Dans son cœur. Cf. p. 9, n
i. Cf. Bossuet ; « Il n'y a rien de plus bi'au dans les personnes publi- (pies (pi'nne oreille toujours ouverte et une audience facile. » Sermon sur la Justice, 2° p. (cité par Jacquinet.). M. Jacquinet observe avec raison que facile ne signilie pas seulement ici « accordée facilement », mais « affable, bieuveiUa)ite ». Ce sens latin du mot facile (cf. Cicéron, Ad Qnintum, I, 1 : « Facilem se in homiuibus audiendis prxbere ». — Ovide, Ileroides. XVI, 280 : « Sic habeas faciles m tua vota deos », dans Jacquinet se trouve, chez les meilleurs auteurs du -vvn' siècle, avec des noms de jjersonnes ou de choses : « Le cardinal écouta la proposition et y parut très facile. » La Rochefoucauld iGrands écrivains), II, 585.
« De grâce, mon souci, laissons celte causeuse : [j Qu'elle soit à son choix facile ou rigoureuse. » Corneille, Mélite, V. 1758. « Sa facile bonté sur son front répandue. »
Racine, Britannicus, v. lo91. « Jamais le ciel ne fut aux humains si facile. » La fontaine, l'hilémon et Baucis.
DE MICHEL LE TELLIER. 443
réponses qui apaisent la colère* », et « ces paroles qu'on prélère aux dons » : Verbum melius qiiam daliim-. 11 connaissait les deux visages de la justice : l'un facile dans le premier abord, l'autre sévère et impitoyable quand il faut conclure. Là, elle veut plaire aux hommes, et également contenter les deux partis; ici, elle ne craint ni d'offenser le puissant, ni d'affliger le pauvre et le faible. Ce charitable magistrat était ravi d'avoir à commencer par la douceur; et dans toute l'administration de la justice, il nous paraissait un homme que sa nature avait fait bienfaisant, et que la raison rendait inflexible. C'est par oii^ il avait gagné les cœurs. Tout le royaume faisait des vœux pour la prolongation de ses jours , on se reposait sur sa prévoyance; ses longues expériences* étaient pour l'Élat un trésor inépuisable de sages conseils, et sa justice, sa prudence, la facilité qu'il ai)poitait aux alTaires, lui méritaient la vénération et l'amour de tous les peuples. 0 Seigneur, vous avez fait, comme dit le Sage, « l'œil qui regarde et l'oreille qui écoute 5! » Vous donc qui donnez aux juges ces regards bénins 6, ces oreilles attentives, et ce cœur toujours ouvert à la vérité, écoutez-nous pour celui qui écoutait tout le monde. Et vous, doctes interprètes des lois, lidèles dépositaires de leurs secrets, et implacables vengeurs de leur sainteté méprisée, suivez ce grand exemple de nos jours. Tout l'univers a les yeux sur vous : affranchis des intérêts et des passions, sans yeux comme sans mains, vous marchez sur la terre semblables aux esprits célestes; ou plutôt, images de Dieu,
\. Rcspnnsio mollis fraiigitirnni. ' bi'iiifjniis. hionvoiII;iiils. « J'ai de 'Pi(ji'.. \\. A). vdMix parjures tralii les dieux bé-
2. AVr/<'N., XVIII. iC). )iins. » HéuiiicM-, Eli-gii'^. IV. « Un
3. l'dV où. Cf. [). 301. u. 2. asirt; plus hcnin vient déclairer les i. Cr. p. ôôO, n. 2. et 5i3, n. 5. jours. » Corneille, Théodore, V. 3. 5. Aiircm audientem, et ocu- La Fontaine dit de même « astres
linn videulem^ Dotninns fecit bénins », IX. 139. « Mais si d'un œil utnniKjue (l'rov., XX, I2|. bénin vous voyez mes lionuiuij^es. »
G. Au sens ctymolojjique du lutin i Molière, Tartuffe, IV, o.
vous en* imitez rindépeudance ; comme lui, vous n'avez besoin ni des honmies ni de leurs présents ; comme lui, vous faites justice à la veuve et au pupille ; l'étranger n'implore pas en vain votre secours, et, assurés que vous exercez la puissance du Juge de l'univers, vous n'épargnez personne dans vos jugements*. Puisse-t-il avec ses lumières et avec son esprit de force vous donner cette patience, celle attention, et cette docilité toujours accessible à la raison, que Salomon lui demandait pour juger son peuple^.
Mais ce que cette cliaire, ce que ces autels, ce que l'Évangile cpie j'annonce, et l'exemple du grand ministre dont je célèbre les vertus, m'oblige* à recommander plus que toutes choses, c'est ^ les droits sacrés de l'Eglise. L'Église ramasse « ensemble tous les titres par où" l'on peut espérer le secours de la justice. La justice doit une assistance particulière aux faibles, aux orphe- 1ms, aux épouses délaissées, et aux étrangers. Qu'elle est forte cette Église, et que redoutable est le glaive que le Fils de Dieu lui a mis dans la main! Mais c'est un glaive spirituel, dont les superbes et les incrédules ne ressentent pas le « double tranchant^ ». Elle est tille du Tout-Puissant, mais son père, qui la soutient au dedans, Fabandonne souvent aux persécuteurs; et, à l'exemple de Jésus-Christ, elle est obligée de crier dans son agonie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous délaissée^? » Son époux est le plus puissant comnie le