‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 287 sur 615 · Lettres de Mazarin, IV · texte numérisé non relu

Lettres de Mazarin, IV

très loyale en affaires, elle exécute en dilifrcncc les fermes du marché; elle « ne songe plus qu'à bien servir la Régente ». allant, parfois tous les soirs, « la voir en secret, prenant des mesures avec elle S » envoyant son agent et ami intime, Bartet, près de Mazarin exilé pour recevoir ses instruclions orales, puis se concertant avec l'abbé Ondedei et le secrétaire d'État Le Tellier, qui étaient, alors, à Paris les princi[)aux agents du cardinal.

Il s'agissait, tout d'abord, de détacher Condé de ses nouveaux alliés, de l'attacher à la cour par des avantages considérables, et de le décider à donner les mains au retour du cardinal exilé-. C'est à quoi elle s'emploie en mai et juin 1051. Réconcilier avec la reine Mme de Longueville, le prince de Conti, Turenne et. le duc de Bouillon, elle y réussit. Mais quant à « catéchiser ^ » Condé lui-même, ce n'était pas aussi commode. Malgré les « assauts » de la Princesse Palatine, qui s'évertuait, avec une affection véritable, à lui montrer que ses intérêts à lui, comme les siens à elle, étaient de se rapprocher de la cour, sauf à la dominer plus tard ; — malgré la « circonvallation » qu'elle organisait autour de l'obstiné héros, lançant contre lui tous ses proches, qui le poussaient à accepter, à leur exemple, les propositions de la Régente et de Mazarin, — cette partie du nouveau plan de la Palatiiif ne s'exécuta point. Condé resta intraitable. Anne eut beau lui i^eprésenter maintes fois, selon les instmctions de Mazarin*, que « les Frondeurs ne cesseraient jamais de lui dresser toutes leembûches et de lui susciter le plus d'ennemis qu'ils pourraient ; que d'écouter par ailleurs les cajoleries des Espagnols, c'était, au bout de peu de temps, se perdre sans ressource », — il préféra ce dernier parti. Et en même temps qu'il infligeait à sa fidèle amie des mauvais jours l'humiliation de ce refus, il lui donnait un autre chagrin, en rompant brusquement la promesse de mariage du prince de Conti, son frère, avec Mlle <)<■ Chevreuse, mariage qui avait été l'oeuvre particulière de l.i Palatine.

Mais, après tout, ce désaveu même et cette orgueilleuse intransigeance de Condé mettaient dans le nouveau jeu de l'ingénieuse

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