‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 277 sur 615 · L. Paris, aitvr. cilc, l. I, p. 398 sq(l · texte numérisé non relu

L. Paris, aitvr. cilc, l. I, p. 398 sq(l

3. Tallciiiaiil des Réaux, ciUrc auti-i's iiu'disances, nous racoiilc «luohiuos passc-lomps de cet arclicviMpic désœuvré el dos douxjouiios roli^iouscs. « Un jour, connnoonlui eut api)orté une lion|ipo pour se friser, il la trouva belle. « Faisonsen, dil-il à la lu-incessc Anne et à sa s(our. — Faisons-en ». l'épondironlelles. On envoie à Reims : on n'v

trouve point de soie plate. « Envoyons à Paris. » On crève un cheval et on apporte pour cent écus de soie; niai^ (juand la soie arriva, celte lanlaisie leur était passée.

Une autre fois, « les deux sœurs et lui tirent mourir sans y penser une jiauvre lillc innocente, à .\vonay. Il prit une vision à la princesse Aime d'aller trouver celle fille à son lit avec un cierge et l'exliorler à la mort ; cela la saisit, et connue ou lui disait m riant : « La voilà (pu va passer ». elle j)assa elfeclivement. » C'elaienI là jeux de princes.

reiit Iticntôt de l'amour. Tellement que, le 29 juin 1636, Ilenii de Lorraine remettait entre les mains de « rincomparaljie et adorable princesse Oriente * » (on reconnaît le style romanesque et précieux) l'engagement suivant :

« Moi, soussigné, Henri de Lorraine, dans l'extrême passion que j'ai d'honorer et servir très généreuse et très vertueuse princesse Madame Anne de Gonzague, jure et proteste de n'aimer ni épouser jamais autre personne qu'elle. Et pour la plus grande sûreté de la foi du mariage que je lui ai promis, je lui ai envoyé la présente promesse écrite et signée de mon seing. Fait à Reims, le 29 juin 165G. Signé : Henrt de Lorraine-. »

Bientôt même, les circonstances permirent aux deux fiancés de donner suite à leurs projets. Anne perdait successivement (septembre à novembre 1657) son père et sa sœur cadette, l'abbesse Bénédicte ; et elle venait habiter à Paris avec sa sœur aînée, Marie, en l'hôtel de Nevers. Là le duc de Guise continua de lui rendre « tous les respects et soumissions quo l'on peut imaginer de la part d'un cavalier envers une dame laquelle il souhaite en mariage », et celle-ci, confiante en la conduite du duc, en sa « prudence », en son « mérite », consentit à un mariage secret qui eut lieu, en 1658, — au moins selon ce qu'elle raconte elle-même, — « en présence d'un prêtre chanoine de l'église de Reims, duquel ils reçurent la bénédiction nuptiale dans une chapelle particulière de l'hôtel de Nevers au vu et su seulement de chacun d'eux et de quelques-uns de leurs domestiques ». Mais cette union devait être tenue secrète jusqu'au jour où le duc de Guise se croirait sûr d'obtenir de ses père et mère, alors en Italie, d'abord leur consentement à son changement d'état, puis — en considération de ce qu'il résignerait à quelqu'un de ses frères ses bénéfices ecclésiastiques — une dotation patrimoniale suffisante « pour se maintenir en la dignité de prince dans la condition de mariage ».

L'occasion ne devait pas se faire longtemps attendre^. Le

1. Dans le Dict. des Précieusea Je Soinaizc. Anne de Gonzasaïc est ilésii;iiée sous un pseudonyme analogue : Panipliilie.

2. Pièce insérée dans la « Protestation de la princesse de Gon-

zague contre le prétendu mariage du duc de Guise et de la comtesse de Bossut », dont il y a plusieurs copies manuscrites à làBibliotfièque de rArscnal.

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