Fureur. Le sens pathologique de « rage, manie, frénésie
[furor) est celui que donne eu premier lieu le Dictionnaire de l'Académie, 1694. « La morsure des animaux enragés rend les hommes malades de fureur. La fureur est nu cas d'interdiction. » Dict. de Furetière. 1694. Et Bossuet, entre autics exemples : « .\voir tant de soin de si jieu de chose (le cori>s)... n'est-ce pas une extrême fureur'! « « Violent transport de colère « n'est que le second. Cf. Racine, Phèdre. III, 1 : « Sers ma fureur, (Enone, et nou pointma raison. » — La force du mot s'atténuait déjà. >■ L'envie est une fureur qui ne peut souil'rir le bien des autres. » La Rochefoucauld. >■ Laissez à Corinne la passion ou la fureur dos charlatans. » La Bruvère.
ORAISON FIXÈBRE
point de place* dans les esprits-? Qui leur résoudra ces doutes, puisqu'ils veulent les appeler de ce nom? Leur raison, qu'ils prennent pour guide, ne présente à leur esprit que des conjectures et des embarras, Los absurdités où ils tombent en niant la religion deviennent plus insoutenables que les vérités dont la hautein- les étonne^; et pour ne vouloir pas croire des mystères* inconij)réhensibles, ils suivent^. Tune après l'autre, d'incompréhensibles erreurs 6. Qu'est-ce donc après tout, Messieurs, qu'est-ce que leur malheureuse sinon une erreur sans fin, une témérité tout, un étourdissement volontaire, et, en orgueil qui ne peut souffrir son remède, qui ne peut souffrir une autorité légitime? Ne croyez pas que l'homme ne soit emporté que par l'intempérance des
incrédulité, qui hasarde un mot, un c'est-à-dire.
1. Trouve point de pince: Que l'esprit humain, par ualure, se refuse, pour ainsi dire, à admettre, qu'il répugne à loger en lui. « Qui locuin non habet. » Jacquinet. Cf.
Élévations, xv, 7 : « C'était un miracle dont Dieu n'avait point encore donné l'exemple et qui ne pouvait tomber clans l'esprit humain. »
2. Ce pluriel du mot esprit {in hominum unimis) est fréquent au xvii^ siècle, où nous mettrions plutôt le singulier : « Affermir les esprits des peuples. » La Rochefoucauld, II, 518 (G?*, écrivains).
5. Etonne, elfraie, trouble, déconcerte. Cf. Bossuet, 1" Serm.
pour le Vendredi-Saint (1660) :
« Ce visage, [mon Dieu,] dont vous étonjiez les réprouvés. » Id., Sermon sur la Justice (1666) : « [Ce sujet] w'étonne par son importance.... Sire, votre présence, qui devrait m étonner..., me rassure et m'encourage. » Cf. Senault, De l'Usage des Passiojis fcité parMontigny. Or. funèbres de Bossuet, p. 8ij. « On dressa des bûchers pour
étonner les coupables. » La Rochefoucauld : « La cour étonnée de la mort du cardinal de Riclielieu. »
II, 49 {Grands écrivains). La Fontaine : « Les trompes et les corps font un tel tintamarre || Que le bonhomme est étonné. » Fables, IV, 4. Racine: «Quoi! déjà votre foi s'affaiblit et s'étonnef » Athalie, T, 2.