Désolé. Bossuct, dont la langue
dans le tombeau de leur époux; y enterrent tout amour hum.'iin avec ces cendres chéries; et délaissées sur la terre, « niellent leur espérance en Dieu, et passent les nuits et les jours dans la prière ! » Voilà l'état * d'nne veuve chrétienne, selon les préceptes de saint Paul : élat oublié parmi nous, où la viduité-est regardée, non plus comme un état de désolation, car ces mots ne sont plus connus, mais comme un état désirable, où, affranchi de tout joug, on n'a plus à contenter que soi-même, sans songer à cette terrible sentence ^ de saint Paul : « La veuve qui passe sa vie dans les plaisirs'^; » remarquez qu'il ne dit pas la veuve qui passe sa vie dans les crimes'' ; il dit : « La veuve qui la passe dans les plaisirs, elle*^ est morte
est toujours pénétrée do latinité, donne sans rlouto ici à ce mut une force ])arliculière, tirée de j'élyniologie soins. Ci. une lettre (citée par Jacquinetj de BossTiet à la sœur Coruuau, veuve retirée au couvent :
« Le propre de la viduité est un défroùt plutôt qn'iui mépris du monde.
Il lui faut porter ini deuil éternel, au dehors ])ar la modesde et la simplicité, et au dedans par cette sainte désolation que l'Apôtre a prêchée. Etre (lé.solce, c'est être seule : la désolation vient de la solitude; une âme est seule, parce qu'elle n'est rien sur la terre » Cf. Corneille, .Agésilas, III, 1 : « Mon palais près du vôtre est un lieu flcsolé, »
et Malherbe : « Les nomades n'ont bergerie qu'il (le lion) ne suflise à désoler. » 1, 217 {Grands écrivains). « Nous allâmes au Cours (la Reine) qui était, du commencement (de la journée), tjien désolé. » Un voyage à Paris en 1637, p. p. Faui:ére,'p. 134.