l'mir le sens actif de ce mot, cL p. 306, n
■i. En ancien français, les noms propres do lieux, aussi bien que les noms d'hoinmes ou de peuples se construisaient généralement sans ai-liclo : << Morveillus hum est Caries Il Ki conquist Puille et trestute C'rt-
labre. » Chanson de Roland, \. 370 (dans Brunot, Gramm. historique de la langue française. § 327).
Cet usage s'est conservé jusqu'au wif siècle. Malherbe écrit : « Les chênes d'Epire; le dieu de Seine \ aux bords de C/!rtre»/e » (dans Chassang, Gramm. française, cours sujjérienr, § 194) ; La Rochefoucauld : « 11 est tout à fait de lintérèt A'Espagne de foitilicr ce parti. 1) III, 83 {Grands écrivains) ; La Fontaine • « Avant que sortir des confins d'Italie. » iV. 41 (ibid.) : Racine: «AdoTize milles d'Italie. » VI, 153 (ibid.). On ne trouve pas chez La Bruyère cette omission de l'arti cle devant les noms de lieux.
5. A réno(jue où Richelieu entra au conseil, la puissance de la maison d'Autriche était devenue un danger pour l'Europe : Pliilip|tc IV. roi (l'Espagne, possédait toute la péninsule esjiagiiolc, le Portugal compris : les Baléares, la Sardaigne, la Sicile ; il tenait l'Italie comme asservie par le royaume de .Naples et le Milanais, enfin, sans compter ses jiossessions en .Amérique et dans les Indes, il venait d'acquérir la Vallelinc, et mettait ainsi ses Etats en communication avec l'autre monarchie de la branche cadette d'Autriche. De son côté. Ferdinand II j)ossé(lait les six arciiiduciiés autiichions. la Bohême et la Hongrie ; et par la comiuélo
France, sortie enfin des guerres civiles*, commençait à donner le branle^ aux adaires de l'Europe^. On avait une attention* particulière à celles d'Italie, et sans parler
récente dul'alaliiiat. il rojoifriiaitles Pays-Bas, que gouvernait alors l'arcliiducliesse Isabelle. Pour ruiner celle ]puissance menaçante, Hiclielieu arme Gustave-Adolphe contre l'Empire (1632); il favorise les révoltes du Poitugal et de la Catalogne (1640) : enlin une armée française, sous les ordres du maréchal âe Guébiiant, continue la guerre au nom de la France ; la mort seule du ministre sauve rEmj)ire et l'Espagne.
1. Des {/lierres civiles si nombreuses encore sous le régne de Louis XIll. Dés 1611, les j)rotestants, réunis en assemblée à Saumur, prennent des mesures de défense contre le gouvernement. En 1614, c'est la noblesse qui se révolte ; la cour est obligée (le promettre, par le traité de Sainle-Menehould, la convocation des Etats généraux. En 1615, Condé prend les armes; la paix de Loudun (1616) ne l'empêche pas de les reprendre cette même année. L'assassinat de Concini et la retraite de la reine mère, en 1617, et l'avènement du nouveau favori, Albert de Luynes, ne font qu'entretenir les factions diverses; en 1619, 1620, lutte entre le roi et sa mère.
Marie de Médicis lient la campagne en Anjou. En 1621 c'est contre les protestants de Saintonge, de Guyenne et de Gascogne, commandés par les ducs de Rohan et de Soubise, que Louis XIII est obligé de combattre. L'édit de Montpellier (1622) n'est qu'une trêve de trois ans ; en 1625 et 1627 la guerre contre les huguenots recommence; ce n'est qu'en 1629, un an seulement après la prise de la Rochelle, que le duc deRohan se soumet. Les protestants étaient désormais réduits. Les nobles ne l'étaient pas encore. En 1631, camitagne sur les terres du duc de Lorraine, allié de Gaston et de
Marie de Médicis. En 1632, Gaston, le duc de Lorraine et le maréchal de Montmorency soulèvent de nouveau le Languedoc. En 1641, c'est le comte de Soissons qui se révolte souteiui par l'Espagne (bataille de la Marfée). Quand Richelieu mourut, c'était à peine fini.
2. « On dit aussi figurément donner le branle, j)0ur dire commencer une a flaire, et par son exemple obliger les autres a suivre.
Il a donné un grand branle à cette affaire. » Dict. de l'Académie^ 1694. « Luther donne le branle h ces mouvements. » Bossuet, Uist.
des Variations^ I (dans Littré).
« C'est la cause secrète qui donne le branle à tous ces grands mouvements, qui cesseraient aussitôt qu'on aurait su le véritable état de vos disputes. » Pascal, Provinciales, XVllI. « Ce sont eux qui donnent le branle à la réputation dans Paris. »
Molière, Précieuses ridicules, se. X.
« Mademoiselle de Gripnan donnera nn branle à vos résolutions. » Sévigné, VI, 530 [Grands écrivains).
5. Comparez le règne de Louis XIII dans YHist. de France faite par Bossuet pour le Dauphin.
4. Avoir attention à se trouve assez souvent au xvn* siècle : « Je ne sais si on aura bien de l'attention à sa colère. » Sévigné, YIII, 388 (Grands écrivains). « Je vous rends bien l'attention que vous avez à la Bretagne. » Id., IV. 163 iibid.). « Il y a des gens qui ont une fade attention à ce qu'ils disent, et avec qui l'on souffre dans la conversation de tout le travail de leur esprit. » La Bniyère, De la société et de la conversation. « Les hommes n'y ont pas plus i\' attention qu'à une fleur qui se fane ou à une feuille qui tombe. » Id., Des esprits forts.
DE MICHEL LE TELLIER
des autres raisons, Louis XIII, de glorieuse et triomphante mémoire, devait sa protection à la duchesse de Savoie, sa sœur*, et à ses enfants. Jules Mazarin, dont le nom devait être si grand dans notre liistoire, employé par la cour de Rome en diverses négociations, s'était donné à la France^; et propre, par son génie et par ses correspondances', à ménager* les esprits^ de sa nation, il avait fait prendre un cours si heureux aux conseils^ du cardinal de Richelieu, que ce ministre se crut obligé de l'élever à la pourpre ^ Par là il sembla montrer son successeur à la France, et le cardinal Mazainn s'avançait secrètement à la première place. En ces temps, Michel Le Teliier, encore maître des requêtes^, était intendant de justice en Piémont. Mazarin, que ses négociations attiraient souvent à Turin, fut ravi d'y trouver un homme d'une si grande capacité et d'une conduite ^ si sûre dans les affaires : car les ordres de la cour obligeaient l'ambassadeur à concerter toutes choses avec l'intendant, i\ qui la divine Providence faisait faire ce léger apprentissage des affaires d'État. Il ne fallait qu'en ouvrir l'entrée à un génie si perçant, pour l'introduire bien avant dans les secrets de la politique. Mais son esprit modéré ne se perdait pas dans ces vastes pensées; et renfermé, à l'exemple de ses pères, dans les modestes emplois de la robe, il ne jetait pas seulement les yeux sur les engagements ''^ éclatants, mais