‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 42 sur 615 · Matlh., XVI · texte numérisé non relu

Matlh., XVI

DU P. BOURGOOG.

doit aimer l'unité *, et quiconque aime l'unité doit avoir une adhérence^ immuable à tout l'ordre épiscopal, dans lequel et par lequel le mystère de l'unité se consomme, pour détruire le mystère d'iniquité, qui est l'œuvre de rébellion et de schisme. Je dis à tout Tordre épiscopal; au pape chef de cet ordre et de l'Église universelle, aux évêques chefs et pasteurs des éghses particuhères. Tel est l'esprit de l'Église, tel est principalement le devoir des prêtres, qui sont établis de^ Dieu pour être coopérateurs de l'épiscopat. Le cardinal de Bérulle, plein de l'esprit de l'Église et du sacerdoce, n'a formé sa congrégation que dans la vue de ce dessein*; et le P. François BouKc.oiNG l'a toujours très saintement gouvernée dans^ cette même conduite 6.

Soyez bénie de Dieu, sainte compagnie; entrez de plus en plus dans ces sentiments : éteignez ces feux de division, ensevelissez sans retour ces noms de parti. Laissez se débattre, laissez disputer et languir dans des questions' ceux qui n'ont pas le zèle de servir l'Église :

1. Doit aimer V unité. Comparez avec tout ce passage le Sermon sur l'Uniié de r Eglise (voir Serrrions choisis, éd. class. Hachette, p. 467- 501), prononcé en 1()82, alors que rinclépendancc gallicane menaçait l'Eglise d'un schisme français. En 1662, le Jansénisme, qui comi)fait dans les communautés oralnricnnes de nombreux j)ailisans, était une cause (le divisions profondes au sein de la congrégation; et c'est ce (|ui exiili(|ue l'insistance avec la- (luclle Hossuft (lévelo|ipc cette idée de l'unité ecclésiastique.

2. Adhérence, altachement. « I,a foi est mu' adhérence de cœur à la véiité éteiMielle. » Bossuet, seiinou ^nr la Charité, 1" p. « L'adfiérence du cœur à des biens invisibles et éternels. » Massiilon, sermon sur VAssiimptinn (dans Litlré).

•i. C'esl-à-dire en considérant, en

ayant devant les yeux ce dessein.

Expression fréquente au xvii" siècle. « Bien loin de s'olfenser que l'on diminue leur puissance dans cette vue » ( dans la vue d'augmenter celle de Dieu). Bossuet, sermon sur Y Ambition. « Je me lis hier saigner du pied dans la vue de vous plaire. » Sévigné. « Un mépris de l'honneur dans la vue d'un vil inléiét. » La Bruyère, Caracl. de Théophraste, IX.

o. Dans. D'après. Dans « se jjrenil pour selon : cela est vrai dans les principes d'.\risti)te ».

Dict. de r.\cadémie, l»')*.»!. « Si ce divin archilecto... laisse loud)er liièce à pièce ce vieux bâtiment de ton corps, c'est qu'il veut le rebâtir dans un meilleur ordre. » Bossuet, sermon sur la Mnrt.

t). Conduite. Cf. p. Ô(M), n. 1.

7. Question. l'i'oposilion à examiner, à discuter. « Lors(iue ces

d'autres pensées vous appellent, d'autres affaires demandent vos soins. Employez tout ce qui est en vous d'esprit ^ et de cœur, et de lumière, et de zèle, au rétablissement de la discipline, si horriblement dépravée et dans le clergé et parmi le peuple.

Le P. Bourgoing travaillait pour sa part à cette œuvre de relèvement; par exemple en préparant la création de séminaires particuliers pour chaque diocèse. Il animait ses pères de son zèle, et de son esprit. Il leur donnait Icxemple de l'activité, et celui de la mortification. Ce dernier fait conduit Bossuet à insister sur la nécessité de la lutte que devrait soutenir à toute heure l'âme chrétienne contre le corps périssable dont elle doit se séparer bientôt :

Car que faisons-nous, chrétiens, que faisons-nous autre chose, lorsque nous flattons notre corps, que d'accroître la proie de la mort, lui enrichir son butin, lui engraisser sa victime? Pourquoi m'es-tu donné, ô corps mortel, fardeau accablant, soutien nécessaire, ennemi flatteur, ami dangereux, avec lequel je ne puis avoir ni guerre ni paix, parce qu'à chaque moment il faut s'accorder, et à chaque moment il faut rompre? 0 inconcevable union, et aliénation ^ lion moins étonnante! « Malheureux homme que je suis ! qui me délivrera de ce corps mortel ? )) Infelix ego fiomo! quis me liberabit de corpore mortis hujus^? Si nous n'avons pas le courage d'imiter le P. Bourgoing dans ses austérités, pourquoi flattons-nous nos corps, nourrissons-nous leurs convoitises par notre mollesse, et les rendons-nous invincibles par nos complaisances?

doux ^'^rand? prélats (Bossuet et Féiielnii) fureul brouillés par une question subtile et délicate, qui ne pouvait guère être une question que pour d'habiles théologiens. »

Fontenelle. Eloge de Malezieu.

Page 1