Sozomène, Hist., II, xxxii
4. On sait que la suite des événements donna bientôt un cruel démenti à ces affirmations téméraires.
Bossuet lui-même ne tarda pas à se convaincre que la plupart desréurtis étaient de faux réunis.
5. Parole inexcusable. D'abord parce qu'il ne manqua pas d'illustres dévouements pour honorer la cause du protestantisme. En 1683, IsaacIIomel, ministre de Scyon en Vivarais, fut roué vif à Tournon et supporta cet affreux supplice avec une constance ^>éroïque ; il avait
soixante et douze ans. En 1686, Guion, ministre des Cévennes, condamné aux mêmes tortures, montra un égal courage, dans les i)risons de Montpellier, ^'ous pourrions citer encore l'avocat Chamier, roué vif à vingt-huit ans :Coutaut, syndic du consistoire, pendu, et Margueiron de Sainte-Foi traîné au gibet, sans compter ceux qui furent ruinés par des confiscations ou conduits aux galères. Quant à l'ordre donné aux pasteurs d'abandonner leurs troupeaux, il ne s'était pas fait attendre, et les parlements, amsi que les intendants royaux, avaient devancé les instructions de ia cour. Puisqu'on ne pouvait rester sans abjurer, il fallait bien que les pasteurs jiartissent, et la plupart d'entre eux savaient qu'à l'étranger ils pouvaient être plus utiles soit à leurs troupeaux fugitifs, soitmèmeà leurs eoreligionnaircs restés en France, qu'ils trouvaient moyen de consoler et de soutenir par des corres pondances clandestines.
DE MICHEL LE TELLIER
attendre l'ordre, et heureux d'avoir à leur alléguer leur bannissement pour excuse; tout calme* dans un si grand mouvement ; l'univers étonné de voir dans un événement si nouveau la marque la plus assurée, comme le plus bel usage de l'autorité, et le mérite du prince plus reconnu et plus révéré que son autorité même. Touchés de tant de merveilles, épanchons nos cœurs sur- la piété de Louis. Poussons jusqu'au ciel nos acclamations, et disons à ce nouveau Constantin, à ce nouveau Théodose, à ce nouveau Marcien^, à ce nouveau Charlemagne, ce que les six cent trente Pères dirent autrefois dans le concile de Chalcédoine* : « Vous avez afTermi la foi; vous avez exterminé les hérétiques : c'est le digne ouvrage de votre règne; c'en est le propre ^ caractère. Par vous l'hérésie n'est plus : Dieu seul a pu faire cette merveille, Roi du ciel, conservez le roi de la terre; c'est le vœu des églises; c'est le vœu des évêques''. »
1. Au sens ni'iral : agitation. — Ce calme, produit, d'un côté, par la terreur que rt''i)aiidaioHl les dragons de Louvois, d'un autre par l'espoir que conservaient encore les Rél'ormés d'un revircmont des idées du
f)ouvoir, dura peu. Voir dans les lisloires de France les séditions qui curent lieu en divers endroits. Cf., sur la Révocation, le Bulletin histori(iiiedu Prolcst. français, 1885.
2. S»?' s'employait au xvii" siècle où nous disons plus lourdement relativement à, an sujet de, toucliant. « Je ne vous puis dire présentement autre chose sur la ju>lice (pie j'api)rends tous les jours qu'on me rend à Bordeaux. » La Roclicroucauld, lU, 115 {(iraurls écrirains).
« Il fait encore des lolies.s///' nos réparations. » Sévigné. « Pliilante a du mérite, de l'esprit, de l'af^rénw^nt, de l'exactitude sur son devoir. » La Urmèvc, Des (iraufls.
5. Cet empereur d'Occident fil applicpier avec rigueur l(>s décisions du Concile de Chalcédoine ( ibl). —
Sur le rôle de Constantin, Théodose et Charlemagne, voyez Rohrbacher, Hist. de VEgli.se.