‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 281 sur 615 · Saint-Simon, /(ai'K. cile · texte numérisé non relu

Saint-Simon, /(ai'K. cile

son beau-frère, et le prince de Conli, son frère, par le ministre redevenu tout-puissant. Ainio de Gonzague se mit en tète d'amener la cour à rendre la liberté à ses amis. Dès le mois de septembre Kj.'jO, elle ne cr;ii|j:nait pas d'annoncer tout liant que « M. le l'rince devait être liors de prison dans quinze jours ». Et Mazarin, elfrayé, mandait à Le Tellier qu'il ne fallait pas plus longtemps souffrir dans Paris cette femme entreprenante qui y formait « mille cabales très dangereuses* ». Elle y demeura cependant et continua d'agir. Sans entrer dans le détail, où l'on se perdrait aisément, de ces négociations infinies, contentons-nous de marquer la tactique suivie par cette digne tille des seigneui^s de Montferrat et de Mantoue.

Très hardiment — « par un procédé très net et très habile », dit Retz 2 — elle va, d'abord, chercher des alliés dans le camp même de ces Parlementaires dont Coudé venait d'écraser, pour le compte de Mazarin, linsurrection tragi-comique. Avec sa psychologie féminine, elle sent bien que la haine-* des Frondeurs, et particulièrement de Mme de Chevreuse et du coadjuteur, contre Condé, ne va pas jusqu'à égaler celles qu'ils conservent pour Mazarin, détenteur du pouvoir, de l'argent et des places, et qui garde tout cela pour lui et pour les siens. Elle se met en rapports avec le coadjuteur de Gondi, qui, dans ses mémoires, nous a laissé de cette première entrevue, qui l'avait frappé, un récit bien vivant. Il semble que Ion y voie en présence, cherchant à se tromper l'un l'autre, quoi qu'ils en disent, ces deux forts joueurs. « Je la vis la nuit » — (on sait que les conciliabules nocturnes, élément essentiel des conspirations classiques, étaient alors fréquents). — « Elle fut ravie de me voir aussi inquiet que je l'étais sur le secret » de nos arrangements « parce qu'elle ne l'était pas moins que moi en son particulier.... Je lui dis nettement que nous appréhendions que ceux du parti de MM. les Princes ne nous montrassent au Cardinal comme un épouvantait « pour le presser de s'accommoder avec eux. Elle m'avoua franchement que ceux du parti de MM. les Princes craignaient que nous ne les montrassions au Cardinal pour le forcer de s'accommoder avec nous. Sm* quoi lui ayant répondu que je lui engageais ma

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