‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 165 sur 615 · Elle servit de marraine, en 1661. au (ils de Molière · texte numérisé non relu

Elle servit de marraine, en 1661. au (ils de Molière

7. On raconte qu'apercevant un jour Boileau, confondu à Versailles dans la foule des cnui'li<ans, la duchesse d'Drléiuis l'appela, et. par une déUcale llatlerie, lui inurnnu'a à l'oreille ce joli vers, resté dans su mémoire, du poème qu'il était on train de comiioser et dont, sans doute, on se récitait des fragments :

« Sou|iire. étend les bras, ferme l'œil el s'endort ^^{Lulrin,ch. Il,v.lo0).

autlieiiliqiic*, nous montre avec quelle familiarité flatteuse elle traitait Despréaux. Quand, en 1007, Racine, lui ollrant Androniaque, proclame que la princesse « a daigné prendre soin de la conduite de. sa tragédie », qu'elle lui a prêté « quelquesunes de SCS lumières pour y ajouter de nouveaux ornements », qu'enlin à la première lecture « elle l'a honorée de quelques larmes », on croira sans peine qu'il y eut entre cette femme délicate et passionnée et l'interprète le plus exquis de l'âme féminine qui soit dans notre littérature un échange d'impressions et de sympathies. Et s'il est vrai, comme le raconte Fontenolle, que ce fut Madame qui mil aux prises, sur le sujet de Bérénice, Corneille et son jeune rival, cela prouverait qu'elle prenait nettement parti pour Racine contre ses détracteurs, et qu'elle voulait lui ménager un nouveau triomphe.

On voit, en tout cas, que le nom d'Henriette d'Angleterre tient à l'histoire des lettres françaises. « La cour, lui disait encore Racine, vous regarde comme l'arhitre de tout ce qui se fait d'agréahle, et nous, qui travaillons pour le puhlic, nous n'avons plus que faire de demander aux savants si nous travaillons selon les règles : la règle souveraine est de plaire à Votre Allosse Royale. » Voltaire, dans son Siècle de Louis XIV, pour lc(piel il avait si religieusement recueilli les traditions orales des survivants de la grande époque, confirme et développe cette déclaration. « Le goût de la société », quand parut Henriette à la cour, « n'avait pas encore reçu, dit-il, toute sa perfection. La reine mère Anne d'Autriche commençait à aimer la retraite; la reine régnante savait à peine le français. La belle-sœur du roi apporta à la cour les agréments d'une conversation douce et animée, soutenue bientôt par la lecture des bons ouvrages et par un goût sûr et délicat; elle se perfectionna dans la connaissance de la langue qu'elle écrivait mal encore au temps de son mariage-; elle inspira une émulation d'esprit nouvelle et introduisit à la cour une politesse et des grâces dont à peine le resie de l'Eiu'ope avait l'idée-'. »

Sainte-Beuve enfin a pu préciser ainsi l'influence httéraire de la duchesse d'Orléans : « Dans toutes les cours qui avaient précédé celle de Madame, — à Chantilly, à l'Hôtel Rambouillet et

1. Le savant liislorien, éditeur de Saiiil-Sinion, M. de Boislislc, n'y croit i;ui'i'i'.

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