‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 43 sur 615 · Ro?n., VII · texte numérisé non relu

Ro?n., VII

DU P. BOURGOING

Se peut-il faire, mes frères, que nous ayons tant d'attache^ à cette vie et à ses plaisirs, si nous considérons attentivement combien est dure la condition avec laquelle on nous l'a prêtée? La Nature, cruelle usurière, nous ôte tanlùt un sens et tantôt un autre. Elle avait ôté l'ouïe au P. BouRGoiNG, et elle ne manque pas tous les jours de nous enlever quelque chose comme pour l'intérêt de son prêt, sans se départir pour cela du droit qu'elle se réserve, d'exiger en toute rigueur la somme totale à sa volonté-; et alors où serons-nous? que deviendronsnous? dans quelles ténèbres serons-nous cachés? dans quel gouffre serons-nous perdus? 11 n'y aura plus sur la terre aucun vestige de ce que nous sommes^. « La chair changera de nature, le corps prendra un autre nom; même celui de cadavre, dit Tertullien, ne lui demeurera pas longtemps; il deviendra un je ne sais quoi, qui n'a point de nom dans aucune langue : » tant il est vrai que tout meurt en nos corps, jusqu'à ces termes funèbres, par lesquels on exprimait nos malheureux restes : Post toliLin illud ignohiidalis elogium, caclucœ carnis in or'ujinem terram, et cadaveris nomen; et de isto quoque nomine periturx in nuUum inde jam nomen, in omnis jam vocnhnli morte ni''.

Et vous vous attachez à ce corps, et vous bâtissez sur ces ruines, et vous contractez avec ce mortel une amitié inuiiortelle ! 0 que la mort vous sera cruelle-^ ! ôque vainement vous soupirerez, disant avec ce roi des Amaléciles:

1. Allachr où nous dirions allarlwmi'iil. l'tait diiii cmiiloi cniiranl au XVII" sii'dr'. " l)t'ti(>iii|pniis, s'il sipiMif. les lioinincs ilc ci'lto nlliitlic l'iiritMisc à ce qui s'aiipoilc lorlinu^. » Bossuet, ècnuoii sur l'.\inhilioii. Exorde. « Il a hoaucoup d tilhichc à IV'tudi'. » l>icl. tk' Turt'tirrc.

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