‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 294 sur 615 · Mnn.. I. m, p · texte numérisé non relu

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D'ANNE DE GONZAGUE

d'exclusion jalouse* qui animait contre la noblesse exotique les gentilshommes de souche française. Quoi quil en soit, la disgrâce était trop réelle et le coup douloureux. Il parut déterminer dans le genre de vie de la Palatine un changement total. Jusqu'alors sa vie avait été celle de la plupart des grandes dames du temps : aussi dissipée et aussi frivole que possible. Si elle n'était plus en 1660 ce qu'on nous assure qu'elle avait été — « plus belle que la mère des amours- », — et si ses contemporaines même ne se gênent pas de dire qu'elle était alors vieillie et laide, elle n'en continuait pas moins de défrayer par les irrégularités de sa conduite privée la médisance d'une époque pourtant accoutumée aux scandales. Comme plusieurs autres fenmies de la cour, du reste, elle aimait aussi les plaisirs de l'intelligence. Elle encourageait les beaux esprits et les poètes : personne, dit encore l'historien des Précieuses, Somaize, « qui en connût mieux les talents et qui les accueillit plus obligeamment^ ». Elle-même avait beaucoup d'esprit, et Bussy-Rabutin nous a conservé dans ses papiers un échantillon de son style enjoué, une de ces analyses psychologiques où se complaisait la curiosité raffinée des conversations précieuses ^. Mais où la Palatine se distinguait des femmes

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