PRONONCÉE A PARIS DANS LA CHAPELLE DE CE COLLEGE LE 27 JUIN
NOTICE
Nicolas Cornet, fui aussi célèbre au xvii» siècle qu'il est inconnu aujourd'hui. ]Né à Amiens en lal)^, docteur de la Faculté de Paris, maison et société de Navarre, il fut en relations intimes avec les cardinaux Richelieu et Mazarin, mais il ne profita qu'assez peu de leur contiance, et il ne serait probablement pas sorti de son obscurité si, en 1649, au moment où les esprits étaient fort échauffés sur les questions de la Grâce, il ne se fût trouvé syndic de la Faculté de théolofjie. « 11 s'aperçut que quelques bacheliers », chauds partisans des idées de Jausénius et de Saint-Cyran, « faisaient imprimer dans leurs thèses des propositions qu'il en avait rayées, 11 s'en plai^rnit à la Faculté, à laquelle il dénonça en même temps, connue hétérodoxes, « sept propositions dont les cinq premières sont celles qui ont été condamnées depuis connue extraites du livre de Jansénius », quoique les Jansénistes aient toujours soutenu qu'elles ne s'y trouvaient pas, La dénonciation de Nicolas Cornet a donc été, sinon la cause, au moins l'occasion de cette interminable guerre dont les conséquences furent si graves. — L'oraison funèbre que publia en 1008 un neveu do Cornet n'est pas, très probablement, dans la forme, celle même (pie Rossuet prononça, l^après l'abbé Le Dieu, écrivant en ITOi, Bossuct, quand on la lui mit sous les yeux, ne s'y reconnut pas du tant. Mais si le texte mo saurait faire auto-
rite dans tous ses détails, on y retrouve pourtant, dit avec raison M. Gazier*, « conune un écho de la parole du puissant orateur», et les critiques même qui doutent le plus de l'authenticité de ce discours^ reconnaissent pourtant qu'il « reproduit assez fidèlement la doctrine de Bossuet et qu'il appartient hien à Bossuet pour l'ensemhle^ ». — A notre avis, même au point de vue de la langue et du style, il n'est pas plus indigne de lui que plusieurs discours de cette époque, et, si l'on tient à n'en considérer que les idées, il nous fait voir un progrès réel dans la façon à la fois particulière et générale dont Bossuet s'applique à traiter l'éloge des personnages qu'il estap])elé à célébrer.
Nous donnons le texte revu par M. l'abbé Lebarq.