‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 332 sur 615 · II. 452 i Granis · texte numérisé non relu

II. 452 i Granis

écrivains). Racine, Bérénice. IL 2:

«Faihles a?» «.se»i(?«/s d'une douleur si grande. » Dans La Bruyère, aHiHscment ne veut plus dire ([ue jeu :

« [La coquette- a plusieurs amusements à la fois. » I, 17G [Grands écrivains).

5. Les amusements des promesses : tournure latine, pour « les promesses destinées à amuser ».

6. L'illusion des amitiés : le caractère illusoire, tromi)eur, l'illusion que produisent les amitiés :

« De toutes les passions la plus pleine d'illusion, c'est la joie. » Bossuet, Sermon sur les Condilions yiéccssaires pour être heureux (i(i()9).

« Jouet éternel do toutes les iUusions du monde « (de toutes les illusiitns que jirodnit le monde).

(Ibidem.) Cf. \). 7, n. 1.

7. Cet emploi de à a|>iès un adjectif, fréi|ueiit eliez Bosquet (cf.

plus haut, p. 321, n. 7; i)lus loin,

ORAISON FUNÈBUË

(jui possédez seul l'immortalité, voilà ce qu'on vous préfère; voilà ce qui éblouit les âmes qu'on appelle grandes! Dans ces déplorables erreurs, la princesse Palatine avait ' les vertus que le monde admire, et qui font qu'une âme séduite 2 s'admire elle-même : inébranlable dans ses amitiés, et incapable de manquer aux devoirs humains. La reine sa sœur en fit l'épreuve dans un temps où leurs coMU's étaient désunis. Un nouveau conquérant s'élève en Suède ^. On y voit un autre Gustave non moins lier*,

1», ir>5. )i. 4, 4° sermon ])our l'àqiu's : « Ce l'ut uiit; doclriiir l>iL'ii nouvelle nu inondo »; Or. fan.

de Coudé : « Par une espèce de latalilé (jlorieiise à ce conquérant, » — ne l'est pas moins chez ses contemporains. Corneille. Pompée, V,l : « .1 ma douleur oh'jelterrible et tendre ». La Rochel'oucauld : « Cette puissance d'Kspapne si formidable à tous les roi.s du monde. » I. 538 {Grands écrivains).

« Il espérait de se rendre considérable à ces deux princes. » Racine, l-Jslher, II, 1 : « Ah ! que ce temps est long à mon impatience! « Dictionnaire de TAcadémie, 1H94 :

« Leur douleur est publique à toute la terre. » La Bruyère : « L'ne alVaire capiialeà lui etawx siens.»

1, 211 {Grands écrivains).

1. Avait. Voy. p. 77, olo. Bossuet emploie sans scrupule le verhe avoir dans beaucoup de cas où, pour ne pas laisser faiblir l'expression, nos écrivains cherchent un autre verbe ou un autre tour.

« Celte sincère résio;nation qu'elle n eue aux ordres de Dieu. » Or.

fun. d'Henriette d'Ançileterre- « Les âmes innocentes o»/-elles aussi les pleurs et les amertumes de la pénitence? » Or. fun. de Marie-Thérèse. « Les grands rois eurent bientôt après les honneurs divins. » Histoire u}iiverselh% II,

2. « Dans la guerre qu'avait David contre la maison de Saiil. »

Mormon j)Our Pâques, \" p. «Ni la terre, ni l'eau, ni l'air n'auraient jamais eu les plantes ni les animaux... si Dieu.... » llistuire universelle, II. 1. » iNote de Jacquiuet, édit. des Orais. funèbres, p. 19.

2. Séduite : non pas cliarmée de soi-même, mais au sens latin, conduite en dehors du bon chemin, dévoyée; d'oii trompée, abusée, acception qui ne se trouve guère que dans les poètes ; « Ma fureur jusque-là n'oserait me séduire"! »

Corneille. Médée, II, 1. « (^herPylade, crois-moi : la pitié le séduit.»

Racine, Androninque, III, 1 ; et qui ne s'employait plus, d'afirès les dictionnaires {Académie. 109 i, et Furelière. I690), qu'en religion et qu'eu morale.

5. Charles-Gustave succéda en 1634 à la reine Christine. Le roi de Pologne, Jean Casimir, protesta en qualité de descendant des Vasa. En 16oo, Charles-GUslave envahit la Pologne et chassa Jean Casimir de ses Etats, dont il demeura maître en juillet 1636 après une sanglante bataille près de Varsovie.

4. Fier, ici au sens iVorgueilleux, ayant de lui-même une haute opinion; c'est dans cette acception que l'emploient La Rochefoucauld, Sévigné, La Fontaine, La Bruyère.

Mais aux yeux des beaux esprits du temps, fier avait une nuance très « line », dit le P. Bouhouis, et « toute fraucoise ». « Car enlin.

DAN>'E DE GONZAGUE

ni moins hardi, on moins belliqnenx que celui dont le nom fait encore trembler l'Allemagne. Charles-Gustave parut ^ à la Pologne surprise et trahie comme un lion- qui tient sa proie dans ses ongles, tout prêt à la mettre en pièces. Qu'est devenue cette redoutable cavalerie qu'on voit fondre sur l'ennemi avec la vitesse d'un aigle? Où sont ces âmes guerrières, ces marteaux d'armes ^ tant vantés, et ces arcs qu'on ne vit jamais tendus en vain? >'i les chevaux

fier, dans le sens que lui donnent les gens polis, n'a rien de choquant et est plutôt une louange qu'une injure. Il signifie quelque chose de délicat et de vertueux; s'il y entre de l'orgueil, de l'audace, de l'air galant, c'est un nohle orgueil, c'est une audace mêlée de pudeur, c'est un air galant honnête. La fierté dont nous parlons est toujours accomjiagnée de la helle gloire. ..

Quand fierté se dit d'un homme, il sigiiilic particulièiGuieiit iiauteur d'âme, passion pour la gloire, délicatesse d'honneur, je ne sais quoi de grand et de vil' dans les sentiments et dans l'air, qu'on ne saurait hicn exprimer que par le mot même de lierlé. On y ajoute quelquefois une épilhéle {par ex., celle (le noble). .Ainsi le P. Maimhourg dil. en parlant du roi des Huns :

ilcfttitit l'epee à la main et la iitnntrattt à suii armée d'un certain air (le fierté mêlé d'allé- (/rcsse : ])uis regardant les ennemis avec un sourire méprisant qui faisait comprendre qu'il se tenait fort assuré de la victoire, il fit sonner la charqe. Voilà en petit le portrait d'un homme fier puiir le regard de la guerre. » Remarques nouvelles sur la lanijue française, t. I (161>2).

1. Paraître, fréquent au xvii' siècle au sens pliysi(]ue et moral de se monti'er, se manifester, être visihle, ajyjuiraitre. « Paraître, dil le P. Uouhours (Rem. nouv.

sur la langue française, t. II, p. 187 1, se dit généralement de tout ce qui tombe sous la vue. Apparaître ne se dit guère que des esprits ou des spectres. » Sévigné :

« Il s'en faut hien que vous ne m'écriviez de votre honne encre :

à peine votre lettre a-t-elle pu paraître à mes yeux ». X, 9i. « Nulle amitié ne parait devant la sienne. »

V, 77 [ibid.). La Rochefoucauld :

« Nous verrons M. le Prince et M. de Turenne disputer de la gloire des armes. Ils paraîtront avec une valeur et une expérience égale. »

1. 520 {Grands écrivains). « Le coadjuteur de Paris n'avait point encore paru dans les affaires ». II, 104 (ibid.). Racine, Alexandre. IV, i : « Quoi ! Porus n'est point mort?

Porus vient de paraître'! » BossueL Élévations, XV, 7 : « La vie prophétique qui parait dans Éiie, dans Elisée . . était pleine d'au>térilés. » — Cf. p. oiè, n. 5, et p. 54t!, n. 7.

2. Com])araison aussi fréquente dans la poésie biblique (Isaie. o, 29: 21, 8; 58. 15; Jérémie. 2. 15;

2. 50 ; 4, 7 ; 25, 58 : 51, 58 ; Daniel, 7, 19) que dans la poésie homérique, (lue Bossuet connaissait aussi bien.

5. « Marteaux d'armes est une arme dont se servent les Polonais, qui d'un côté est plate et ronde et de l'autre est tranchante et faite comme une hache.» Dict. de Furelière, 1090.

ORAISON FINÈBRE

ne sont vîtes', ni les hommes ne sont adroits, que- pour fuir devant le vainqueur. Eu même temps la Pologne se voit ravagée par le rebelle Cosaque, par le Moscovite infidèle, et plus encore par le Tartare^, qu'elle appelle à son secours dans son désespoir. Tout nage dans le sang, et on ne tombe que sur des corps morts. La reine n'a plus de retraite; elle a quitté le royaume : après de courageux, mais de vains* efforts, le roi est contraint de la suivre : réfugiés dans la Silésie, où ils manquent des choses les plus nécessaires, il ne leur reste qu'à considérer de quel coté allait tomber ce grand arbre ébranlé par tant de mains, et frappé de tant de coups à sa racine, ou qui en enlèverait les rameaux épars ^. Dieu en avait disposé autrement. La Pologne était nécessaire à son Église ^, et

1. Vt/^'s: adjectif encore en usa^e jusqu'à la fin du xvii' siècle : « Le pouls est jjlusr^'/t' qu'à l'ordinaire. » Descartes, Traite des Passions.

« Des chevaux viles comme des éclairs. » Sévii;né. II. 17 (Grands écrivains). « 'lu le vantais d'èlrc si vite ! » La Fontaine, Fables, V, 17. « Son chariot qui était le plus vite du monde. » Racine, Remarques sur Pindare. Bossuet s'en est servi plusieurs fois (voir Serrtuins choisis, p. 2i4. n. 2) jusque dans ses derniers écrits. (Cf. Or. fun. de Condé, ci-dessous, p. 506, n. o. et p. 521.) Toutefois ni Racine dans ses tragédies, ni La Rochefoucauld, ni La Bruyère ne l'emploient.

2. Que : si ce n'est.... Tournure que Yaugelas jugeait « très française et très élégante ». {Remarques.

1647.) Cf. p. 185. 187.

3. Les Cosaques soumis aux Polonais depuis 1520 environ, les Moscovites leurs alliés, et les Tartares profitèrent des désastres de la Pologne pour se déclarer contre elle.

■i. A})rès de courageux, mais de vains.... Littré : <c Faut-il dire :

Je me suis entretenu avec de hons

et de sages personnages, ou avec de bous et sages personnages? » Il résulte des exemples de nos graiids écrivains et de Bossucl en particulier que l'une et l'autre tournure est permise, mais qu'il n'est lét;itime d'employer la seconde « qu'au cas oij les adjectifs n'expriment j'as des qualités inconciliables. Ainsi il ne faudrait pas dire : il cède à de bonnes et mauvaises pensées. »

Ainsi Bossuet, un peu plus loin, pourra dire : « Revenue rf'une si longue et si étrange défaillance. »

Cf. p. 72. n. 7.

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