‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 304 sur 615 · Ego sum via, vila et veritas · texte numérisé non relu

Ego sum via, vila et veritas

i. Captiver. Le sens de faire

prisonnier subsistait encore au xvu' siècle : « Cessez, indignes fers, de captiver un roi ». Corneille, Médée, IV, 5. « iNous crions qu'on nous violente, quand on enchaîne les ministres,... et nous ne soupirons pas quand on captive la maîtresse même. » Bossuet, Sermon siir V Ambition (1662). Mais le sens figuré (captivité morale, soumission, humiliation) était fréquent depuis le xv° siècle : « L'orgueil de l'entendement qui ne veut se soumettre ou captiver. » Gerson (dans Litiré). « Cet amant... qui se captive sous ses lois. » Corneille, Psyché, VII, 539 (Grands écrivains).

« Quoi ! déjà votre amour soulTre qu'on le captive. » Racine, Britatinicus, II, 6. C'est de ces métaphores galantes qu'est dérivée la signification j)résente de captiver :

séduire, charmer. En 1692, le \\ Bouhours protestait contre captif au sens de priso7i7iier {Rem. 7iouv.

sur la langue française, l. I).

5. Comme pour comment : fréquent chez Bossuet : « Considérez, (iuns ce discours, comme \ku' une chute insensible on tombe d'une vie licencieuse à une mort désespérée. » Sermon sur l'impériitence finale, 1662. « Vous voyez comme les empires se succèdent les uns aux autres. » Discours siir l'histoire universelle.— fréquent au xvii* siècle.

« Albin, comme est-il mort? » Corneille, Polyeucte. III. i. « Je ne comprends pas comme vous puissiez trouver étrange.... » Sévigné, IX, 261 (Grands écrivains). « Je sais com?«e je parle.... » Molière, Tartufe, I, 5. — Cependant Vaugelas avait déjà protesté [Remarques, 1647) contre cet emploi :

« Comment et comme sont deux, et il y a bien peu d'exemples où Ton se puisse servir indilléremment de l'un et de l'autre. Il n'y a pas de doute que lorsque l'on interroge ou que l'on se sert du verbe demander, il faut dire comment. » Thomas Corneille, dans ses Remarques nouvelles (1687), approuve Vaugelas, et leur avis finit par prévaloir. Comme pour comment ne se trouve plus au xvni' siècle que chez les poètes. En prose, dit le Dictionnaire de Trévoux,

D'A>'NE DE GONZAGUE

parmi * les dures épreuves où- il met sa patience : « Ne crains point )) au milieu des maux dont tu te sens accablée, (( parce que je suis ton Dieu )) qui te fortifie; « ne te détourne pas de la voie où je t'engage, puisque je suis avec toi » : jamais [je ne cesserai de te secourir, « et le Juste que j'envoie au 5 monde », ce Sauveur miséricordieux, ce Pontife* compatissant « le tient par la main : » Tenehit te dcxtera jusli mei'^. Voilà, Messieurs, le passage entier du saint prophète Isaïe, dont je n'avais récité^ que les premières

comme employé indifférerament pour comment ferait souvent une équivoque; ainsi celte phrase:

« Voyez comme cet enfant travaille », n'a pas du tout le même sens que « Voyez comment il travaille ».

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