‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 421 sur 615 · Textes cités par Jung, ubi supra · texte numérisé non relu

Textes cités par Jung, ubi supra

DE MICHEL LE TELLIER. 385

qiiise, l'y a rendu très consommé. C'est ce qu'avouent tous ceux qui pour ceci ont à passer par ses mains. Les officiers d'épée et tous les gens de guerre s'en louent fort, rencontrant en lui une civilité agréable ; point de faste, de la facilité à comprendre les choses à demi-mot et -quoique mal expliquées; une prompte résolution et expédition. Qualités qui plaisent le plus à ceux qui font profession des armes et sans lesquelles il esf très difficile de se bien démêler avec eux. »

Ces qualités, il n'était pas impossible de les dépeindre dans une oraison funèbre, et un des confrères de Bossuet, le père Maboul, l'a fait dans l'éloge de Le Tellier qu'il prononça la même année que lui. L'évèque de Meaux — sans doute pour un motif d'édification dont j'ai expliqué ailleurs l'importance^ — ne crut devoir louer en son héros que le magistrat; mais la manière dont il devait décrire plus tard, dans l'oraison funèbre de Condé, les mérites professionnels de son héros guerrier, nous donne certainement lieu de regretter ici sa discrétion.

Il n'insiste pas non plus — quoiqu'il l'eût désn^é peut-être, et quoique Le Tellier lui-même, dans sa plus haute fortune, n'eût jamais rougi de ses origines '^ — sur ce fait que r « homme incomparable » qu'il célèbre était essentiellement un « parvenu ». Le Tellier ne fit jamais vanité d'une belle généalogie, dit l'abbé de Choisy; et il eut bien raison. Sa toute petite noblesse était d'hier; elle n'avait même pas, ce semble, l'ancienneté de celle de la famille de son panégyriste^. Son grand-père avait commencé par être correcteur à la Chambre des Comptes de Paris, c'est-à-dire un des trente-huit magistrats chargés de la revision des comptes financiers, fonctionnaires qui marchaient dans les cérémonies, revêtus d'une simple robe de (lamas noir, après les « conseillers maîtres'*». Et probablement il avait dû cet emploi à la faveur du duc de Mayenne, à qui sans doute il avait rendu des services pendant la Ligue dans les

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