Malig7iité : méchanceté
« Je connaissais la 7nalignilé du
D'AISÎNE DE GONZAGl'E.
amis, ou partagés*, ou irrésolus, ou infidèles? Que ue lui promit-on pas dans ces besoins ^ ! Mais quel fruit lui en revint-il, sinon de connaître par expérience le faible des grands politiques; leurs volontés changeantes, ou leurs paroles trompeuses; la diverse face^ des temps; les amusements* des promesses^; l'illusion^ des amitiés de la terre, qui s'en vont avec les années et les intérêts; et la profonde obscurité du cœur de l'homme, qui ne sait jamais ce qu'il voudra, qui souvent ne sait pas bien ce qu'il veut, et qui n'est pas moins caché ni moins trompeur à ^ lui-même qu'aux autres ?0 éternel roi des siècles.
duc (io Deaurort; » La Rochefoucauld, H. 84 {Grands écrivains).
« Sa malignité \\ Punit sur eux l'appui que je leur ai prêté. »
Wvn:\nc. Britannicus, V, 57.
1. l'arlagés, c'est-à-dire divisés entre eux (et non pas, hésitantsK Cr. Corneille : « Deux sommets /;«/•tagent la ville: || Deux sommets partagent la cour. >> \, Ml {Grands écrivains). La Rochefoucauld : « Le Parlement n'était |ias moins partagé que le peu])le. » II, 350 iibicL). Racine : « Achille furieux || Epouvantait l'armée et partageait les dieux. » Iphigénie. V. 0.
-2. Ces besoins, l'iuriel moins rare au xvn" siècle que de nos jours. Racine. Milkridate, IL 2 :
« Quitter en de si grands besoins\\ Vous le l*ont, vou-^ Golclios, coudés à vos soins ! » .Nicole (dans le Dictionnaire (le Furetière) : « On n'a souvent recours à Dieu que dans les besoins. »
">. Face : aspect. Vaugelas en 1(U7 trouvait r]ue face, ridiculisé par un emploi trivial, ne pouvait plus s'emidoyer dans le sens de visage, que dans certaines expressions toutes faites; Chapelain. Ménage, Thomas Corneille protestèrent, r.in^i (|uc' l'Académie en ITOi, tout en oii-ervaiil (ju'en elfel face a pliisdu^a^e ■.\u/ignre. Cf. Racine ; « Votre lortuue cliange et prend nue
autre/'rtce.»P/uY//r,L-l.«Le cardinal de Richelieu changea la face de l'Europe. » Fénelon (dans le Dictionnaire de Furetière-Basuage).
i. Amusements : promesses destinées à relarder et à distraire. Le Dictionnaire de l'Académie de 1694 ne donne que ce sens pour le verhe amuser, et non celui ùcréjouir. Cf.
La Rochefoucauld : « Je reconnus qu'il voulait faire de ce traité notre
amusement.