Kn l()77, après la mort d'Etienne H d'Aiigiv
«. Cf. p. OUI, u. 2.
ORAISON FT'NEBRE
était jointe à la confiance du prince, sans s'en* laisser ('•Idouir, le modeste ministre disait seulement que le roi, pour couronner plutôt la longueur que l'utilité de ses services, voulait donner un titre à son tombeau et un ornement à sa famille. Tout le reste de sa conduite ii'pondit à de si beaux commencements. Notre siècle, qui navait point vu de chancelier si autorisé-, vit en celui-ci autant de modération et de douceur que de dignité et de lorce^, pendant qu'il ne cessait de se regarder comme devant bientôt rendre compte à Dieu d'une si grande administration. Ses fréquentes maladies le mirent souvent aux prises avec la mort : exercé par tant de combats, il en sortait toujours plus fort et plus résigné à la volonté divine. La pensée de la mort ne rendit pas sa vieillesse moins tranquille ni moins agréable. Dans* la rnème vivacité on lui vit faire seulement de plus graves réflexions sur la caducité 5 de son âge, et sur le désordre extrême que causerait dans l'État une si grande autorité dans des mains trop faibles. Ce qu'il avait vu arriver à
1. En peut se rapporter également ici au mot charge et à la propu^iliuii tout entière: sans se laisser éblouir en se voyant élevé à cette grande charge. Cf. p. 111, n. 1.
2. « Autorise)^ est aussi neutre passif, et siguilie acquérir de l'autorité. Cet homme-là s'est bien aulortsé dans sa charge. » bict. det'Aca demie, 169i. CI', Bossuel : « Akibas, le plus autorisé de tous les rabbins. » [Disc, sur IHist. tiniv..
part. II, ch. XXII.) Cf. Pascal : « Si saint Augustin venait aujourd'hui, et qu'il i'ùt aussi peu autorisé que ses défenseurs, il ne ferait rien. >i (Dans Aubert, Or. fun.) La Rochefoucauld : « Dans un gouvernement plus autorisé et plus ferme. » II, 1-46. {Grands écrivains.)
3. « Vous savez que le roi a fait M. Le Tellior cliaucelicr, et que cela a plu à tout le monde. Il ne man-
que rien à ce ministre pour être digne de celte place. L'autre jour Berryer lui vint faire compliment à la tète des secrétaires du roi. M. le chancelier lui répondit : « Monsieur Berryer, je vous remercie et votre compagnie; mais, monsieur Berryer, point de finesses, point de friponneries : adieu, monsieur Berryer. » Cette réponse donne de grandes espérances de l'exacte justice. Cela fait plaisir aux gens de bien. » Sévigné, lettre duo nov.lGTT.