‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 508 sur 615 · Voyez la même idée jilu'^ li.iut · texte numérisé non relu

Voyez la même idée jilu'^ li.iut

DE MICHEL LE TELLIER

quand on aurait multiplié les années au delà de tous les nombres connus, visiblement ce ne sera rien, quand nous serons arrivés au terme fataM. Mais peut-être que, prêt à mourir, on comptera pour quelque chose cette vie de réputalioji, ou cette imagination de revivre dans sa famille qu'on croira laisser solidement établie. Qui ne voit, mes frères, combien vaines, mais combien courtes et combien fragiles sont encore ces secondes vies, que notre faiblesse nous fait inventer pour couvrir en quelque sorte l'horreur de la mort? Dormez votre sommeil 2, riches de la terre, et demeurez dans votre poussière! Ah! si quelques générations, que dis-je, si quelques années après votre mort, vous reveniez, hommes oubliés, au milieu du monde, vous vous hâteriez de rentrer dans vos tombeaux, pour ne voir pas votre nom terni, votre mémoire abolie ^ et votre prévoyance trompée dans vos amis, dans vos créatui'es, et plus encore dans vos héritiers et dans vos enfants*. Est-ce là le fruit du travail dont^ vous vous êtes consumés sous le soleil, vous amassant un trésor de haine et de colère éternelle au^ juste jugement de Dieu? Sur-

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