Encore que. Cf. ]). 503, n
3. Concertés. Mot très usité au xvn° siècle, et avec des sens très variés. « Concerter se dit liguréinent on choses morales, en parlant des assendjlées de gens qui sont dans n\\ même intérêt, pour aviser aux moyens de laire réussir quelque affaire.On ne saurait trop concerter les grandes entreprises. On le dit même en parlant d'une personne seule (|ui raisonne en elle-même sur l'exécution de quelque chose. 11 a lont;lenqîs concerté dans son esprit, il a bien examiné toutes les circonstances de ce dessein avant que de l'enlreprendre. » Dict.i\c Fureliére, IC/.IO. Cf. Racine : « Cela fnl fait cunune il l'avait concerté. » VII, 4*J
(Grands écrivains) ; — La Rochefoucauld : « Le cardinal accusa la reine d'avoir concerté cette entreprise avec le duc. » IL 15 [Grands écrivains}. — De là le sens de composer son maintien, ses discours.... « Il n'avait pas songé le moins du monde à concerter ses paroles et ses actions. » Racine, IV, 578. Par dérivation, concerté se dit des personnes dont les actions sont « étudiées, affectées et souvent hypocrites » (Furetière). « Ils sont comme liêtris de phrases et de petits tours d'expression, concertés dans leur '^este et dans tout leur maintien. »
La Rruyère, I, 225. — Concerter signifiait encore : s'accorder avec; « Mais j'aurais souhaité qu'en cette occasion || L'amour concertât mieux avec l'ambition. » Corneille, Pulr/u'm', 228. « Pardonnez moi ce mot qui sent le révolté; || .\vec le cœur peut-être il est mal concerté. »
Id.. X, 388. Concerter se disait enfin en termes de nmsique : « La musique en sera d'autant mieux concertée. » La Fontaine, IX, IGO.
-t. Cf. p. 3(*5, n. 1.
5. Sapientia desnrsuni descendens. (J;ic. Epist. Cath. III, 15.)
ORATSON FUNÈBRE
C'est elle dont la prévoyance s'étend aux siècles futurs, et enferme dans ses desseins l'éternité tout entière. Touché de ses immortels et invisibles attraits, il l'a recherchée avec ardeur, selon le précepte du Sage. « La sagesse vous élèvera, dit Salomon, et vous donnera de la gloire quand vous l'aurez embrassée. » Mais ce sera une gloire que le sens humain* ne peut comprendre. Comme ce sage et puissant ministre aspirait à cette gloire, il l'a préférée à celle dont il se voyait environné sur la terre. C'est pourquoi sa modération l'a toujours mis au-dessus de sa fortune. Incapable d'être ébloui des 2 grandeurs humaines, comme il y paraît sans ostentation, il y est vu sans envie; et nous remarquons dans sa conduite ces trois caractères de la véritable sagesse : qu'élevé sans empressement aux premiers honneurs, il a vécu aussi modeste que grand; que dans ses importants emplois, soit qu'il nous paraisse^, comme chancelier, chargé de la principale administration de la justice, ou que nous le considérions dans les autres occupations d'un long ministère, supérieur à ses intérêts, il n'a regardé que le bien public; et qu'enfin, dans une heureuse vieillesse, prêt à rendre avec sa grande àme le sacré dépôt de l'autorité si bien confié à ses soins, il a vu disparaître toute sa grandeur avec sa vie, sans qu'il lui en ait coûté un seul soupir : tant il avait mis en lieu haut et inaccessible à la mort son cœur et ses espérances. De sorte qu'il nous paraît*, selon la promesse du Sage, dans a une gloire immortelle )), pour s'être soumis aux lois de la véritable
1. L'intelligence humaine. Expression très fréquente dans la langue de Bossuet. « Encore que son fonds (de l'idolùtrie) fût une ignorance brutale et une entière dépravation du sens hiivtnin. elle voulait se parer de quoKiues raisons. » Bossuet, Histoire universelle, II (dans
Littré). « Le sens humain abruti ne pouvait plus s'élever aux choses intellectuelles. » lé.Jbid.. II. 2. — En latin, sentire est souvent syno nvnie AintelUgere.
-2. Cf. p. 304. n. 5.