Un enqaçjemen t jiius ct>^oit
L'enchaînait dans le schisme, l'obligeait à y deincurer. L'cmiiloi du
'mot enqaaement avec le sens à'obligatifjn est. très fréquent au xvii° siècle. « Le bon esprit nous découvre notre devoir, notre engagement à le faire. » La Bruyère, bu Mérite personnel. « Avant que nos penchants soient développés et que nous sachions ce que nous sommes, nous nous formons des engagements éternels (nous nous lions d'une façon irrévocable), et nous arrêtons ce que nous devons être pour toujours. » Massillon, Sur la vocation., 1" p.
(dans Littré).
6. Pour l'emploi, fréquent au xvii* siècle, de ce qui servant à désigner des personnes, cf. p. 551, n. 1.
DE nE>'RIETTE-ANNE D'.OGLETERRE.
' enlan--^ Lr^^ ces en- %
lois de l'État s'opposent à son salut éternel, Dieu ébranlera tout rÉlat pour l'affranchir de ces lois. 11 met les âmes à ce prix; il remue le ciel et la terre pour ter ses élus* ; et comme rien ne lui est cher que j'anis de sa dilection ^ éternelle, que ces membres mséparables de son Fils bien-aimé, rien ne lui coûte, pourvu qu'il les sauve. Notre princesse est persécutée avant que de naître, délaissée aussitôt que mise an .monde, arrachée, en naissant, à la piété d'une mère catholique, captive, dès le berceau, des ennemis implacables de sa maison; et ce qui était plus déplorable, captive des ennemis de l'Église; par conséquent destinée premièrement par sa glorieuse naissance, et ensuite par sa malheureuse captivité, à l'erreur et à l'hérésie. Mais le sceau de Dieu était siu' elle. Elle pouvait dire avec le Prophète ^ : (( Mon père et ma mère m'ont abandonnée ; mais le Seigneur m'a reçue en sa protection. Dt^laissée de toute la terre dès ma naissance, je fus comme jetée entre les l)ras de sa providence paternelle; et dès le ventre de ma mère il se déclara mon Dieu. » Ce fut à" cette garde fidèle (pie la reine sa mère commit ce précieux dépôt. Elle ne fut point trompée dans sa confiance. Deux an? après, un coup imprévu et qui tenait du miracle, délivra la princesse des mains des rebelles. Malgré les tempêtes de fOcéan, et les agiffitious encore plus violentes de la
1. C'est là encoro uno i<li'0 cluîro à P>o<suot. Tout, dans l'Iiistoire, cnmitic dans l'univors niatt-riol. est l'ait en vn(! dos étiis, de leur salut, de leur félicit»'; élcrnolle. Dès 11)18, dans vnie méditation curieuse sur la Boalilude des Saints, il rcrivail :
« Les iicuples ne durent ipie tant qu'il y a des l'-lus à tirer de leur inuKitude. »
'1. Dilcctioii. « Amour, rliarité.
Ternie do dévotion. I.a dilcclion du prochain. C'est aussi un terme dont le pape et l'empereur se servent en ctriviuit à ccrl:iins priuccs. Sulul et
dileciion. J'ai écrit à votre dilec' tiou. » Dict. de l'Académie, 1694. — « Servons-le donc (J.-C). lidèles, dans la liberté de la sainte clilection. » Bossuet, H* xerm. sur la Circoncision. « Il n'y a rien de plus noble dans l'Evangile (|ue cette loi de dilecliini (aimer nos ennemis). Fléciiier (dans Litiré).
5. Ptilcr nii-iis et muter mea dercliqucrunt me; Ihminiis nutem it^sitmpsit me. — In te prnjeclus sitm ex utero; de ventre mutris meie [h'iis meus es tu, (IS. XXVI,
10, XXI, n.)
loiTo, Dion la prenant sur ses ailes, comme l'aigle pivnd ses petils, la porta lui-même dans ce royaume; luimême la posa dans le sein de la reine sa mère, ou plutôt dans le sein de l'Eglise catholique. Là elle apprit les maximes de la piété vérilable, moins par les instructions (ju"('lle y recevait, que par les exemples vivants de cette grande et religieuse reine. Elle a imité ses pieuses HIk'raliti'S. Ses aumônes toujours abondantes se sont répandues principalement sur les catholiques d'Angleterre, dont elle a été la fidèle protectrice. Digne fille de saint Edouard * et de saint Louis, elle s'attacha du fond de son cœur à la toi de ces deux grands rois. Oui pourrait assez exprimer le zèle dont elle brûlait pour le rétablissement de celte foi daus le royaume d'Angleterre où l'on en conserve encore tant de précieux monuments? ^S'ous savons qu'elle n'eût pas craint d'exposer sa vie pour un si pieux dessein : et le ciel nous l'a ravie! 0 Dieu ! que prépare ici votre éternelle providence? Me permettez-vous, ô Seigneur, d'envisager en tremblant vos saints et redoutables conseils 2? Est-ce que les temps de confusion ne sont pas encore accomplis? Est-ce que le crime qui fît céder vos vérités saintes à des passions malheureuses^ est encore devant vos yeux, et que vous ne l'avez pas assez puni par un aveuglement de plus d'un siècle ? Nous ravissez-vous Henriette, par un effet du même jugement qui abrège les jours de la reine Marie*, et son règne si favorable à l'Eglise? ou bien voulez-vous triompher seul? et en nous ôtant les moyens dont nos désirs se flattaient, rt^einez-vous dans les temps marqués par votre, prpdjgs^ tination^ éternelle de secrets retours à l'État et à la mai-
1. Edouard le Confesseur, roi saxon d'Angleterre (10il-10G6).