Historiettes, éd. P. Paris et
Monmerqué, III, 413.
4. Journal d'Olivier Le FèvredOrmesson, t. I, p. 219. — Sur les Académies, cf. plus loin. p. 468.
o. Journal de Le Fèvre dOrmessou, pass. cité.
D'ANNE DE GONZAGUE
« pans pain* ». Heureusement qu'à la fin de la même année, Marie devint, par un mariage inespéré, reine de Pologne. Cette fortune l'adoucit ; elle fit la paix avec Anne de Gonzague et négocia, avant de quitter la France, le raccommodement de sa sœur et de son beau-frère avec la Cour.
Du reste, à cet époux désormais définitif, Anne de Gonzague' ne devait accorder dans son cœur et dans sa vie qu'une place des plus restreintes. Ils vécurent peu ensemble 2. « Comme il était fort gueux », — c'est une autre princesse, Mlle de Montpensier, qui parle ainsi, — et que de plus Anne de Gonzague, « semblable en cela à beaucoup d'autres dames » du temps, « ne haïssait pas les conquêtes de ses yeux qui étaient, en effet, fort beaux ^ », elle « l'obligea de consentir qu'elle vit le grand monde, et lui persuada que c'était là », pour eux, « le moyen de subsister et d'avoir des bienfaits de la cour* ». Et tandis que le prince palatin, « tout voûté et tout farouche-'» », vivait assez obscurément et dans une « considération très médiocre^ », sa femme faisait tout le bruit possible dans le monde, et se rendait, comme dit Saint-Simon ", la « reine de toutes les intrigues de son temps ».
Elle avait trente-deux ans en 16i8 quand éclata la Fronde. Mais ce ne fut qu'en I60O qu'elle parut sur ce théâtre où plusieurs femmes de sa génération allaient jouer les premiers rtMes. Le sien fut moins bruyant que celui de Mme de Longueville : — il fut plus considérable.
Elle était fort liée avec Condé et Conti, parente avec les Longueville. Elle était aussi, à ce moment, très intime avec le chevalier Henri de la Vieuville, fils du marquis de la Vieuville à qui le prince de Condé avait fait espérer, s'il détrônait Mazarin, la surintendance des finances. Or, en janvier 1650, Condé, après avoir poussé à bout, par ses hauteurs, la cour qu'il venait de sauver, s'était vu emprisonné, avec le duc de Longueville,