‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 312 sur 615 · Vaqaitonds : « les désœuvrés · texte numérisé non relu

Vaqaitonds : « les désœuvrés

sainte abbesse, qui savait donner le lait aux enfants aussi bien que le pain aux, forts*, les commencements- de la princesse Anne étaient heureux. Les mystères lui furent révélés; l'Écriture lui devint familière : on lui avait appris la langue latine^, parce que c'était celle de l'Église; et l'office divin faisait ses délices. Elle aimait tout dans la vie religieuse, jusqu'à ses austérités et à ses humiliations; et durant douze ans qu'elle fut* dans ce monastère, on lui voyait tant de modestie et tant de sagesse, qu'on ne savait à quoi elle était le plus propre, ou à conunander ou à obéir. Mais la sage abbesse, qui la crut capable de soutenir ^ sa réforme, la destinait au gouvernement; et déjà

errauls (les louristes ilu temps). »

Noie de ledit. J;uquiuet.

1. Métaphores tirées de i'Evangile. Lac vobis putum dedi, non escnm. nondum enim potcî'ntis (ICur., 111,2.)

2. Ce substantif appliqué à une personne, et non à une chose, est rare. On disait j)roverljialcmcnt, au xvn' siècle, « <ju'uu lionune [était] venu de petits commencements, quand il [s'était] élevé d'une basse fortune ^.Dict. de l'Académie (1694).

Cf. Or. fun. de Le Tellier : « Le reste de sa conduite répondit à de si beaux commencements. »

5. Précisément, dans une lettre du 50 septembre IGOj à Mme d'Albert, religieuse de Jouarre, Bossuet autorise les maîtresses des novices à leur l'aire lire l'histoire romaine dans les originaux » et, « pour le latin», « les lettres de saint Jérôme» et « les histoiresdeSulpice Sévère ».

Du reste, au xvn° siècle, les l'emmes du monde instruites savaient assez souvent le latin (Mmes de Séviçné, de la Fayette, de Motteville, la grande Dauphine. etc.).

4. Fut. On a, chez lîossuet, des occasions fréquentes de constater l'emploi des mots les plus simples (être, avoir) dans des cas oij nous serions tentés de rechercher plus de ju'écision ou d'élégance.

5. Proprement : empêcher de tomber. (Jf. plus loin, p. 357, .~)G."5. « Soutenir, dit le f. Bouhours (Entretiens d'A riste et d'Eugène, \('}~\), n'a pas toujours eu une signitication aussi ample que celle qu'il a.

On dit fort aujourd'hui : soutenir une négociation importante, soutenir ^oncarMlQvc. un personnage », etc. Cf. Sévigné, VI, 211 {Grands écrivains : « Un si heureux commencement mérite qu'on le soutienne. » « [Mlle de Grignan s'ellorçait] de soutenir les plaisirs [du bal] pendant que vous vous reposiez. »

Bossuet en fait un usage varié :

« Je ne puis plus soutenir ces grandes paroles par lesquelles l'arrogance humaine tâche de s'étourdir elle-même. » Or. fun.

d'Henriette d'Angleterre. « Duilius qui donna la première bataille navale la gagna; Ptégulus sotitintccWe gloire. » Discours sur l'Histoire universelle. « Il s'était lui-même réduit à une espèce d'oisiveté et de solitude, mais il la sut soutenir. »

Or. fun. de Le Tellier. « La seule simplicité d'un récit fidèle pourrait soutenir la gloire du prince de Condé. » Or. fun. de Coudé. « Le monde est trop aflaibli par son péché pour soutenir dans toute sa force le bonheur que Dieu lui envoie. » Élévations, Xl° semaine.

D'ANNE DE GONZAGUE

on la comptait parmi les princesses qui avaient conduit cette célèbre abbaye, quand sa famille, trop empressée à exécuter ce pieux projet, le rompit *. Nous sera-1-il permis de le dire? la princesse Marie 2, pleine alors de l'esprit du monde, croyait, selon la coutume des grandes maisons, que ses jeunes sœurs devaient être sacrifiées à ses grands desseins. Qui ne sait où^ son rare mérite et son éclatante beauté, avantage toujours trompeur, lui firent porter ses espérances*? Et d'ailleurs dans les plus puissantes maisons, les partages ne sont-ils pas regardés comme une espèce de dissipation, par où^ elles se détruisent d'ellesmêmes, tant le néant y est attaché ! La princesse Bénédicte, la plus jeune des trois sœurs, fut la première immolée à ces intérêts de famille s. On la lit abbesse, sans

(cité par Jacquinet, Orais. funèbi'ex, p. 573). Cf. La Rochefoucauld, II, 536 (Grands écrivains) : « il voulut soutenir son dessein jusqu'au bout. »

1. Rompre, dans le sens de faire manquer. èln'û très fréquent auxvi' et dans les deux premiers tiers du XMi" siècle : « La fortune lui rovij)it son dessein. » Brantôme, ci(é |)ar H. Régnier, Lexique de La Fontaine. « Avoir rompu le mauvais dessein.... » Mallierbe, traduction (lu Dr bencficiis. III, 10 (dans Jac- (|uinet).« Le ciel rompt le succès (|ue je m'étais promis. » Corneille, Cinna. V, 2. Rompre une affaire, un voyage, ime liaison, la paix, etc.

(La Rochefoucauld) « Si vous aviez été à Paris, vous auriez rompu toutes mes mesures. » Sévigné, II, •.•1 (Grands écrivains). On trouve UMC fuis dans La Bruyère « rompre une entreprise », II, 121 (Ibid.) Cf.

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