Qui dicebas in corde tuo
In cselum conscendam ; super as- Irn Dei e.rallab) salinm menm....
Ascendam super allitudinem nu-
bium, similis ero AUissimo. (Is., XIV. 15, 1 4.1
i. Par où. Cf. p. 50i, n. 2.
5. Au sens étymologique : abattre à terre. « Jamais le monde ne sera tout à fait vaincu par les chrétiens, jusqu'à ce qu'il soit atterré de cette sorte. » Bossuet, sermon sur la Résurrection de J.-C., 5° j). Cf.
Froissart, Chroniques, 1, 1 ; « Ceux de dedans se défendirent moult longuement, et en atterrèrent et blessèrent plusieurs.» — « C'eût été pour le parti de M. du Maine le dernier désespoir de se voir jirivés de la massue qui avait si bien joué sur le jeune prince, et de laquelle ils se proposaient bien de Vatterrer sans ri'ssource avant la fin de la rampai;ne. » Saint-Simon Mans l.itiréi.
DE MARIE-THERÈSE DAUTRIGHE
moi-même aux douceurs de la gloire humaine peu capables de me soutenir, pour donner à mon esprit une nourriture plus solide. Ainsi l'âme supérieure domine de tous côtés cette impérieuse grandeur, et ne lui laisse dorénavant aucune place. David ne donna jamais de plus beau combat. Non, mes frères, les Philistins défaits, et les ours mêmes déchirés de ses mains, ne sont rien à comparaison 1 de sa grandeur qu'il a domptée. Mais la sainte princesse que nous célébrons l'a égalé dans la gloire d'un si beau triomphe.
Elle sut pourtant se prêter au monde avec toute la dignité que demandait sa grandeur. Les rois non plus que le soleil n'ont pas reçu en vain l'éclat qui les environne ^ : il est nécessaire au genre humain, et ils doivent, pour le repos autant que pour la décoration de l'univers^, soutenir une majesté qui n'est qu'un rayon de celle de Dieu. 11 était aisé à la reine de faire sentir une grandeur qui lui était naturelle. Elle était née dans une cour où la majesté se plaît à paraître avec tout son appareil*, et d'un père qui sut conserver avec une grâce, comme avec une jalousie particuHère, ce qu'on appelle en Espagne les coutumes de qualité et les bienséances du palais. Mais elle aimait mieux tempérer'' la majesté, et l'anéantir
1. « L'empire des Césars n'était-il pas une vaine j)Oin|)e à romparnifion deceiui-ri ? ■ i!o>>uot. Ilis/oirc tDiivcrscUc. II. 10. " Sans YCiiii)loyci' que fort jieu de iiièccs à comparaison de la Jurande multitude des os. »
Descartes, Discours de la Méthode, V, 9. « C'est un petit mal à comparaison de ceux (jue l'amour me prépare. » Sentiments de l'Académie sur le Cid. Mais Bossuel, ronnno ses cnntem|iorains, a également emj)loyé l'expression en comparaison de : « Mais tout ce que nous enseipie l'Ecriture sainte sur la création de l'univers, n'est rien en comparaison de ce qu'elle dit de la création de l'iiomnie. »
Bossuet. Histoire universelle, II, 1.
2. Var. (1" édition) : « Les rois doivent cet éclat à l'univers, comme le soleil lui doit sa lumière, cl pour le rcj)os du ^enre humain, ils doivent soutenir une majesté qui.... »
5. Cf. Politique tirée de l'Ecriture sainte, I. III, art. ni, Prop. 2, et 1. V, art. iv.
i. Cf. la notice, p. 20-i.
5. Cf. jtlus haut. p. 2ôi. — " Persomie n'aura-l-il le pouvoir d'obtenir de vous quehjue espèce de soin et de régime |)our tempérer un peu ce sanj; enragé? » Mme de Sévigné, V, 52i [Grands écricains).
'< Le feu qui sortait de ses yeux, et la douceur (|ui tempérait celle
devant Dieu, que la faire éclater devant les hommes. Ainsi nous la voyions courir aux autels, pour y goûter avec David un humble repos, et s'enfoncer dans son oratoire, où, malgré le tumulte de la cour, elle trouvait le Carmel d'Élie, le désert de Jean, et la montagne si souvent témoin des gémissements de Jésus.
J'ai appris de saint Augustin que a l'âme attentive se fait à elle-même une solitude ». Gigiiit enim sibi ipsa mentis intenlio solitudinemK Mais, mes frères, ne nous flattons pas; il faut savoir se donner des heures d'une solitude effective, si l'on veut conserver les forces de l'âme. C'est ici qu'il faut admirer l'inviolable fidélité que la reine gardait à Dieu. Ni les divertissements, ni les fatigues des voyages 2, ni aucune occupation ne lui faisait perdre ces heures particulières qu'elle destinait à la méditation et à la prière. Aurait-elle été si persévérante dans cet exercice, si elle n'y eût goûté « la manne cachée que nul ne connaît que celui qui en ressent les saintes douceurs^ »? C'est là qu'elle disait avec David : « 0 Seigneur, votre servante a trouvé son cœur pour vous faire cette prière! » Invenit servies tuus cor siium*. Où allez-vous, cœurs égarés? Quoi, même pendant la prière, vous laissez errer votre imagination vagabonde, vos ambitieuses pensées vous reviennent devant Dieu; elles font même le sujet de votre prière ! Par l'effet du même transport^ qui vous fait parler aux hommes de vos prétentions, vous en venez encore parler à Dieu, pour faire servir le ciel et la terre à vos intérêts. Ainsi, votre ambition, que la prière devait éteindre, s'y échauffe : feu bien différent de celui que David « sentait allumer
vivacité. » Fénelon, Télémaque. I.