‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 424 sur 615 · Cf. G. HanolaiLX, Origines de · texte numérisé non relu

Cf. G. HanolaiLX, Origines de

avaient un rôle fort considérable. Non seulement ils devaient pourvoir à la subsistance, aux « vivres » et à l'arnieinent des troupes, mais l'adniinislralion de la justice, de la police et des linances leur était conliée dans toute l'étendue de la province où opérait l'armée à laquelle ils étaient attachés. De plus, c'était dans des conditions particulièrement difliciles que Le Teilier allait avoir à exercer cette charge. Il était envoyé dans le Piémont, qui n'était province française que par accident provisoire. Le duc de Savoie étant mort, sa veuve, « Madame Royale », sœur de Louis XIII, avait été portée et maintenue à la régence, au détriment des frères de son mari, grâce à l'appui de Richelieu. Mais elle prétendait rester neutre entre la France et l'Espagne. Il avait fallu lui imposer inie alliance défensive et olïénsive avec nous, et, pour l'y maintenir, occuper ses États. L'intendant qu'on y envoyait devait être ambassadeur et administrateur à la fois. D'une part, il devait veiller à ce que « la justice fût rendue bonne et prompte, selon les ordonnances », non seulement aux sujets du roi de France, mais aux « autres » ; avoir « l'œil à la direction et au maniement des deniers » de la France, ordonner et exécuter tous les « emprunts et contributions » nécessaires à l'entretien de l'armée, — et, de plus, il lui fallait « informer contre toutes les entreprises, pratiques et menées contre le service du roi* ». Enfin, à supposer même que, de ce chef, il ne s'élevât aucune difficulté particulière, la tâche ordinaire de l'intendant était encore assez délicate : véritable commissaire ci\il de surveillance placé aux côtés du commandant militaire, avec une autorité en effet égale à la sienne, en apparence inférieure, et obligé d'autant plus de ménager le général en chef et ses lieutenants, que ceux-ci appartenaient d'ordinaire à la plus haute noblesse, et qu'ils devaient voir d'un œil fort peu clément ces « robins » dont on leur imposait le contrôle. Aussi bien les instructions reçues par Michel Le Teilier du surintendant de Bullion- nous font-elles comprendre, malgré leur réserve officielle, ce que la situation avait de malaisé. L'mtendant, y est-il dit, « s'insinuera le plus doucement qu'il lui sera possible, aux bonnes grâces de M. le

Vinstitution des intendants des provinces, p. 57-50.

1. Commission du Roi à Le Teilier, 5 sept. 1640, citée par Caron. Hlichel Le Teilier intendant dUirmée.

t. XII, p. 1 à 4. Le tin-e de Le Teilier était « intendant de la justice, police, finances et vivres en notre armée d'Italie ».

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