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• O K A I S O N l'UNEHRE
convaincue de la vanité des grandeurs humaines ; tirant sa gloire d’une solide vertu, et non de l’éclat trompeur d’une fragile beauté; mourant avec un visage tranquille et riant; digne d’être reçue dans le ciel , où elle se présente accompagnée de ses bonnes œuvres, et chargée des trésors d’bouneur et de grâce qu’elle a amassés ; digne enfin après sa mort des regrets et des louanges de sou époux, après avoir mérité sa tendresse et sa confiance pendant sa vie. Mais avant que de nous dépeindre cette femme forte et courageuse, il nous avertit qu’il est difficile de la rencontrer: il nous en donne une idée , mais il semble qu’il n’en ait jamais trouvé d’exemple. 11 la forme dans son imagination; et doutant qu’elle se puisse trouver dans la nature, il s'écrie: Qui est-ce qui la trouvera: Mu/ierern fortcm ijuis i rive nie t?
Mais cette haute vertu qu’il a cherchée avec si peu de succès , et dont il semble que son siecle n’étoit pas capable, s est rencontrée en la personne de l’illustre Julie Lucine d’Angennes de Rambouillet, duchesse de Montausier. Dans tout le cours de sa vie et de ses actions elle a exprimé ce parfait original , par sa générosité naturelle , par le bon usage des biens et de la faveur, par la connoissance de son néant et de la grandeur de Dieu, par un aven sincere des foiblesses et des vanités humaines , par une mort douce et tranquille , par le regret universel de tous ceux qui l’avoieut connue. Que Salomon désespere de la trouver cette femme forte et courageuse, nous pouvions nous vanter de l'avoir trouvée.