela s’est passé. Mais quand il auroit eu la meilleure intention du monde, après tout, cela n’est qu’acidentel en comparaison de tout ce qui lui a manqué.

(42) On omet à dessein les vraies réflections qui pourroient se faire sur cet endroit et qui ne tourneroient pas à l'avantage du personnage.

(43) Pourvu qu'on lui addressât la parole en préchant et qu'on le traitât de Monseigneur, car autrement il n’y venoit pas ou s’il y venoit il ne s'y montroit pas. On pourroit encore rappeler ici les sermons qu'il à faits faire autrefois contre l’intendant et le conseil et qui ont

causé tant de brouilleries et de divisions, et par là on

pourroit mieux juger quelle étoit cette avidité qu’on dit ici qu’il avoit pour la parole de Dieu. Pour ce qui est de sa lecture spirituelle, ne la faisoit-il pas souvent dans les livres composés par les jansénistes, car il avoit plusieurs de ces livres qu’il préconisait fort, et qu'il prêtoit volontiers aux uns et aux autres.

(44) C’est ordinairement de ces sortes de retraites qu'on l'a vu revenir plus animé contre l’église et contre les gens de bien, et c'étoit un dicton connu de la plupart quand on l’y voyait entrer, on n’a qu’à s'attendre à de nouvelles affaires car un tel est allé en retraite.

(45) En voilà beaucoup et trop pour se faire croire d’un auditoire qui bien loin de convenir que toutes ces vertus ont été ralliées dans la personne du prétendu hé-. ros, aura bien de la peine à lui en attribuer une seule.

(46) Tout ce qui est débité ici touchant les vertus militairesdu héros est assez bien tourné pour lui en faire honneur. Maïs comme personne de ceux qui l'ont entendu n’a été témoin des faits étrangers au Canada, on s’en rapporte pour le croire à qui l'aura vu. Pour ce qui regarde le siége de Québec, il est vrai que la réponse qu'il envoya au commandant de la flotte en la manière que l’orateur le dit, a été approuvée et louée ici d’un ehacun. Maïs quant au reste qu’on préconise dans notre héros, la plupart de ceux qui savent ce qui s’est passé ont souvent dit qu’il en étoit innocent ; à peine le vit-on sortir une fois du château où la présence des ennemis le fit rentrer bien vite.

(47) Ce n’est pas sa présence a leur fit prendre la fuite, mais le grand nombre des Français auxquels ils

voyaient bien que celui de leurs guerriers n’étoit pas capable de faire tête.

(48) On a remarqué au nombre 13 ce qui en est.

Pour conclure toutes ces remarques et dire en. peu de paroles ce qu'on doit penser du discours prononcé pour honorer les funérailles du défunt, il semble que tout est renfermé dans quatre petits vers qui ont été faits à ce sujet en la manière suivante :

Pour juger avec équité

De l’oraison faite à la gloire D'un héros de pauvre mémoire Rien n’y manque hors la vérité.

Fin des remarques.

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